Êðèãåð Áîðèñ Þðüåâè÷
L'universe Incertain

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    Bernard Kriger

    L'univers incertain

    Une quÉte pour l'ultime limite de la connaissance humaine

      
      
      
      

       Cover Design: Steve Spencer (painting and design)
       Image: Clocks and the eye - licensed to Kriger by ACCLAIM IMAGES
       License: Royalty Free Digital File
       Image Number: 0037-0603-1517-3337
      
       Editor: Joseph Ouaknine
      
       Nous ne savons pas si une loi fondamentale de la cosmologie existe en rÈalitÈ, mais nous pouvons revendiquer avec certitude que, selon la formulation de McCrea, il existe "un principe d'incertitude dans la cosmologie". Ainsi, le cosmos encadre deux principes d'incertitude : un Þ petite Èchelle de mÈcanique quantique et un autre sur Þ grande Èchelle de la cosmologie. La recherche scientifique peut nous dire beaucoup sur l'univers, mais il nous dit peu sur sa nature et ses caractÈristiques gÈomÈtriques et physiques fondamentales. Il est possible qu'un peu de cette incertitude puisse Étre rÈsolu, mais la majoritÈ restera non rÈsolue. La science de la cosmologie devrait reconnaÍtre cette incertitude, qui est une partie fondamentale de l'Ètude de notre univers.
      
       No Bernard (Boris) Kriger, 2008
      

    Contact: bruce@kriger.ca

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       ISBN:
      
      
       Printed in the United States of America by Llumina Press
      
       PCN
      
      

    Sommaire

      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
       Chapitre 10 - Les Problèmes avec la Philosophie Céleste
      

    Chapitre 1 -
    Que représente pour nous la sagesse céleste ?

       Afin de ne pas s'Ègarer les uns les autres, nous allons tenter une clarification : en parlant de la sagesse cÈleste, je ne pense pas Þ l'aspect religieux de notre existence.
       Ce livre est le tÈmoin de mes investigations dans le domaine du savoir contemporain sur l'univers - celui qui est concernÈ par la science de la cosmologie. Les discutions seront ÈmaillÈes d'astrophysique, de cosmologie naissante et d'un brin de philosophie sans lequel la cosmologie n'aurait pas de signification particuliÕre - du moins pour nous, les gens simples.
       Pourquoi la science de la cosmologie devrait nous concerner ? Que signifie vraiment la question de principe posÈe sur la base de cette science ? A premiÕre vue, pas grand-chose. Mais la mÉme chose pourrait Étre dite sur les autres sciences. Nous utilisons des tÈlÈphones mobiles et des ordinateurs sans vraiment (pour ne pas dire : du tout) prendre en compte comment les microcircuits fonctionnent, et bien nombreux sont ceux qui ne savent mÉme pas ce qu'il y a Þ l'intÈrieur des objets Èlectroniques. Nous utilisons l'univers comme une voiture, sans se questionner sur le fonctionnement du moteur. L'univers nous transporte virtuellement depuis la naissance jusqu'Þ la mort sans s'arrÉter, et donc, comme il ne semble pas devoir manquer un battement, nous ne devrions pas avoir besoin d'essayer de comprendre le cœur de son organisation. La sagesse intuitive ne nous incite-t-elle pas Þ garder nos mains hors de ce qui n'est pas cassÈ ?
       Nous sommes des 'consommateurs' de l'univers comme nous consommons les services des compagnies aÈriennes. Sommes-nous vraiment concernÈs par la construction de l'avion et son fonctionnement, et comment il a rÈussi Þ nous conduire Þ bon port sans tomber du ciel en plein milieu du vol ?
       Dans le cas de l'univers utilisÈ, tout est vraiment trÕs simple. Nous ne connaissons pas la date et l'heure d'arrivÈe de notre destination, et mÉme si nous ne serons pas ÈjectÈs de sa rÈalitÈ dans un autre monde ou dans le nÈant (faites votre choix, c'est une question de goØt) avant la date prÈvisionnelle Ètablie par 'Dieu' sait qui...
       Concernant ce calendrier qui nous est inconnu, nous acceptons notre mort comme un fait. Peut-Étre n'acceptons-nous pas notre mortalitÈ et essayons d'oublier que l'essence-mÉme de l'univers est immuable. Ou encore, mÉme si nous essayons de comprendre la construction " l'univers-transporteur " cela ne nous empÉche pas de rester mortels.
       Ainsi donc va la vie, aprÕs cet exposÈ, la manifestation de notre intÈrÉt pour la cosmologie n'est pas quelque chose de plus justifiÈ en soi que celui du fonctionnement d'un aspirateur.
       Voici bien sØr un facteur supplÈmentaire qui pourrait nous amener Þ prendre un intÈrÉt pour un tel sujet abstrait, et ce facteur n'est rien d'autre que la simple curiositÈ humaine. Comme des chatons, nous collons le nez la oÛ cela ne nous regarde pas.
       Malheureusement, la curiositÈ a ses limites, et elle se heurte Þ la terminologie de l'Ètrange et contre des masses inimaginables, des distances et des tempÈratures incommensurables, des sciences que nous regardons d'un œil circonspect. Alors nous confondons la conception des mÈtÈorites avec les galaxies, et nous concentrons notre curiositÈ sur des choses plus simples et plus concrÕtes.
       De temps en temps des nouvelles apocalyptiques d'un astÈroÎde parachevant l'existence humaine saisissent le monde et pour un moment le public est surchauffÈ par les sciences cÈlestes, quoique, comme toujours, le peuple confond l'astronomie avec l'astrologie et la cosmologie avec la cosmÈtologie.
       Dans le passÈ, la cosmologie Ètait insÈparable de la religion, elle intÈressait donc la sociÈtÈ Þ un bien plus large niveau. Les gens discutaient de questions mÈtaphasique, comme : " Dieu existe-t-il ? " ou " A qui Dieu est-il supÈrieur ? ". La vie du peuple Ètait directement affectÈe par ces questions sans rÈponses : les hÈrÈtiques Ètaient brØlÈs sur le bØcher et ces questions ne concernaient pas que les hommes de science.
       Quelque part, au carrefour des Áges, la liaison directe entre la cosmologie et la religion, a semble-t-il ÈtÈ perdue. Bien que les gens continuent de s'entretuer avec le goØt des grands nombres pour des questions religieuses, il est dur d'imaginer que quelqu'un serait aujourd'hui exÈcutÈ Þ cause de son adhÈsion Þ une thÈorie cosmologique particuliÕre.
       Mais qu'entendons-nous ? En octobre 2005, le "New-York Times" annonce qu'un reprÈsentant de George Bush Þ la NASA, un certain George Deutsh, a demandÈ Þ une agence de conception informatique de toujours ajouter le mot "thÈorie" aux occurrences du Big Bang sur le site Web de la NASA.
       L'administration de la personne la plus puissante de la Terre, George Bush Jr., n'est pas du tout indiffÈrente Þ si l'on considÕre que le Big Bang puisse Étre la thÈorie premiÕre, ou si c'est tout juste l'une des nombreuses thÈories possibles. (þ propos, il faut noter qu'Þ cet Ègard Bush est trÕs correct : l'utilisation du mot "thÈorie" Þ chaque mention du Big Bang est une approche scrupuleuse du point de vue scientifique.) Cependant, le souci principal de Bush n'est probablement pas la justesse scientifique, mais de se plier aux exigences religieuses. Une situation analogue est observÈe dans la discussion nouvellement ressuscitÈe sur l'enseignement, seulement la thÈorie de l'Èvolution de Darwin dans les Ècoles, ne mentionne pas la thÈorie de la Conception Intelligente.
       Il est possible que vous ne soyez pas d'accord que le PrÈsident des " ètats-Assouvis " - et en janvier 2008 c'est toujours Bush - ne soit pas aujourd'hui la personne la plus puissante du monde. Mais d'autres pourraient dire que sa puissance est Èquivalente Þ celle de Dieu, puisqu'il peut punir ou avoir pitiÈ de toute l'humanitÈ. Si certains Èvaluent sa puissance par sa capacitÈ Þ dÈtruire le monde, Bush est tout de mÉme l'un des peu nombreux chefs au monde qui possÕdent une valise contenant un centre de control sur un arsenal nuclÈaire Ènorme. Dans les dÈcennies qui ont suivi la guerre froide, nous avons oubliÈ l'existence de ces valises nuclÈaires, en dÈpit du fait qu'elles n'ont jamais cessÈ d'exister. þ ce propos, c'est un fait connu qu'en son temps le PrÈsident Nixon a dÈlivrÈ l'ordre de commencer une guerre nuclÈaire. (Il a cependant ÈtÈ ignorÈ, par ses subalternes.) PrÈtendument, il existait mÉme un mÈmorandum interne et secret pour ignorer de tels ordres de Nixon, qui aimait jouer le rÒle d'un fou - ou en rÈalitÈ l'Ètait-il vraiment ! Toujours est-il, la capacitÈ de dÈclencher une guerre nuclÈaire est grisante et augmente la puissance d'un homme. Les ennemis fondamentaux de Bush, qu'il appelle " Axe du Mal ", ne possÕdent heureusement pas encore assez de puissance pour pouvoir dÈtruire l'humanitÈ toute entiÕre.
       Vous pouvez dire qu'il n'y a rien de mauvais dans la religion, que la crainte de Dieu est bÈnÈfique pour le comportement humain et la morale, et je serai d'accord avec vous jusqu'Þ un certain point. Mais d'un autre cÒtÈ, la plupart des pays civilisÈs ont dÈjÞ dÈclarÈ la sÈparation des cultes et de l'Ètat. C'est devenu une Èvidence Þ nos jours.
       Maintenant que nous avons ÈclairÈ les contradictions possibles, nous retournons Þ la cosmologie. Donc, Þ proprement parler, la cosmologie est sÈparÈe de la religion seulement du point de vue des scientifiques. Les hommes d'ètat et les figures religieuses ont d'abord considÈrÈ les concepts de la cosmologie comme relevant de leurs propres objectifs. Sinon, comment pourrions-nous expliquer l'intÈrÉt de l'Èglise catholique dans la conduction des recherches indÈpendantes sur la cosmologie et l'astrophysique ? AprÕs tout, l'Èglise catholique, autant que je sache, n'a jamais ÈlaborÈ des hypothÕses sur les semi-conducteurs, l'informatique ou autres techniques modernes !
       Dans la mesure oÛ la cosmologie joue un rÒle dans la politique et la religion, cela ne peut pas Étre simplement sans effet sur la vie de chacun d'entre nous. Le rapport est grandement subtile ; tant qu'elle sera masquÈe par de multiples couches dÈmagogiques, la question de la conception de la crÈation est et restera toujours un ÈlÈment fondamental des spÈculations politiques et religieuses.
       Si vous n'Étes pas d'accord avec mes affirmations, permettez-moi de clarifier. Le conflit actuel entre l'occident et les civilisations islamiques est fondÈ, d'un cÒtÈ, sur les dogmes islamiques, et de l'autre, aussi Ètrange que cela puisse paraÍtre, sur les dogmes chrÈtiens, spÈcialement protestants, et prÈconisÈs par l'administration amÈricaine. Bush voie sa position rehaussÈe par une morale fortement pieuse. Il invoque son Dieu protestant en permanence comme le tÈmoin de ses hautes intentions et il divise le monde pour mieux rÈgner. De plus, les adversaires de la philosophie de Bush sont associÈs au mal mondial. þ ce titre, la position des terroristes islamiques diffÕre Þ peine de la position de Bush. Ils basent aussi leurs motivations sur des articles de foi, invoquant le Dieu islamique comme tÈmoin de leurs hautes intentions en divisant le monde Þ leur tour. Par ailleurs, les adversaires de la philosophie terroriste sont Ègalement associÈs Þ l'axe du mal.
       Ainsi Þ diffÈrents degrÈs, les deux opposants affutent leurs arguments pour convaincre leur entourage qu'ils dÈtiennent la vÈritÈ par leur Dieu et leur foi. Par ailleurs, en marge des questions cosmologiques, chacun cherche-t-il vraiment Þ justifier le commencement divin de la crÈation ? þ mon grand Ètonnement, une fois sur Internet je suis tombÈ par hasard sur une vidÈo de propagande qui a commencÈ par une explication de la thÈorie cosmologique contemporaine, puis qui a continuÈ en appelant Þ une conversion Þ l'Islam.
       Alors la cosmologie, avec la bataille sur les thÈories Darwiniques de l'Èvolution (qui, par ailleurs, est juste un ÈlÈment de l'image cosmologique complÕte et donc, d'une importance secondaire) n'a pas perdu de son ancien potentiel. Elle est toujours capable de soulever des Nations et dÈclencher des conflits armÈs. De nouveau, vous ne trouverez peut-Étre pas de corrÈlation directe entre la politique et la religion ou toute sorte de dÈcouvertes cosmologiques. Pire encore, quoi que la cosmologique puisse Étre, le rÈsultat est simplifiÈ et dÈformÈ au point d'en Étre transfigurÈ pour servir l'un ou l'autre des concepts politico-religieux.
       Dans ce cas, la cosmologie n'est de fait pas sÈparÈe de la religion et la politique, il y a donc une question urgente Þ traiter pour faire face Þ la sociÈtÈ contemporaine. þ qui la faute ? Les astrophysiciens et les cosmologistes eux-mÉmes permettent-ils des profits politiques excessifs avec leur comportement, cadeaux de gÈnÈralisation et de demi-vÈritÈs sur les phÈnomÕnes astrophysiques complexes comme "le Big Bang" "les trous noirs", "la matiÕre sombre" et "l'Ènergie sombre" ? Ou la faute se situe-t-elle au niveau des philosophes qui interprÕtent les dÈcouvertes cosmologiques ? Nous mesurons d'habitude le dÈveloppement d'une civilisation par son approche aux modÕles cosmologiques.
       Dans un environnement hautement politisÈ, la science ne peut pas se dÈvelopper en toute indÈpendance. Si les reprÈsentants prÈsidentiels dictent aux scientifiques comment nommer et caractÈriser les thÈories scientifiques, et si le prÈsident lui-mÉme, d'une ratification, peut prendre la part du lion du budget de la recherche fondamentale en cosmologie pour maintenir sur orbite le tÈlescope Hubble (maintenant la civilisation a un œil tournÈ vers les Ètoiles et les points les plus ÈloignÈs de l'univers) et rediriger un financement hautement politisÈ, utopique et de mauvaise conception de futurs vols habitÈs vers la Lune et Mars, alors la science ne peut pas se dÈvelopper en toute indÈpendance. Nous sommes donc condamnÈs Þ rester une sociÈtÈ qui conÃoit des idÈes cosmologiques au niveau des tortues, des baleines ou des cordes..
       þ la suite de ces rÈflexions, j'ai dÈcidÈ de parcourir le monde Þ la recherche de gens qui Ètudient directement l'astrophysique, la cosmologie et la philosophie, afin de comprendre ce qui se passe dans ce domaine secret de la connaissance humaine, qui a si souvent ÈtÈ la cause de sang versÈ dans le monde.
       Ne craignez pas qu'un astÈroÎde arrivÈ du fin fond de l'espace vienne s'Ècraser sur nous ; craignez plutÒt l'idÈe que nos politiques et nos chefs religieux puissent boire leur plein de concepts scientifiques mal compris.
       Que pensez-vous de la sÈquence suivante : Darwin - Nietzsche - Hitler ? Darwin fait innocemment observer que l'Èvolution des espÕces se fait par la sÈlection naturelle qui est la force motrice de l'Èvolution. Nietzsche applique la thÈorie de Darwin Þ la sociÈtÈ humaine, nommant une personne comme un simple pont entre un singe et un surhomme. Et puis Hitler apparaÍt dans le monde, une personne qui essaie seulement d'aider la sÈlection naturelle et de dÈtruire toutes les races infÈrieures dans le but de hÁter le triomphe du surhomme.
       L'application facile de profonds principes scientifiques Þ la sociÈtÈ humaine se traduit gÈnÈralement par des catastrophes colossales. Il me semble logique d'examiner globalement les croyances cosmologiques actuelles afin de dÈterminer Þ quel moment une vÈritable dÈmarche scientifique a ÈtÈ remplacÈe par une approche aventuriste politico-religieuse - une approche qui entraÍne le monde Þ sa perte.
       Et ainsi, devant vous, c'est l'histoire de mon errance autour de la planÕte Terre Þ la recherche de connaissances cÈlestes, ou comment et pourquoi cette connaissance cÈleste se transforme en illusion, parfois tout aussi dÈsespÈrÈe qu'une chute libre dans un trou noir !
      
      

    Chapitre 2 -
    Les trous noirs de Harvard

       Ma perception sur Harvard est ÈlaborÈe de la combinaison de plusieurs choses : un symbole de papier, un certificat imprimÈ, un sceau, un sceptre, un monument de prestige pour l'homme. Harvard a ÈtÈ pour moi l'un des artefacts produits par des siÕcles de la civilisation humaine, comme les pyramides de Gizeh, le phare d'Alexandrie et autres merveilles du monde.
       Imaginez mon Ètonnement lorsque ma perception a pris forme et a grandi Þ la taille des bÁtiments rÈels avec des murs de briques construit dans le style esthÈtique " lÈgÕrement casernes " et qui Ètaient debout devant moi. Et ces gens, oui, des gens intelligents, les Homo Harvardiens... J'ai vu une multitude de jeunes, brillants, visages songeurs. Difficile de trouver cela dans de nombreux lieu de nos jours. Imaginez, les jeunes dont le pantalon n'est pas affalÈ au raz des fesses ! Quelle raretÈ dans le monde moderne ! Quel sabbat pour une Áme troublÈe par les pressentiments de la dÈgradation de la civilisation humaine.
       AprÕs un court vol de Toronto Þ Boston, nous sommes allÈs vers la chambre que j'avais rÈservÈe, qui s'est rÈvÈlÈe plantÈe dans une maison ordinaire et ennuyeuse, dÈpourvue de tout signe. Il y avait de nombreuses Èlucubrations, comme l'absurditÈ de marcher sur des notes expliquant en dÈtail comment faire pour entrer dans la maison et oÛ laisser la clÈ lorsque vous la quittez. Le summum de la cupiditÈ des propriÈtaires Ètait tÈmoignÈ dans leur prÈsence permanente et presque palpable, nous Ètions tenus Þ œil. Les gens se comportent de cette faÃon Þ Paris, oÛ les humains affluent et refluent constamment, et la probabilitÈ de rencontrer deux fois le mÉme touristique est aussi minime que de chercher une aiguille dans une motte de foin.
       Cela vous chagrine-t-il si je m'exprime de maniÕre aussi incomprÈhensible ? Cela doit provenir d'une influence bÈnÈfique de ma visite de Harvard. LÞ tout est ÈsotÈrique et cela me fait penser Þ une Ènigme gÁtÈe par les mains maladroites du temps. De toute faÃon, venant Þ travers la troisiÕme note dans cette chambre galeuse, qui Ètait apparemment peuplÈe de punaises et - quelle horreur ! - de rats, gardant mon calme j'ai dÈcidÈ d'avoir une sociÈtÈ et une franche conversation avec la propriÈtaire. Bien sØr, elle dÈnia se montrer et prÈfÈra parler au tÈlÈphone. Lors de notre conversation, je lui ai fait part de mes voyages enrichissant d'expÈrience - comme Cuba, IsraÊl, Russie, et mÉme des trous dont je ne prÈfÈrais pas mentionner le nom en dÈcente compagnie - Þ cette femme d'un ancien professeur, cette marchande de sommeil, qui avait dÈcidÈ de complÈter sa retraite en louant des chambres peu avenantes pour 180 dollars la nuit (qui Ètait le taux en vigueur). Je lui ai dit que j'Ètais trÕs dÈÃu par ce logement trÕs dÈgradÈ, oÛ le lit de mon fil n'Ètait constituÈ que de quelques couvertures dÈposÈes Þ mÉme le sol. Je me suis retrouvÈ livrÈ Þ moi-mÉme, mais heureusement j'ai pu trouver un accueil plus chaleureux oÛ les voyageurs las pouvaient enfin trouver un repos bien mÈritÈ. Nous nous sommes installÈs Þ l'hÒtel "Irwin House" dans la mÉme fin de rue que Cambridge, qui est pratiquement contiguÊ au complexe de la vÈnÈrable institution qui porte le nom de Harvard. Ces bÁtiments forment le cœur du cÈlÕbre symbole de la connaissance et du prestige Occidental. Nous avons dÈpensÈ 200 dollars par nuit, et pour 20 dollars de plus, nous Ètions dispensÈs de partager le lit avec des punaises et des rats, ce qui n'Ètait pas pour nous dÈplaire. Juste avant notre arrivÈ Þ Boston, nous avons passÈ un moment au Safari de Toronto, il faut dire que nous avons vu assez d'animaux nettement plus intÈressants et notre aventure avec ces petites bestioles n'Ètait plus qu'un mauvais souvenir.
       Le matin, je suis allÈ Þ ma confÈrence qui se dÈroulait Þ la librairie Gutman. Mon voyage m'a fait passer devant la statue de John Harvard, le fondateur de cette respectable universitÈ, qui pendant le 17Õme siÕcle laissa la moitiÈ de sa propriÈtÈ au nouveau collÕge, constituÈ alors de seulement neuf membres, tous candidats au sacerdoce. En passant l'entrÈe principale, j'ai suivi Church Street, puis, tournant Þ droite, j'ai atteint le but de ma marche en moins d'un mile.
       Ce n'Ètait pas trÕs loin en effet, surtout si l'on considÕre l'Èloignement du sujet de la confÈrence : les trous noirs rÈsidant aux centres des galaxies.
       Une galaxie est une agglomÈration Ènorme d'Ètoiles et dans lesquelles des soleils innombrables tournent autour d'un centre galactique. L'objet le plus noble de toute la crÈation se trouvant en ce centre : un trou noir gigantesque, aussi massif que plusieurs milliards de nos soleils. Notre systÕme solaire est localisÈ Þ environ trente mille annÈe lumiÕre du centre de notre galaxie, la voie lactÈe. Donc, marcher un mile pour apprendre sur ce remarquable phÈnomÕne Ètait beaucoup plus simple Þ faire qu'un voyage Þ la vitesse de la lumiÕre en direction de l'Archer, dont le nom latin est tout simplement : Sagittarius (Le sagittaire). Et c'est lÞ, dans les nuages de poussiÕre galactique, de gaz et de multitudes d'Ètoiles l'objet Ènigmatique se cache. étes-vous intriguÈ ? Peut-Étre juste un peu ? Bien sØr je comprends que de tels problÕmes galactiques ne retentissent pas fortement dans nos vies quotidiennes et sont par consÈquent faciles Þ ignorer. Mais comment ne pas remarquer l'existence de tels miracles ? Ils existent vraiment quelque part et leur existence est inÈvitable. èvidemment, mÉme nous avec notre potage dans la cuisine sommes au centre de la galaxie, tournant Þ la vitesse de deux ou trois cent kilomÕtres par seconde ! Comment pourrions-nous l'ignorer ?
       Alors apprÈciant tellement la magnitude de tells objets, et, dans un sens littÈral, sentant la force de leur gravitation sur moi, j'ai marchÈ le long des alignements de briques du pave harvardien. J'Ètais heureux, sentant que j'Ètais Þ la bonne place.
       En me retrouvant dans une salle parmi une bonne cinquantaine des astrophysiciens leaders mondiaux, j'Ètais trÕs satisfait de mon sort qui me permettait vraiment de satisfaire ma curiositÈ humaine en toute simplicitÈ. J'Ètais lÞ, simple aspirant parmi une myriade de numÈros, se modulant dans l'intelligence et le sÈrieux des prÈsentateurs. J'Ètais enchantÈ parce que ma prÈsence Ètait rehaussÈe par ses Ènigmatiques objets - cette prÈsentation massive de trous noirs au cœur des galaxies - qui ne pouvaient Étres dÈcouverts qu'avec l'aide de la technologie moderne.
       Bref, j'ai ÈprouvÈ un plaisir exquis, Þ peine dissout par ma prÈsence matÈrielle, toute mon attention concentrÈe sur les prÈsentations. J'Ètais sur un nuage de gaz ; j'Ètais lÞ avec les Ètoiles tournant autour du centre de la galaxie. J'Ètais heureux. Je n'ai parlÈ avec personne, parce que les infimes dÈtails techniques discutÈs par les participants me semblaient inintÈressants. Tout que j'ai trouvÈ authentiquement intÈressant m'est apparu sur l'Ècran Ènorme accrochÈ dans la salle.
       Au dÈbut de la confÈrence je me suis rendu compte que la plupart des astrophysiciens ne faisaient pas d'observations astronomiques directes. Ils travaillaient plutÒt sur des donnÈes rassemblÈes par d'autres scientifiques qui avaient accÕs aux meilleurs tÈlescopes ou sur des observations relevÈes par eux-mÉmes avec la modÈlisation, le plus souvent en utilisant des programmes informatiques.
       Le jour oÛ n'importe quel astronome pourra placer un tÈlescope fait Þ la maison dans la fenÉtre et faire une dÈcouverte significative n'est pas encore arrivÈ. Bien que parfois les miracles arrivent, de nos jours, l'observation cÈleste exige la meilleure technologie - qui est accessible seulement Þ quelques-uns. Le reste canalise leurs ambitions dans la modÈlisation.
       Pendant la soirÈe de cette premiÕre journÈe, je me suis arÉte dans une librairie qui occupait trios niveaux. J'Ètais stupÈfait par la qualitÈ des ouvrages. Chaque livre faisait partie de ceux que j'aurais achetÈs s'il avait ÈtÈ prÈsentÈ dans la librairie de quartier de ma ville oÛ j'avais, pour ainsi dire, daignÈ rÈsider lors des huit derniÕres annÈes. Mais Þ Harvard, lÞ oÛ j'aurais voulu acheter le magasin entier, je ne pouvais me permettre de n'en acheter que quelques-uns. Dans ce magasin, il y avait une prÈsentation du livre de l'ancien recteur de Harvard Gary Lewis qui avait dirigÈ Harvard de 1995 Þ 2003. Je me suis arrÉtÈ pour Ècouter cette bouillante critique sur l'Èducation universitaire contemporaine, qui Ètait suivie par une pleine assemblÈe de tÈmoins de scandaleux propos (suivant les standards de Harvard). Tout cela m'a fortement intÈressÈ, ce scandale dans cette sainte famille ! þ la caisse, j'ai laissÈ 26 dollars pour avoir un exemplaire dÈdicacÈ.
       þ Harvard, vous pouvez difficilement faire deux pas sans vous heurter Þ un autre illuminÈ voulant vous dÈdicacer une copie de son scandaleux et exceptionnel livre Þ un prix trÕs spÈculatif. Lewis n'Ètait pas la seule personnalitÈ que j'ai rencontrÈe, mais je vous parlerai du reste plus tard.
       De quoi parle ce livre ? Soyez-en juge ! En son temps, Lewis Þ appris Þ Bill Gates qui fut le dernier mis hors du collÕge avant d'avoir terminÈ.
       Lewis a Ècrit qu'il n'y avait aucun Bill Gates dans aucune classe, mais dans chaque classe il y avait des Ètudiants qui Ètaient plus chics et plus inspirÈs pas la science que la plupart des professeurs qui les enseignaient. Il admit qu'il Ètait sceptique sur la capacitÈ qu'avait l'universitÈ Þ ajouter quelque chose dans le bagage intellectuel des Ètudiants. Plus tard, Lewis ajouta le fait que Bill Gates, son meilleur Ètudiant, avait ÈtÈ virÈ du collÕge, confirmant par lÞ que plus vous Ètudiez, moins vous rÈussissez dans la vie.
       Lewis admit que Harvard Ètait devenue une usine Þ fric, oÛ une annÈe d'Ètude coØtait plus que 50 000 dollars. En essayant de satisfaire les espÈrances tant des parents que des Ètudiants, Harvard permet aux Ètudiants d'Ètudier ce qu'ils souhaitent, en permettant en mÉme temps Þ leurs Èminents professeurs, qui seraient accueillis Þ bras ouverts Þ une autre universitÈ, de choisir les sujets de leurs cours comme ils le souhaitent. Comme rÈsultat, pas bien longtemps aprÕs l'obtention du diplÒme, quand vous demandez aux diplÒmÈs de Harvard ce qu'ils ont ÈtudiÈs dans cette cÈlÕbre l'universitÈ, ils sont en lutte avec eux-mÉmes pour vous fournir une rÈponse claire !
       Lewis dÈcrivit dans quelle mesure ses Ètudiants sont sous le contrÒle de leurs parents, qui, payant leurs factures de tÈlÈphone portable, surveillent avec qui ils parlent, Þ quelle heures ils s'endorment et Þ laquelle ils se lÕvent.
       Lewis appelait ces parents " des parents hÈlicoptÕres " car ils semblaient planer sur leurs enfants contrÒlant chacun de leurs mouvements. Et quel pouvait Étre le devenir de ces enfants ? èvidemment, Harvard est l'endroit idÈal oÛ les futurs grands d'AmÈrique sont ÈduquÈs.
       Les admissions les plus sensationnelles de l'ancien professeur de Harvard ressemblent au prologue d'un livre : Un enseignement libÈral, dans le sens compris par Harvard, est un enseignement dont le but n'est pas de faire de l'ÈlÕve un futur employÈ. Un tel enseignement est destinÈ Þ ne pas Étre excessivement spÈcialisÈ ou progressif et n'inclut pas de cours qui auraient un avantage pratique dans le monde rÈel. La conception de Harvard de l'enseignement reflÕte l'idÈal aristocratique de l'athlÕte Ètudiant dont l'intention n'est pas de devenir professionnel. þ Harvard pour devenir un spÈcialiste dans l'importe quel domaine simplement pour gagner sa vie, il faut tout simplement avoir mauvais goØt.
       En me satisfaisant des rÈflexions du livre de Lewis et de la nature illusoire du charme de Harvard, je me suis mis en route pour le banquet, qui avait lieu au Commandant Sheraton, le pÈnultiÕme jour de la confÈrence.
       Dans l'atmosphÕre informelle du banquet, j'ai remarquÈ que les astrophysiciens Ètaient indÈniablement attirÈs par le bar, oÛ les boissons de force variÈes Ètaient distribuÈes. J'en ai alors tirÈ la conclusion bien fondÈe qu'un bar dans une salle de banquet dÈclenche un champ gravitationnel significatif, dÈformant l'espace de telle faÃon que la majoritÈ des universitaires forme un groupe compact autour de lui.
       Mais ayant choisi un verre de cocktail rempli d'un liquide vert dÈgageant une odeur familiÕre de vodka, je me suis modestement assis Þ la table la plus ÈloignÈe, espÈrant passer la soirÈe en ma propre compagnie. Je ne m'Ètais pas vraiment prÈparÈ Þ converser avec la crÕme de la confÈrence, discours Eddingtonien limitÈ qui dÈclenchait plus de Kerr mÈtrique que de " merci " et " soyez le bienvenu ".
       Cependant, sortant des tendances bleues, un couple parÈ dans le rouge s'est approchÈ de ma table et s'est assis. Le monsieur d'un certain Áge, tassÈ dans sa cravate rouge, semblait dÈnoter dans ce contexte d'astrophysiciens tristement parÈs et bardÈs de leur de conjoints tout aussi insipides.
       Pratiquement Þ l'unisson le couple m'a informÈ qu'ils Ètaient les auteurs du nouveau livre "la Vue du Centre de l'Univers : DÈcouverte de notre place extraordinaire dans le Cosmos". La dame poivrÈ de rouge m'a ensuite bardÈ de questions comme : qui suis-je ? d'oÛ je viens ? et pourquoi je suis ici ? J'ai maladroitement rÈpondu que j'Ètais un auteur dont l'intÈrÉt Ètait spÈcialement dirigÈ vers l'astrophysique et que je planifiais d'Ècrire un livre. J'ai ajoutÈ que je devais Ègalement suivre une confÈrence de cosmologie Þ Cuba et une autre sur la philosophie de la cosmologie Þ MontrÈal.
       Mes rÈponses n'avaient visiblement pas satisfait mon inquisitrice, cependant, elle m'a demandÈ si j'Ètais en accord avec chacun des concepts de mon futur livre. Dans la mesure oÛ j'avais planifiÈ d'Ècrire un livre dont le titre Ètait "la Fin de Cosmologie", pour prouver qu'Þ la base, la cosmologie Ètait fausse, je ne pouvais lui dÈvoiler mes plans dans un langage plat. La situation Ètait d'autant plus embarrassante, car quand le couple s'est prÈsentÈ, leurs noms m'ont semblÈ familiers et intimement liÈs Þ la cosmologie.
       PressÈ par le couple de donner des explications, j'ai vaguement commencÈ Þ parler de l'interaction des tendances diverses dans la cosmologie et l'astrophysique, de l'utilitÈ de mettre de cÒtÈ des rÈfÈrences liÈes aux problÕmes divers comme celui de la MatiÕre Sombre. "Quels problÕmes !" s'est ÈcriÈ mon interlocuteur avec un visible le ressentiment, "Je suis celui qui a dÈcouvert la MatiÕre Sombre. Et il n'y a aucun problÕme du tout avec cela !"
       Ce Monsieur en costume rouge s'est avÈrÈ Étre le professeur de Stanford, docteur Joel R. Primack, l'auteur de la cosmologie contemporaine, le co-inventeur de la thÈorie de la Froide MatiÕre Sombre, sur les Èpaules de qui s'appuyaient la plupart des cosmologues et de nombreux astrophysiciens.
       J'ai tentÈ de dire qu'Þ ce jour personne n'avait prouvÈ l'existence de la MatiÕre Sombre, et qu'elle n'Ètait manifestÈe que par une hypothÈtique concentration de masses Ènormes, autour desquelles les galaxies, dont le centre et les extrÈmitÈs tournaient Þ la mÉme vitesse, dÈfiaient les lois de Kepler et Newton. Incapables de rester ensembles, ces groupes de galaxies Ètaient pourtant solidairement liÈes, peut-Étre par la MatiÕre Sombre, certes, mais peut-Étre pas. J'ai expliquÈ Ègalement que le nom utilisÈ ma choquait : Pourquoi " MatiÕre Sombre " et pas " Paradoxe du continuum espace-temps sur une large Èchelle " ou quelque chose dans ce genre lÞ ? Si le phÈnomÕne Ètait appelÈ " MatiÕre Sombre " cela pouvait induire en erreur non seulement un nombre important d'honnÉtes citoyens qui sont loin de la science, mais aussi des acadÈmiciens qui, pendant des annÈes, conduisent des thÈories peut-Étre inexistantes et grandement faussÈ par la recherche de cette MatiÕre Sombre.
       Le professeur Primack m'a ÈcoutÈ minutieusement avec un demi-sourire, il ne m'a pas opposÈ de rÈfutation catÈgorique, cependant il m'a informÈ qu'il n'y aurait bientÒt plus de problÕmes puisqu'il prÈvoyait de nombreuses expÈriences capables de soutenir sa thÈorie.
       Son Èpouse et coauteur du livre, Nancy HÈlÕne Abrams, qui s'est avÈrÈe Étre avocat et ancien conseillÕre au CongrÕs, y est allÈe de toute l'ardeur d'un acteur au sommet de Washington. Elle m'a dÈclarÈ que j'Ètais incorrect, parce que j'Ètais incorrect par dÈfinition ! Heureusement, j'Ètais prÈparÈ Þ ce genre de comportement et je me suis insurgÈ, objectant que le commentaire de madame Abrams Ètait contraire Þ mes opinions et hors sujet. Nancy Ètait sidÈrÈe, mais elle s'est vite remise et dÈclara que mon articulation n'Ètait pas claire et qu'il Ètait difficile de s'entretenir avec moi. J'ai alors tentÈ d'expliquer avec plus de clartÈ ma position sur la science contemporaine, mais j'Ètais sans arrÉt interrompu par ce couple qui me demandait sans cesse de requalifier mes pensÈes, pourtant trÕs explicites, me faisant presque passer pour un demeurÈ. Cependant j'ai rÈussi Þ m'extirper de cette situation en demandant brusquement Þ chacun son opinion sur les idÈes de Bush d'envoyer des astronautes amÈricains sur la Lune et sur Mars, dilapidant les autres budgets astronomiques, y compris celui du tÈlescope Hubble.
       En sortant d'un silence prolongÈ, la deuxiÕme moitiÈ de la table ne s'est pas montrÈe plus positive que les autres. Ce groupe Ètait constituÈ d'administrateurs de la confÈrence et des organisateurs. Ils ont profitÈ du sujet pour critiquer Bush, de droite comme de gauche, puis sans raison apparente ils m'ont accusÈ d'Étre compatissant pour son administration. þ cela j'ai rÈtorquÈ que dans des cercles universitaires il y avait une excellente mÈthode pour dÈtruire un adversaire, c'Ètait de lui attribuer des dÈclarations qu'il n'avait pas faites. Mon exposÈ a eu pour consÈquence de les plonger dans un profond embarra et j'ai profitÈ d'un moment de silence pour leur assÈner le coup de grÁce en posant au docteur Primack une question agressive accompagnÈe de grands gestes en direction de ce groupe d'astrophysiciens taciturnes qui s'Ètait assis Þ notre table d''Èlites' :
       - Si toutes les thÈories cosmologiques proposÈes par des gens se sont jusqu'ici rÈvÈlÈes fausses, qu'est-ce qui causerait que vous considÈriez la vÒtre comme vraie ?
       Les astrophysiciens ont ri Þ gorge dÈployÈe avec entrain, ce qui a rendu les uns assez mal Þ l'aise, mais a attirÈ l'attention des tables voisines. Nancy a rÈpondu Þ la question, se prÈcipitant au naturel pour lutter comme un avocat :
       - Notre thÈorie est correcte parce qu'elle est vrai ! a-t-elle dÈclarÈ.
       Mais rÈalisant qu'une rÈponse aussi marxiste ne pouvait pas nous satisfaire, elle a ajoutÈ que, puisque la thÈorie de son mari Ètait basÈe sur des observations scientifiques, elles ne pouvaient Étre fausses. þ ce moment, j'ai tentÈ de revenir sur l'histoire de la science, me rappelant de PtolÈmÈe et de Kepler. Malheureusement, la conversation a de nouveau dÈrivÈ sur Bush. L'organisateur de la confÈrence a affirmÈ qu'Þ son avis Bush Ètait responsable de tout. J'ai alors demandÈ avec un soupÃon d'aigreur :
       - Bush est-il aussi responsable de la chute de l'empire romain ?
       Ce Þ quoi il m'a rÈpondu, rÈsolument ravi par la tournure des ÈvÈnements :
       - Oui ! Þ cause de Bush l'AmÈrique entre dans la mÉme phase que l'empire romain avant son dÈclin.
       - Bien, ai-je rÈpliquÈ Þ l'assemblÈe en croquant dans ma cuisse de poulet comme si de rien n'Ètait, que pouvez-vous faire, le remplacement d'une civilisation par une autre est un processus naturel. La chose principale est que ce remplacement soit aussi exsangue que possible.
       En moi-mÉme, je me disais que s'ils nous ont escroquÈs de 90 dollars par tÉte pour ce banquet, je devrais au moins dÈguster le poulet.
       En entendant ces prÈdictions de la chute de la civilisation amÈricaine, la table a curieusement grandi. Alors chacun s'est mis Þ parler du carnage en Irak. L'atmosphÕre s'est dÈgradÈe et je voyais cette piÕce de banquet classique, avec ses murs couverts de matÈriels dorÈs et luxueux, devenir comme une salle d'un peuple dÈrangÈ et violent, les serveurs se prÈcipitant d'avec des bouquets de kebab et des hors-d'œuvre - comme du temps des annÈes 1930 avant le dÈbut de la deuxiÕme guerre mondiale.
       J'ai interrompu le silence pour ramener l'attention sur la cosmologie. Mais il faut dire que cela n'a pas soulevÈ un grand enthousiasme parce que les astrophysiciens n'aiment pas cosmologistes. Ils les considÕrent comme des aventuriers mais, en rÈalitÈ, ils le sont vraiment. L'organisatrice administrative de la confÈrence a d'abord admis qu'elle ne pouvait pas vraiment comprendre cette discussion car elle n'Ètait impliquÈe que dans les sciences thÈoriques. On lui a demandÈ dans quelle sorte spÈcifiquement de sciences thÈoriques elle Ètait impliquÈe, ce Þ quoi elle a rÈpondu, en plaisantant Þ moitiÈ, qu'il s'agissait d'une sorte que personne ne peut comprendre mais pour laquelle on donne beaucoup d'argent.
       J'ai commencÈ par dÈfendre mes idÈes, sans trop insister sur mes opinions Þ propos de l'escobarderie de la cosmologie. J'ai surtout parlÈ de l'interactivitÈ et de la coopÈration entre scientifiques qui colportaient une accumulation d'illusions formÈes dans des concepts erronÈs, ce qui nÈcessitait des vÈrifications expÈrimentales pour lesquelles des dÈpenses Ènormes, voire exorbitantes, Ètaient engagÈes. J'ai aussi mentionnÈ que cela freine voire empÉche le dÈveloppement de la science pendant des dizaines d'annÈes, voire des siÕcles.
       La table m'a ÈcoutÈ presque sans interruption parce que j'avais assurÈ que gÈnÈralement, je ne visais pas spÈcifiquement leur science ni les ètats-Unis. J'ai dÈclarÈ que l'AmÈrique n'Ètait pas synonyme de monde entier, que le monde Ètait plus grand que ce pays. Si la table a semblÈ un moment affolÈe, tous Ètaient d'accord avec moi. Mais, sitÒt ai-je tentÈ de rebondir sur le problÕme de la cosmologie, Primack m'a aussitÒt interpellÈ :
       - Quels problÕmes ? Dites-en ne serait-ce qu'un !
       - Par exemple, ai-je rÈpondu, le problÕme que nous avons soulevÈ lors de cette confÈrence : Comment se fait-il que des galaxies et mÉme les groupes de galaxies rÈussissent Þ se former, quand le modÕle cosmologique contemporain ne permet pratiquement Þ aucun moment d'arriver ? Dans le champ profond observÈ par le TÈlescope Hubble, des galaxies entiÕrement formÈes par de hautes valeurs de changement de vitesses dans un dÈrivÈ de rouge sont visibles. Cela indique leur Áge, qui coÎncide presque avec l'Áge de l'univers, selon les Èvaluations de thÈorie cosmologique contemporaine.
       Ma rÈponse a de nouveau fait sourire Ápre. S'ils avaient pu se rassembler, j'aurais probablement gagnÈ une place dans le Guinness des records comme le dÈtenteur de la plus grande collection de sourires acerbes.
       Un peu plus tard, Nancy Abrams a rÈsolument informÈ la table du sujet de son livre, abrogeant l'objection hÈsitante d'un astrophysicien sur une rÈfÈrence Þ Dieu. Finalement, l'ÈvÈnement suivant nous a libÈrÈs de cette conversation : l'auteur et l'universitaire le plus doyen de la confÈrence, Donald Lynden-Bell, un astrophysicien britannique connu pour ses thÈories de galaxies contenant des trous noirs centraux massifs, qui sont les sources d'Ènergie de quasars, s'est arrÉtÈ devant notre table. Il a refusÈ d'utiliser un microphone parce en principe il possÈdait une voix tonitruante. Donald Linden-Bell s'est reportÈ sur ceux qui d'ans l'histoire de la dÈcouverte avait dÈcelÈ l'existence des trous noirs, Þ commencer par Newton. La maniÕre dont il parlait suggÈrait mÉme l'existence d'une relation personnelle et affective avec Newton. L'idÈe principale de son discours a confirmÈ ce que j'avais prÈcÈdemment dit sur l'interaction et la coopÈration des scientifiques qui apportaient une accumulation d'illusions, de concepts faux, nÈcessitant des vÈrifications expÈrimentales coØteuses nuisant aux efforts des scientifiques.
       Joel Primack a promptement simulÈ un besoin urgent de sommeil tandis que Nancy s'est assise avec un regard de vierge effarouchÈe, s'agitant sur son sÈant, croisant et dÈcroisant ses jambes. J'Ètais aux anges. AprÕs ce discours nous nous sommes tous serrÈs la main et avons convenablement pris congÈ.
       Sur la route du retour, j'ai visitÈ l'endroit oÛ George Washington avait acceptÈ le commandement sur l'ArmÈe Continentale, ce qui allait ensuite devenir le Jour de l'IndÈpendance. Une statue de Lincoln Ètait debout tout prÕs. J'ai doucement ricanÈ :
       - L'un n'a pas voulu payer les impÒts en Grande-Bretagne, et il a fondÈ les colonies Nord-amÈricaines ; l'autre a dÈcidÈ mettre en faillite le Sud indÈpendant, ce qui a embrasÈ le pays tout entier. Voici les cÈlÕbres jalons de l'histoire amÈricaine.
       Nous avons laissÈ derniÕre nous les trous noirs de Harvard, remontant en flÕche dans le ciel nuageux du Massachusetts dans un avion canadien. Je me souviens avec bonheur comment, en descendant du taxi le dernier jour de ma visite, j'ai informÈ le chauffeur que la cosmologie n'Ètait qu'une vaste fumisterie et Harvard une escroquerie. J'ai donnÈ un large pourboire Þ ce pauvre noir malheureux puis j'ai claquÈ la porte.
       - Eh bien, a demandÈ mon fils Jacob, as-tu finalement obtenu ce que tu voulais ?
      

    Chapitre 3 -
    La Gravitation de l'île de la liberté

       Ma visite Þ Harvard et les conversations engagÈes lors du banquet ne m'ont pas satisfait et j'ai continuÈ mon voyage Þ travers la planÕte Terre pour rechercher quelque chose d'autre qui pouvait Èclairer ma comprÈhension sur les questions fondamentales de l'univers. Il semblerait que ces questions sont loin des prÈoccupations de la vie quotidienne, mais pour moi elles sont aussi importantes que n'importe quelle entreprise humaine.
       Parfois je commence Þ m'inquiÈter sÈrieusement avec ma conception gÈographique hÁtive et ma tendance Þ changer les coordonnÈes spatiales impulsivement et excentriquement. Cette passion probablement malsaine s'est rÈcemment intensifiÈe, quand mon passeport canadien et mes comprimÈs antidÈpresseurs devaient m'Étre envoyÈs aux quatre coins de la Terre - des oubliÈs mÉme par des explorateurs - quand jour aprÕs jour je contemple de mes yeux Èternellement privÈs de sommeil certains murs simplement peints et ma tÉte malveillante se rappelle avec difficultÈ oÛ mon organisme non moins malveillant, agile malgrÈ un ventre affaissÈ et des chevilles Ètonnamment minces, a pris un logement pour la nuit.
       Tel Ètait le cas un matin particulier. Je me suis rÈveillÈ, doucement Ètourdi, dans un bungalow dÈcorÈ dans un style paysan indien et placÈ dans le complexe hÒtelier Los Caneyes.
       "Cuba est loin ! Cuba est proche ! Ce qui veut dire proche ! Et plus que proche ! Le voici, il s'est insinuÈ en moi comme une Ènorme Ètendue ocÈane, d'abord par une large vue au travers de la fenÉtre de la cabine, comme couchÈ de sucre glacÈ d'un confiseur ou d'un gel stratosphÈrique presque solide, puis m'apparaissant subitement telle une eau glauque et verdÁtre via les fenÉtres de n'importe quel Ètage de cet hÒtel Havane. Dans la chambre, la fenÉtre Ètait ouverte du plancher au plafond - vous auriez pu sauter si vous le vouliez. Vous ne constaterez plus cela dÈsormais dans des hÒtels Occidentaux. L'íle de la LibertÈ est vraiment libre ! Sautez si vous le voulez ou restez assis en regardant passer le temps...
       Au dÈbut, Cuba m'est apparu comme un ocÈan respirant sur mon visage, mais ensuite ce ne fut que le mur peint d'un bungalow de l'hÒtel me regardant fixement avec tÈnacitÈ - la structure fiÕre d'une ville touristique remplie de poulet. Visiblement, les poulets Ètaient introduits dÈlibÈrÈment, je pouvais donc me sentir Þ la maison. C'Ètait bon, mais le chant du coq qui me servait de rÈveil matin Þ la maison Ètant absent, j'avais beaucoup de mal Þ me rÈveiller.
       Si vous pensez que j'ai une rÈputation de casanier discret, il y a de mauvais pas dans la sociÈtÈ qui ne concernent pas que moi. C'Ètait ma seconde visite sur l'Íle en moins de trois mois, et avant ces voyages je n'y avais jamais mis les pieds. Cela peut Èveiller les soupÃons qu'une sorte de gravitÈ cubaine spÈciale a prÈvalu sur moi, m'a attirÈ, ma minuscule valise et mon loyal compagnon de voyage - mon Èpouse. Bien sØr, elle avait aussi une valise, petite et mignonne comme une boÍte de flocons de flocons d'avoine. Je n'aime pas les valises lourdes et encombrantes, et j'avais insistÈ pour prendre le strict minimum, de petites valises Þ roulettes empaquetÈes hÁtivement la nuit avant le vol dans l'obscuritÈ tropicale.
       Mon caractÕre gÈographique impulsif et malsain est doucement dangereux, particuliÕrement en combinaison avec ma folie topographique. Certains peuvent se perdre dans trois pins - moi, je peux me perdre entre deux. Et je ne mentionnerais mÉme pas de palmiers ! J'ai acquis la notoriÈtÈ malsaine d'avoir activÈ mon "mÈcanisme de vagabondage planÈtaire" pendant les annÈes de vol intensif. Alors cela m'a trÕs efficacement permis de m'Èvader - au moins pendant un ou deux jours - et de ne pas prendre mes jambes Þ mon coup pour un oui ou pour un non. Cette crainte a diminuÈ sous les effets de mes pilules, mais le dÈsir impulsif de prendre la clef des champs est restÈe.
       Bien, comment vous sentiriez-vous si vous ne pouviez pas dire avec certitude oÛ vous seriez la soirÈe suivante ? Seigneur, en rÈalitÈ, ayant partagÈ ces pensÈes avec vous, je commence Þ m'effrayer. Il fut un temps oÛ nous sautions sur nos pieds et sortions prÈcipitamment la tÉte la premiÕre sans rÈflÈchir. Maintenant nos voyages sont initialisÈs par une piÕce de papier, comme la lettre officielle d'une universitÈ prÈsentant une confÈrence sur la gravitation et la cosmologie. J'ai toujours aimÈ les papiers surtout qu'en rÈponse Þ mon humble demande d'inviter ma femme Þ la confÈrence comme les autres scientifiques, nos camarades cubains ne m'ont pas envoyÈ un simple courrier Èlectronique sans valeur, mais ils ont expÈdiÈ une lettre officielle d'invitation portant un Ènorme cachet ovale.
       J'ai apportÈ le prix Þ ma femme dans la chambre Þ coucher. Elle revenait tout juste de notre voyage Þ Harvard. Avant cela, elle avait passÈ des vacances avec moi Þ Cuba et elle se sentait un peu fatiguÈe et peu encline Þ voyager. Cependant, prise par l'inertie et grisÈe par son dÈsir de voyages aprÕs cinq annÈes de calme relatif, elle a souhaitÈ m'accompagner, pour moi et pour mes recherches, mais aussi pour son plaisir personnel. Dans la chambre Þ coucher, Ètait dÈposÈe une peinture d'elle non-terminÈe, qui dÈcrivait une mer turquoise sur une plage cubaine d'une blancheur Èclatante et un Ènorme arbre branchu, qui semblait totalement dessinÈ. Il posait nu, presque sans ses feuilles oblongues mais celle qui restaient Ètaient si drÒles qu'elles faisaient penser Þ un ours ou Mickey Mouse. Ma femme a regardÈ l'arbre et a acceptÈ en soupirant.
       Les actes ont suivi les mots : nous avons achetÈ les billets et commencÈ les prÈparatifs du dÈpart, baignÈs dans cette douce expectative qui guette ceux qui attendent un heureux ÈvÈnement.
       Pas le temps de prÈvoir le voyage Þ l'avance. Nous Ètions portÈs par la vague de cet enthousiasme crÈÈ Þ minuit et avons dÈcidÈ de partir au fin fond du monde au prochain matin - partir vers une destination inconnue est trÕs dÈplaisant ; et quelle utilitÈ ? -. Mais silencieux et haletants, nous avons suivi le chemin dictÈ par l'univers en avanÃant vers notre dÈpart qui n'Ètait pas fixÈ par les Ètoiles comme un brin d'herbe coupÈ la lame d'une tondeuse, mais avec des points d'interrogation. La date de dÈpart, qui Ètait fixÈe dans le continuum espace-temps et ÈpinglÈe dans sa vivacitÈ quantique est arrivÈe sous la forme d'un billet Air-Canada.
       Pourquoi tant de mots sont-ils nÈcessaires ? Dites-moi directement pourquoi vous facturez cela ! Ou encore mieux - restez juste silencieux. Mais je ne suis pas vraiment quelqu'un qui tient sa langue. Comme ils disent, nous resterons assez silencieux dans la tombe. Mais cette explication, je suis heureux de la donner. Une explication aussi dÈtaillÈe que vous voulez l'entendre.
       Vous connaissez dÈjÞ mon enthousiasme incorrect pour la cosmologie, mon ambivalence agonisante vers cette science, qui me sÈduit simultanÈment et me retourne contre elle-mÉme avec ses fantaisies sØres et de temps en temps intolÈrables. Ces modÕles et prÈtendues thÈories sont fermement soutenus par des mathÈmatiques avancÈes - une circonstance qui devrait les rendre plus rÈels, mais qui accomplissent en rÈalitÈ l'effet opposÈ.
       La cosmologie est une branche de l'astronomie et de l'astrophysique qui Ètudie l'origine, la structure Þ grande Èchelle et l'Èvolution de l'univers. Les donnÈes cosmologistes utilisÈes sont gÈnÈralement rassemblÈes d'observations astronomiques. Au dÈbut des annÈes 1920, ces observations combinatoires avec les avancÈes dans la physique thÈorique mettent la cosmologie de paire dans l'importance avec les autres sciences exactes. Avant que cette cosmologie ne tombe dans le domaine de la philosophie ce fut une excuse excellente pour brØler des hÈrÈtiques au pieu.
       Aujourd'hui il y a deux Ècoles d'enquÉte sur la cosmologique : les empiristes et les thÈoriciens. Les formateurs se limitent eux-mÉmes Þ l'interprÈtation des donnÈes observÈes et n'extrapolent pas leurs modÕles vers des secteurs non ÈtudiÈs. La derniÕre tentative d'expliquer l'univers observable utilisait des hypothÕses choisies pour leur simplicitÈ et leur ÈlÈgance.
       Il n'est pas difficile de supposer que je suis l'avocat Ènergique des empiristes, car je suis profondÈment agacÈ par la spÈculation philosophique, politique et religieuse qui accompagne des modÕles cosmologiques. Si la constante cosmologique est Ègale Þ zÈro, l'histoire continue, Dieu existe et il faut suivre ses commandements. Si elle n'est pas Ègale Þ zÈro, vous suivre le chemin de la honte - ou toute autre voie que vous jugerez convenable. Et n'hÈsitez pas Þ insÈrer lÞ votre propre bÉtise. Y a-t-il un fou dans le cosmos ? Ce que je veux dire, c'est : ils s'extasient tous de leur folie ! Mais Þ qui dois-je le dire ? Les thÈoriciens cherchent des solutions artificielles Þ leurs problÕmes artificiels. Et une Èquipe entiÕre de pseudo-philosophes est prÉte Þ expliquer Þ des gens simples - c'est-Þ-dire vous et moi - en quoi il faut croire ou pas. Et si l'univers est un diaphragme ou, plus prÈcisÈment, une carpette ? Pouvons-nous nous entretuer le jeudi ? Et si l'univers n'est rien qu'un chiffon de poussiÕre ? Alors pouvons-nous nous entretuer le vendredi ? Et si... et si vous gardiez le silence dans l'espoir vous seriez pris au sÈrieux.... Non, vous ne serez pas considÈrÈ comme intelligent ! Pas du tout !
       Ainsi, peut-Étre qu'en l'absence d'autres activitÈs ou peut-Étre en raison d'une passion pour l'Ètude ou pour des nouvelles sensations physiques qu'un changement de climat apporte, nous avons voyagÈ Þ Cuba.
       Certains voyages sont accompagnÈs de perturbations mineures, mais parfois, de malaises Èpouvantables. Avant le vol, mon bas du dos me faisait terriblement souffrir au point de ne plus pouvoir ni me pencher, ni me tenir debout. Cependant l'obsession que j'avais dÈjÞ achetÈ les billets m'a poussÈ en avant et, Ètant mortifiÈ trois heures et demie dans le siÕge Ètroit d'une compagnie aÈrienne, je suis arrivÈ sur le sol cubain bien plus bossu que le plus bossu du cosmos.
       Nous avons ÈtÈ reÃus par un agent de voyage dans le plus pur style soviÈtique avec une large moustache. Comme il nous prÈsentait un anglais dÈboussolÈ, il Ètait clair qu'il Ètait plus qualifiÈ pour rÈpÈter des phrases apprises par cœur qu'Þ la comprÈhension de la langue et de ses interlocuteurs, surtout qu'il avait un temps de rÈaction Þ l'opposÈe de la vitesse de la lumiÕre.
       L'agent de voyage nous a installÈs dans un taxi Þ cÒtÈ d'un cosmologiste canadien, d'origine italienne qui rÈpondait au doux nom de Faraoni. Nous l'avions dÈjÞ remarquÈ Þ l'aÈroport Þ cause de son regard sinistre et son air perpÈtuellement absorbÈ dans ses pensÈes visiblement - quoi d'autre ? - sur la membrane vibrante de l'univers. Nous avons fait formellement connaissance et nous sommes partis vers notre hÒtel de la Havane, oÛ j'Ètais assez malheureux car je continuais de souffrir atrocement du dos.
       C'est Ètrange comment une personne se retrouve dÈmunie et sans dÈfense quand elle est loin de sa maison. Sans doute les cartes de crÈdit, les tÈlÈphones portables et les hÒtels confortables l'aide, mais il est impossible de tromper son organisme. Dur d'assumer la sortie de son contexte, de ses habitudes, dur d'assimiler un nouvel endroit, et tÒt ou tard votre corps rÈagit mal. Parfois une douleur apparaÍt de nulle part et disparaÍt bientÒt sans aucune sÈquelle, ou seulement remplacÈe par un mal diffÈrent. Bien sØr vous ne devriez pas prÉter attention Þ ce que je dis, car je suis un neurasthÈnique notoire et un hypocondriaque certifiÈ. C'est pour cela que je suis dans la thÈrapie. La littÈrature mondiale de dÈtaille-t-elle pas minutieusement toutes les nÈvroses des peuples ?
       Le jour suivant je me suis fait masser par une spÈcialiste local. J'ai ÈtÈ bien soignÈ, malgrÈ tout par cette jeune camarade qui ressemblait un peu Þ un charlatan. J'ai rationalisÈ ma dÈpense exorbitante en faisant semblant que je l'avais bien dÈpensÈe sur une leÃon d'espagnole, puisque j'avais pu dialoguer avec elle dans cette langue sur ma fatigue et ma psychose. Pendant notre conversation, j'avais fait l'Ètalage de mon vocabulaire. De ses mains habiles la masseuse m'a rapidement posÈ ses aiguilles, m'a frictionnÈ avec de l'huile chaude et a habilement rehaussÈ mon organisme. Habituellement, je dÈteste que des personnes me touchent. Cela provient certainement d'un dÈtachement psychologique dØ au fait que je sois extrÉmement timide. Cependant, mÉme Þ Cuba, il n'est pas dur de se procurer les antidÈpresseurs les plus merveilleux. Alors lÞ, il semblait que je pouvais me dÈshabiller nu et me sentir absolument Þ l'aise, quoique sans sentiments de ravissement. L'exhibitionnisme n'est pas ma tasse de thÈ. La masseuse essaya de me persuader de visiter sa clinique internationale dÕs mon retour Þ Havane aprÕs la confÈrence. Je ne pouvais pas apprÈhender pourquoi elle insistait sur le mot 'internationale'. J'avais oubliÈ qu'Þ l'ouest, n'importe qui pouvait ouvrir une clinique mÈdiocre et la gratifier de ce titre pompeux. Dans notre petite ville le seul qui vit des malheurs et la souffrance des autres est un jeune grec et triste homÈopathe. Je ne suis pas du genre Þ tomber facilement sur une escroquerie, mais une fois il a rÈussi Þ m'escroquer une jolie somme en perpÈtrant une analyse sur la composition de mes cheveux.
       Oui en effet, Cuba est un pays socialiste. Mais c'est l'Èquivalent d'une petite entreprise bourgeonnant autorisÈe par Castro dans "la pÈriode spÈciale" quand Cuba Ètait forcÈe de se serrer la ceinture. LaissÈ sans ordres de l'Union soviÈtique sur les pamplemousses et le sucre et sans piÕces de rechange ni pÈtrole reÃu en Èchange, le pays a littÈralement ÈtÈ obligÈ de labourer les champs avec des bœufs. Quant aux positions 'internationales' avant 'la clinique' dans ce pays destituÈ, cela veut dire que rien de plus que l'Ètablissement n'est tolÈrable (c'est-Þ-dire ne sent pas l'urine) et est dÈsignÈ exclusivement pour les Ètrangers. Mais ces aperÃus viendraient en leur temps. AprÕs la convalescence "suite Þ la thÈrapie rÈÈducatrice" l'autre cosmologiste et moi sommes partis dans notre autobus pour Santa Clara, une promenade en voiture Þ trois heures de la Havane.
       Comme l'autobus a contournÈ la Havane, la pauvretÈ familiÕre et bien dÈcrite de Cuba a retenue notre attention. Il est clair que les Cubains n'ont pas honte de la pauvretÈ. Ils le mettent mÉme bien en Èvidence, comme si c'Ètait un point d'intÈrÉt national.
       Il n'est jamais montÈ Þ nos esprits europÈens que construire des maisons vigoureuses Þ Cuba Ètait aussi injustifiÈ que la surcharge d'un taureau. TÒt ou tard, il reversera tout Þ terre pour le piÈtiner. Les ouragans, qui commencent au dÈbut de l'ÈtÈ et s'arrÉtent au milieu d'hiver, emportent tout ce qui n'est pas construit solidement. þ Cuba, il est clair que rien n'est arrimÈ Þ terre. Et dans l'Íle de la libertÈ, rien n'est arrimÈ, puisque c'est l'Íle de la libertÈ ! En rÈalitÈ, dans l'Íle de la libertÈ il manque beaucoup plus que des chaÍnes. Un manque de marchandises substantielles est une caractÈristique commune de la fusion dÈsastreuse du socialisme et de l'amÈricanisme latin. Il semble que le peuple ne souffre pas de l'appauvrissement. La seule chose dans laquelle ils invertissent, c'est dans un carrelage solide. AprÕs le dernier ouragan ils rassemblent les murs de contre-plaquÈ ÈparpillÈs par le vent et des meubles rÈpandus et ils reconstruisent leurs logements pour continuer Þ vivre dans cette pauvretÈ presque universelle et insolente.
       Et alors l'Íle est restÈe debout contre des ouragans et le blocus amÈricain avec le perpÈtuel Fidel et Raul - ces rÈvolutionnaires barbus dÈbarquant du maquis pour occuper l'Íle - Þ sa tÉte. Et seul, le Che Guevara, leur loyal commandant, qui a rÈussi Þ enjoindre l'Íle toute entiÕre, est prÈsent Þ Cuba sous forme de monuments, posters et mÈmorial grandiose Þ Santa Clara. Ce mÈmorial dÈtient ses cendres et les restes de ses camarades de Bolivie oÛ ils ont fomentÈ la rÈvolution.
       Et pourquoi le commandant Che est-il si significatif ? Bon, bien que je n'organise pas de rÈvolution, je peux trÕs bien m'imaginer Ètant assis dans un bureau gouvernemental Þ la Havane comme Ministre de la SantÈ d'une jeune rÈpublique. Alors je me bats de nouveau au Congo ; le moment suivant je m'Ètale, mort, en Bolivie. Maintenant, je peux imaginer toutes sortes de choses... Les mÉmes rÉves imaginaires hors de la rÈalitÈ comme ceux qu'avait le Che. La mÉme Ènergie impulsive - ailleurs dans l'espace ou d'autres mondes. Pour le Che et moi, il n'y a pas de rÈalitÈ, car nous sommes la rÈalitÈ elle-mÉme. Vous me croyez ? J'ai fumÈ un cigare cubain et j'ai dÈcidÈ que j'Ètais Ègalement un hÈros rÈvolutionnaire. Ou peut-Étre pas. PremiÕrement, ma barbe a grandit, deuxiÕmement j'ai un a priori de rÈpugnance pour tous les gouvernements du monde, et ensuite, je plaisante. Je suis pour le Che Guevara, comme est ma chatte paresseuse pour un tigre aux dents de sabre. Elle est furieuse, mais oÛ s'arrÉte la ressemblance ? Yup. Je n'aspire pas vraiment Þ tirer, tuer, Étre assis dans les tranchÈes d'un marais Ètouffant - cette vie n'est pas pour moi.
       Alors donc, le commandant Che Guevara est au-dessus de nous. OÛ que vous alliez Þ Cuba, vous devez incliner votre tÉte vers lui. Partout vous entendez des chants Ètonnants par leur complainte expressive. Et les Cubains qui ont semble-t-il perdu la foi en la rÈvolution depuis longtemps, avec obÈissance et Èmotion expose "le commandant Che Guevara"... Et pour leur souffrance, ils reÃoivent des pesos convertis spÈcialement pour les touristes trÕs touchÈs.

    ConfÈrence cosmologique Þ Santa Clara, Mai 2006

       þ mi-chemin entre la Havane et Santa Clara, nous sommes sortis pour respirer un air chaud et dense. Par la route, j'ai remarquÈ un petit Ètang en forme de bassin Þ cÒtÈ d'une sculpture mÈtallique d'une vache ÈpuisÈe. þ Cuba, le bÈtail rappelle les rÈsidents des camps de concentration. En regardant cette sculpture, j'ai pensÈ conviction que c'Ètait certainement une race de vache, ou que les Cubains n'avaient pas vu d'autres types de vaches, puisque RÈalisme Socialiste exige que des artistes sculptent le vrai du vrai de la vie. Trois grands poissons nageaient dans l'Ètang et il y avait aussi trois tortues qui cheminaient autour. Un des cosmologistes les regardait attentivement. Je me suis dit qu'une nouvelle thÈorie cosmologique de l'univers basÈe sur l'arriÕre-train d'une tortue devait germer dans sa tÉte. Les trois tortues Ètaient aussi trÕs occupÈes. En essayant de grimper l'une sur l'autre, elles espionnaient l'autobus qui nous avait amenÈs lÞ. Peut-Étre pensaient-elles que c'Ètait une tortue gigantesque. " Mais oÛ est la tÉte ! se disaient les tortues en tendant le cou vers nous. " Mais aucune tÉte n'est sortie et la thÈorie du bus-tortue est tombÈe par terre. Seigneur, pourquoi nous ne pouvons-nous pas Èviter l'anthropomorphisme dans nos conceptions ? Comme les tortues, nous essayons d'expliquer tout ce que nous voyons de notre propre perspective !
       La confÈrence a commencÈ par une coupure de courant importante, ce qui arrive souvent Þ Cuba. Mais il n'y a qu'au Canada que souffle le blizzard Þ chaque coupure de courant. Heureusement, Dieu nous sauve chaque fois qu'il y a une rafale de neige. La neige au Canada, voyez-vous, est un phÈnomÕne nouveau et inhabituel, particuliÕrement au nord de Toronto dans les forÉts de l'Hinterland oÛ je vis. Je suis sarcastique, bien sØr.
       èvidement, sans ÈlectricitÈ il est incommode de poursuivre des prÈsentations, les participants ont donc optÈ pour une flÁnerie extÈrieure. Sous le ciel rougissant, ils ont attentivement ÈtudiÈ le coup de bec des poulets autour de ce modeste centre de confÈrence, hÒte de cet ÈvÈnement scientifique international.
       Le paiement pour le sÈjour entier Þ l'avance avait ÈpuisÈ mes provisions de liquiditÈ. Nous avons pris un taxi pour la Banque Internationale du centre ville pour sortir du cash. þ la banque, nous avons ÈtÈ observÈs si attentivement que j'ai voulu me volatiliser. Nous avons finalement rÈussi Þ convaincre le personnel de traiter nos transactions, mais Þ la fin du jour toutes ces discussions nous avaient aussi ÈpuisÈs qu'une lutte de partisans cubains. Mais enfin, si je n'avais pas rÈussi Þ retirer de l'argent avec ma carte de crÈdit, mes aventures auraient sØrement ÈtÈ beaucoup plus sulfureuses.
       AprÕs le voyage Þ la banque j'ai ramenÈ mon Èpouse Þ l'hÒtel en taxi et je suis retournÈ Þ la confÈrence. Le courant est revenu et j'ai pu Ècouter trois prÈsentations avant le dÈjeuner qu'on nous a servi directement dans le centre de confÈrence. Comme d'habitude, je me suis mis Þ l'Ècart, mais trois cosmologistes parlant l'espagnol se sont assis Þ cÒtÈ de moi et nous nous sommes prÈsentÈs. Le sentiment que j'Ètais une sorte d'Ètrange intrus, me faisait lÈgÕrement hÈrisser les dessous-de-plat, mais nÈanmoins nous sommes entrÈs en conversation.
       þ ma gauche Ètait assis un gai camarade barbu qui fumait une pipe Þ l'odeur agrÈable (Fumer est autorisÈ pratiquement partout Þ Cuba). C'Ètait Roberto Sussman, professeur de l'UniversitÈ Nationale Autonome du Mexique. En face, se trouvait Axel Makora de l'Institut de Physique de la mÉme universitÈ. Je ne me rappelle pas de la troisiÕme personne. Ils ont arrÉtÈ de s'entretenir en espagnol et sont passÈs Þ l'anglais, concentrant leur attention collective sur ma modeste personne qui mettait grignotait un morceau de poulet fris dans un plat. J'ai arrÉtÈ de mÁcher pour leur expliquer tant bien que mal qui j'Ètais et ce que je faisais lÞ. Quand la confusion initiale est passÈe nous avons commencÈ Þ parler de mon intÈrÉt pour la cosmologie. Nous n'avons touchÈ aucun nouveau sujet, mais avons plutÒt remaniÈ les mÉmes arguments et des contre-arguments communs Þ la cosmologie. Cependant aprÕs un moment, j'ai demandÈ Þ Axel s'il croyait vraiment que notre interprÈtation humaine du temps s'appliquait aux Ènormes Èchelles cosmologiques. þ ma grande surprise, Axel en premier puis Roberto m'ont fermement assurÈ que, Þ leur avis, la comprÈhension de l'homme sur le temps n'avait aucune relation avec le temps cosmologique. Nous mesurons le temps en ce qui concerne le mouvement mÈcaniques des corps matÈriels. Par exemple, le temps peut Étre mesurÈ en ce qui concerne le mouvement de la Terre autour du soleil. Axel dÈclara qu'au dÈbut du dÈveloppement de l'univers il n'y avait pas - et ne pouvait pas y avoir - d'objets matÈriels. Sussman ajouta que dans la thÈorie du Big Bang l'histoire est grossiÕrement divisÈe en trois pÈriodes qui reflÕtent ensemble notre comprÈhension courante de la formation de l'univers. Ces pÈriodes sont la cosmologie standard, la cosmologie des particules et la cosmologie quantique.
       La cosmologie standard est l'Èpoque la plus sØrement expliquÈe. Elle englobe la pÈriode d'approximativement un centiÕme de seconde aprÕs le Big Bang jusqu'au jour prÈsent. Le modÕle standard de l'Èvolution de l'univers dans cette Èpoque a rÈsistÈ Þ une multitude de tentatives d'observations prÈcises.
       La cosmologie des particules dÈpeint une image de l'univers lorsqu'il prÈcÈdait l'Èpoque de la cosmologie standard, quand les tempÈratures Ètaient plus chaudes ; cependant, toujours au niveau de la physique connue. Des accÈlÈrateurs de particules Þ haute Ènergie du CERN et du Fermilab nous permettent d'Èvaluer les modÕles physiques des processus qui pourraient avoisiner une pÈriode de seulement 0.00000000001 secondes aprÕs le Big Bang. Cette branche de la cosmologie est plus spÈculative car elle requiÕre des extrapolations variÈes et se heurte souvent Þ des complexitÈs informatiques insurmontables. De nombreux cosmologiste croient que des extrapolations raisonnables peuvent Étre faites directement jusqu'au temps du changement de phase de la Grande èpoque d'Unification.
       La cosmologie quantique Ètudie les questions de l'origine de l'univers lui-mÉme. Elle tente de dÈcrire le processus quantique des tout premiers instants qui ont prÈcÈdÈ notre espace-temps tel que nous le connaissons jusqu'Þ 0.0000000000000000000000000000000000000000001 de seconds aprÕs le moment fatidique. Nous n'avons pas encore de thÈories entiÕrement cohÈrentes en termes de gravitÈ quantique pour cette pÈriode qui est la plus spÈculative des trois.
       Comment l'esprit humain peut-il concevoir le temps de cette Èpoque ? C'est un concept qui n'est pas compatible avec notre comprÈhension quotidienne du temps.
       - Pourquoi maintenez-vous que l'Áge de l'univers est d'environ 13.7 milliards d'annÈes ?" ai-je demandÈ, Quelle est la force de cette affirmation ?
       Alex a rÈpondu que dans la cosmologie on n'utilise pas le concept des annÈes.
       J'ai remarquÈ qu'il se rÈfÈrait Þ la mesure des Ènormes distances cosmologiques par le degrÈ infrarouge dans le spectre des galaxies. Il a confirmÈ que nous parlions de cette instanciation de l'Effet Doppler sur lequel la loi Hubble compte.
       - Et toutes ces annÈes 'lÈgÕres' sont pour le grand public, a conclu Axel De La Makora.
       - Ah donc, voilÞ ! Autrement dit vous Étes conscients que vous ne pouvez pas expliquer la cosmologie par des concepts humains ordinaires, alors vous inventez tous cela pour le grand public, vous les alimentez de termes comme : la matiÕre sombre, l'Ènergie sombre, le Big Bang et la quintessence.
       - Oui, reconnu Sussman, certains ne nous aiment pas vraiment Þ cause des terminologies mystiques.
       - þ ce propos, ai-je demandÈ en glissant sur mon sujet favori, n'y a-t-il vraiment aucune autre explication en ce qui concerne l'effet de Compton ?
       - Pourquoi l'Effet de Compton ? a rÈpondu Axel, il y a beaucoup d'explications ayant un rapport avec le vieillissement de lumiÕre et le reste. Le point n'est pas qu'il est difficile de trouver une explication alternative. Vous pouvez trouver une explication alternative sur n'importe quel phÈnomÕne, mais la thÈorie de l'univers en expansion est la meilleure faÃon d'expliquer immÈdiatement tous les phÈnomÕnes - la distribution d'hydrogÕne et l'hÈlium dans une proportion constante partout dans l'univers, le glissement infrarouge dans les spectres des galaxies ÈloignÈes, la radiation de fond...
       - Et la matiÕre sombre, vous proposez une solution parmi les derniÕres dÈcouvertes qui assÕne un coup dur Þ la thÈorie newtonienne modifiÈe...
       - Comment la matiÕre sombre pourrait-elle ne pas exister ? a demandÈ Axel, devenant lÈgÕrement nerveux et me jetant un coup d'œil hostile. Si vous entrez dans une chambre d'habillage sombre, affirmeriez-vous qu'il n'y a aucun habilleur dans la piÕce parce que vous ne pouvez pas le voir ? Peut-il vraiment y avoir une autre explication en plus d'une prÈsence physique qu'un type de matiÕre qui ne se manifeste nullement sauf par ses interactions de gravitation avec la matiÕre visible ?
       - Oui, ai-je rÈpliquÈ avec obstination, une hallucination, par exemple !
       Axel me gratifia d'un regard sombre et dÈsemparÈ :
       - La matiÕre sombre, dit-il, n'est pas la principale question.
       - La principale question, intervint Roberto Susman en essayant de dÈvier la conversation, c'est l'Ènergie sombre qui est une forme hypothÈtique d'Ènergie ayant une pression nÈgative et qui est capable de remplir l'univers tout entier.
       - Selon la thÈorie de la relativitÈ gÈnÈrale, la gravitÈ dÈpend non seulement de la masse, mais aussi de la pression. De plus, la pression nÈgative devrait provoquer la rÈpulsion, ou l'anti-gravitÈ. Selon les derniÕres donnÈes prouvant l'accÈlÈration de l'expansion de l'univers, cette force agit vraiment en fait sur des distances cosmologiques. Il y a deux explications sur l'essence d'Ènergie sombre. La premiÕre explication est que l'Ènergie sombre est d'une densitÈ ÈnergÈtique constante remplissant l'espace de maniÕre homogÕne. La deuxiÕme explication est que l'Ènergie sombre est une sorte de quintessence, ou un champ dynamique dont la densitÈ ÈnergÈtique peut varier dans l'espace et le temps.
       - Nous devons mesurer prÈcisÈment la vitesse de l'expansion de l'univers pour choisir entre les explications. Le taux d'expansion de l'univers est dÈcrit par une Èquation cosmologique de la situation. La solution de l'Èquation sur l'Ètat de l'Ènergie sombre est une des tÁches les plus urgentes des observations de la cosmologie contemporaine. L'insertion du modÕle constant dans le modÕle cosmologique standard (appelÈ Friedmann-Lemaitre-Robertson-Walker ou FLRW mÈtrique) a menÈ Þ l'apparition du modÕle contemporain de la cosmologie, connue comme le modÕle de Lambda-CDM (le modÕle de MatiÕre Sombre et Froide de lambda). Ce modÕle s'adapte trÕs bien aux observations cosmologiques existantes.
       - Et Joel Primack, que j'ai rencontrÈ en mai Þ la confÈrence de Harvard est l'un des fondateurs de cette thÈorie et son plus ardent dÈfenseur.
       - Je le connais, a dÈclarÈ Sussman, je l'ai rencontrÈ en IsraÊl. Lui et sa femme viennent juste de sortir un livre : La Vue du Centre de l'Univers, dans lequel ils entreprennent expliquer de faÃon accessible au grand public, les nouvelles thÈories cabalistiques et spirituelles de Primack.
       - Que dites-vous ! a ricanÈ Sussman, je connais Nancy, elle chante et c'est trÕs bonne accompagnatrice Þ la guitare !
       - Les cosmologistes essayent d'Ètudier l'histoire de l'univers d'un point de vue Èvolutionnaire. Observant les rÈgions les plus ÈloignÈes de l'univers d'oÛ la lumiÕre a voyagÈ voilÞ plus de dix milliards d'annÈes avant de nous atteindre, ils s'attendent Þ voir des galaxies se former. Cependant, comme c'est hors du champ profond de vision d'Hubble (Le tÈlescope orbital Hubble a ÈtÈ crÈÈ pour rÈvÈler les objets les plus ÈloignÈs de l'univers) on voit des galaxies plutÒt dÈjÞ grandes. Selon la thÈorie actuelle des univers s'Ètendant en commenÃant par un Big Bang, il n'y avait pas simplement assez de temps pour que de telles grandes galaxies puissent se former aprÕs une explosion initiale. Qu'arrivera-t-il si nous obtenons des images d'une plus haute rÈsolution, pÈnÈtrant plus loin dans le temps, et dans lesquelles nous dÈcouvrons d'autres galaxies encore plus gigantesques ?
       - En effet, admis Sussman pensivement et un peu amÕre, ce sera un grand problÕme. La cosmologie passe des temps durs. L'accÈlÈration nouvellement dÈcouverte de l'expansion de l'univers a dÈconcertÈ beaucoup de cosmologistes. Et ce n'est pas nÈcessairement un mal pour la cosmologie. Au contraire, il la rend plus intÈressante. Ce n'est pas assez que l'univers Ètend, mais cette dilatation s'accÈlÕre. La question de la taille et le souci constant de beaucoup d'universitaires. Pour beaucoup de physiciens important, c'est la question numÈro un !
       - L'explication anthropique de ce paramÕtre qu'est la taille cosmologique est que toutes les tailles sont possibles et permises dans le multivers (l'ensemble de tous les univers), mais la vie ne peut arriver que quand il y a des chutes cosmologiques constantes dans une trÕs petite gamme. (Cela va sans dire que c'est le cas de notre univers.) Puisque d'autres univers ne nous sont pas accessibles, prouver cette explication est plutÒt difficile.
       - Bien, ai-je ajoutÈ, un certain Abraham Loeb, un des organisateurs de la confÈrence de Harvard que j'ai suivie en mai, pense qu'il est capable d'inventer une faÃon de mettre en œuvre un tel essai. Et voici l'idÈe principale : Si des systÕmes planÈtaires pouvaient se former Þ une valeur de z de 10 (la quantitÈ z indique le degrÈ de la dÈrive infrarouge dans le spectre d'une galaxie et donc la distance de la galaxie par rapport Þ nous) alors cela signifie que des systÕmes planÈtaires pourraient se former dans des univers oÛ la cosmologique constante diffÕre de la nÒtre par un facteur de 1,000. S'il est possible de prouver que les planÕtes existent dans les systÕmes stellaires qui sont apparus avec de telles hautes valeurs factorielles, Loeb suppose donc que la thÈorie anthropique subira un sÈrieux coup. Bien sØr, observer l'Èvidence de l'existence d'une planÕte dont la valeur de z est 10 est actuellement impossible. Mais on peut en chercher dans de vieux systÕmes, par exemple dans des groupes globulaires et nÈbuleux de galaxies. Il est possible d'essayer de le faire avec l'aide de microlÈsions, par exemple.
       þ mon avis, cette approche, mÉme si des planÕtes sont dÈtectÈes, ne peut pas sÈrieusement renverser les rangs de ceux qui soutiennent l'explication anthropique. D'abord, comme Lakatos l'a parfaitement Ècrit, il n'est pas facile d'abattre un programme de recherche entier. DeuxiÕmement, la conclusion de Loeb sur la diminution Þ 0.1% de la probabilitÈ d'une explication anthropique, si l'on dÈcouvre des planÕtes, est basÈe sur un nombre de suppositions qui ne peuvent pas Étre vraies. La prÈsence de planÕtes n'implique pas la prÈsence de vie. En outre, il faut Èvaluer le nombre de civilisations et la longueur moyenne de leur existence.
       Nous avons fini de dÈjeuner et sommes retournÈs Þ la salle de confÈrence. J'ai ÈtÈ trÕs impressionnÈ par la prÈsentation de Chris Impey, un professeur Ètudiant des quasars Þ l'Observatoire de Steward de l'UniversitÈ de l'Arizona, et qui fut un merveilleux orateur en choisissant d'utiliser un microphone, ce qui a immÈdiatement captÈ l'attention de tous. Chris et son groupe avaient fait des mesures gÈomÈtriques de l'Ènergie sombre en utilisant l'essai d'Alcock-Paczynski et les Èmissions de quasars comme sources de donnÈes. Quand la prÈsentation fut terminÈe, je suis montÈ voir Chris, et aprÕs l'expression de mon admiration et de mon respect, je lui ai demandÈ de clarifier un des points dans sa prÈsentation. Ses yeux se sont allumÈs et il m'a tout expliquÈ de nouveau.
       Les gÈnies et des idiots regardent et se comportent de maniÕre identique. Cette idÈe nous est venue par l'observation des cosmologistes. Comment pouvez-vous voir la diffÈrence sans fouiller dans l'essence mÉme des questions qu'ils discutent ? Donc, le peuple compte sur les autoritÈs scientifiques et l'opinion publique. La conscience collective de l'humanitÈ est rÈvÈlÈe Þ l'avis public. De mÉme qu'un individu se dÈveloppe, fait des erreurs et se dÈgrade, c'est donc ce qui forme la conscience collective. OÛ est la sortie ? Comment faire d'une dÈcouverte une mesure universelle avec laquelle on pourra mesurer la vÈritÈ ?
       La transmission d'informations visuelle est incomparablement plus efficace que la communication orale. Un aphorisme : "mieux vaut voir une fois qu'entendre cent fois". En notre temps, l'inutilisation de mÈthodes visuelles dans l'enseignement est insensÈe. L'enseignement, comme n'importe quelle transmission d'informations, doit Étre soutenu, quand c'est possible, par des images visuelles. Cependant, le problÕme avec l'enseignement visuel, c'est qu'il peut provoquer un manque d'innovation : une fois qu'une image visuelle est apprise, il est difficile de s'en dÈfaire, le cerveau devient hermÈtique aux nouveaux concepts, la crÈation peut Étre ralentie. Par exemple, pendant le cours, lors des instants oÛ nous avions l'ÈlectricitÈ, les diapositives Ètaient prÈsentÈes et les idÈes Ètaient au moins partiellement comprÈhensibles. Mais sitÒt que le cosmologiste a ÈtÈ obligÈ de commuter aux discussions orales, c'Ètait pittoresque - rien n'Ètait comprÈhensible.
       Une personne doit absolument Étre dans un environnement affable pour penser et exprimer efficacement ses idÈes. De certains individus cherchent la gloire d'arguments gagnants. Cependant le dialogue amical et respectueux, quand une personne n'a pas peur de dire quelque chose d'idiot, est la forme la plus productive d'Èchanges intellectuels. On dÈcouvre la vÈritÈ - si elle existe - suite Þ une pensÈe collective sous forme de dialogue platonique.
       Qu'est-ce qui est plus important pour la sociÈtÈ, quelques penseurs brillants ou l'ÈlÈvation du niveau gÈnÈral de la pensÈe ? Dans le premier cas l'accomplissement rapide et brillant est possible dans n'importe quel secteur de la science ou de l'humanitÈ. Dans le deuxiÕme cas, des conditions amicales et un enseignement gÈnÈral efficace fondent la base d'une percÈe massive dans deux ou trois gÈnÈrations. Mais dans la sociÈtÈ contemporaine, il est impossible d'Étre sØr qu'un investissement Þ long terme n'Èchouera pas par une interfÈrence hostile de l'intÈrieur, ou par des mouvements rÈvolutionnaires dans la sociÈtÈ. La plupart des nations prennent le premier chemin, ne se rÈsolvant pas Þ faire des investissements Þ long terme et choisissant au lieu de cela des candidats aux sciences sur une base strictement compÈtitive. Le poids des buts scientifiques et sociaux Ètablis Ècrase les gens choisis pour leur grande intelligence. Leur rÈcompense pour leurs rÈalisations est la nÈvrose et des problÕmes semblables. La seule Èvasion de cette situation est la poursuite de cette science - autrement dit, celle qui les a ÈcrasÈs en premier lieu. C'est un cycle infini. Il ressemble Þ la multiplication d'une mule, qui en plus du travail n'est pas capable d'autres activitÈs et pour qui le travail constitue la signification de son existence. Il y a des pressions sociales affectant des individus : le sarclage du processus, qui oblige finalement le moins capable Þ cÈder, et l'appropriation rigide de l'expert pour les buts de la sociÈtÈ. Un gÈnie capable de rÈsister Þ ces pressions est une occurrence rare. Le progrÕs arriverait plus efficacement si la sociÈtÈ adoptait la deuxiÕme approche de l'enseignement. Combien serait grande la contribution que les gens cultivÈs pourraient produire et combien brillants seraient les Ètudiants installÈs dans le monde universitaire, si seulement ils avaient possÈdÈ une vie normale et un psychisme sain ! Le systÕme d'aujourd'hui de l'enseignement supÈrieur rappelle un traitement du bois de construction. Les rondins sont divisÈs, taillÈs et sciÈ pour produire quelques cure-dents, mais la masse Ècrasante du bois de charpente est dÈtournÈe pour devenir de la sciure de bois.
       La science-fiction ÈlaborÈe au 21Õme siÕcle meurt parce que ceux qui sont prÈdisposÈs Þ l'aimer migrent vers des sciences oÛ la simulation informatique leur permet d'exercer leur imagination beaucoup plus que dans un roman fantaisiste. La prÈsentation de la nature membraneuse de l'univers a provoquÈ une discussion sur la densitÈ et la tempÈrature de cette membrane hypothÈtique, ce qui Ètait beaucoup plus palpitante que les puits de "la Guerre des Mondes". On considÕre la simulation ou la science-fiction lÈgitimÈe plus prestigieuse que l'observation, quoique vraiment, l'opposÈ peut Ègalement Étre vrai. Il est entiÕrement possible que "des modeleurs" contemporains prennent leur inspiration d'Einstein. D'abord il a formulÈ sa thÈorie et ensuite il l'a prouvÈ expÈrimentalement. Et maintenant chacun essaye de revendiquer autant de thÈories concevables dans l'Ècriture - plausible autant que possible ! - parce que la portÈe de la thÈorie citÈe est extrÉmement large.
       Le jour suivant, tous les participants Þ la confÈrence sont partis pour une excursion de groupe Þ Trinidad, une ville situÈe sur la Mer des CaraÎbes, Þ environ deux heures et demie de Santa Clara.
       En 1514, Diego VelÀzquez a fondÈ cette ville sur les riviÕres Agabama et Jayoba, qui Ètaient Þ ce moment-lÞ toujours prospectÈes pour l'or. Dans les premiÕres annÈes de Trinidad, les rÈsidants ont gagnÈ leur vie grÁce Þ la contrebande. Ils Ètaient souvent attaquÈs par des pirates. Cependant, au 18Õme siÕcle ils ont cherchÈ Þ lÈgaliser leurs activitÈs (Þ grand renfort de main-d'œuvre) puisant la richesse dans la canne Þ sucre en forte croissance. Plus les prix du sucre montaient, plus Trinidad s'enfonÃait dans Áge d'or. Cependant quand la Havane et Cienfuegos sont devenus les noyaux incontournables du commerce au moment oÛ l'abolition de l'esclavage pointait son nez, Trinidad a perdu son influence aussi rapidement qu'il l'avait gagnÈe. Mais suite Þ ce dÈclin, l'architecture coloniale a ÈtÈ prÈservÈe pour nous permettre d'aimer cette ville encore aujourd'hui.
       Le plus effrayant, et je dirais mÉme l'ÈlÈment insidieux de cette architecture, Ètait une route pavÈe faite de pierres rondes et lisses qui semblait avoir ÈtÈ creusÈes d'un streambed( ?). Chaque fois que nous marchions le long de cette route nous risquions de nous tordre une cheville !
       Pendant notre promenade, nous avons perdu notre route sous le haut soleil d'un aprÕs-midi roussissant et avons dÈcidÈ de nous reposer Þ l'ombre sur un parapet de l'Èglise. þ ce moment, des figures de pirates se sont matÈrialisÈes dans cette atmosphÕre Ètouffante, chaude et humide. Il m'a semblÈ que je dÈlirais, mais ma femme a confirmÈ mes hallucinations. Il s'est avÈrÈ que les Cubains Ètaient en plein tournage d'un film sur la place de l'Èglise.
       Nous sommes restÈs assis sur le parapet tandis que le reste du groupe nous a largement dÈpassÈs. AprÕs un moment nous nous sommes levÈs pour les suivre. þ peine avais-je tournÈ le dos, ma femme est tombÈe et s'est tordu sa cheville. C'Ètait une trÕs mauvaise entorse, son pied a immÈdiatement commencÈ Þ gonfler, pareil que s'il avait ÈtÈ fait de pÁte Þ papier mouillÈe.
       Ma femme ne pouvait pas mettre son pied Þ terre et notre groupe avait dÈjÞ disparu. Je l'ai laissÈe en compagnie d'un chien galeux et rÁlant et j'ai couru pour rattraper le groupe. þ ce moment-lÞ, le policier cubain qui avait organisÈ le cordon de sÈcuritÈ pour le tournage m'a arrÉtÈ. Il n'a pas semblÈ vouloir me libÈrer, et ce n'est qu'aprÕs quelques nombreuses palabres qu'il m'a laissÈ passer. J'ai contournÈ deux fois le centre ville avant de pouvoir retrouver notre groupe de cosmologistes fainÈantant, indolemment installÈs dans un bar voisin. J'ai gaiement informÈ le leader du groupe que ma femme s'Ètait tordu la cheville. Il a aussitÒt demandÈ s'il y avait un docteur parmi les prÈsents. Une femme plutÒt belle portant des boucles d'oreille s'est portÈe volontaire. Il s'est avÈrÈ qu'elle Ètait docteur et qu'elle travaillait dans le bar d'une salle de concert parce que la paie Ètait plus importante.
       Et alors mon groupe de camarades cubains et moi avons repris la marche pour retrouver mon Èpouse. þ la premiÕre intersection, nous avons ÈtÈ arrÉtÈs par un policier du cordon de sÈcuritÈ. Les explications de notre leader du groupe n'ont malheureusement pas aidÈ notre situation : il ne voulait pas nous laisser passer. J'ai fait un signe Þ mes camarades cubains, blaguant au passage sur notre amigo. Ayant exÈcutÈ prÈcÈdemment mes manœuvres plusieurs fois autour du centre de ville dans la recherche du groupe de cosmologistes, j'avais repÈrÈ un passage par une allÈe dÈtournÈe qui nous mÕnerait au plus proche de l'Èglise.
       Malheureusement, sur ce chemin aussi, nous nous sommes heurtÈs Þ un nouveau policier. Le docteur a commencÈ Þ crier des slogans antirÈvolutionnaires (de ce que je pourrais comprendre de son espagnol) et le policier s'est mis Þ l'accuser d'un comportement effrontÈ en prÈsence d'Ètrangers. Il a reculÈ plus bas dans la rue et s'est mis Þ crier qu'il avait honte pour Cuba. Les yeux peu amicaux du policier nous inspectaient tour Þ tour. J'ai pensÈ que nous allions Étre tous arrÉtÈs pour des activitÈs antisoviÈtiques.
       Heureusement, nous avons pu le calmer et nous avons rÈussi Þ rejoindre ma femme que nous avons trouvÈe pleurant sur le parapet Þ cÒtÈ du chien qui respirait Þ grand peine.
       Tout autour, les pirates ont continuÈ Þ se battre et s'entretuer avec les soldats, toujours parÈs des uniformes du 18Õme siÕcle. C'Ètait complÕtement surrÈaliste. BientÒt nous avons ÈtÈ rejoints par une ambulance et emportÈs vers la Clinique Internationale oÛ ma femme a pu faire une radio.
       Il s'est avÈrÈ qu'aucun os n'Ètait cassÈ et ma femme s'est est sortie avec une attelle et un emplÁtre sur la cheville. C'est d'ailleurs en ambulance que nous sommes retournÈs Þ Santa Clara. Le conducteur avait un niveau d'anglais qui l'empÉchait de comprendre mes plaisanteries, mais j'Ètais heureux pour l'occasion de pouvoir pratiquer mon espagnol avec lui pendant la route vers l'hÒtel.
       Le lendemain matin, ma femme s'est levÈe et, m'utilisant comme l'appui, elle a sautillÈ jusqu'Þ la salle de bains. C'est alors qu'Þ ma grande frayeur, tandis qu'elle se penchait sur moi elle a fait dÈboÍter mon articulation du genou goutteux. J'ai commencÈ Þ boiter Þ mon tour, et malheureusement nous ne pouvions mÉme plus compter l'un sur l'autre pour s'entraider Þ marcher.
       Malheureusement, nous n'Ètions pas capables de trouver des bÈquilles Þ Cuba. J'ai essayÈ de suborner un agent hospitalier qui connaissait une infirmiÕre Þ l'hÒpital. L'idÈe Ètait d'essayer de voler des bÈquilles d'un invalide. Cependant, l'invalide cubain s'est rÈvÈlÈ capable de parer l'infirmiÕre avec ces bÈquilles et nous n'avons rien pu obtenir. C'est ainsi que ma femme qui s'Ètait envolÈe avec moi deux jours plus tÒt s'est retrouvÈe aussi mal en point que moi sur l'Íle de la libertÈ.
       þ la maison nous avons retrouvÈ nos enfants qui ne semblaient pas surpris de voir leurs deux parents ÈclopÈs.
       - Nous vous avions dit de ne pas faire les imbÈciles avec ces cosmologistes ! ont-ils ricanÈ, nous savions qu'ils vous auraient finalement Þ la dure si vous foutiez vos nez dans leurs affaires.
       J'ai placÈ les [2] [3] [4] lÞ oÛ on parlait des mots pour la premiÕre fois, mais je ne sais pas oÛ placer le [1]
       [1] DeuxiÕme Atelier International sur Gravitation et Cosmologie, Las Villas UniversitÈ Centrale, Santa Clara, Cuba.
      

    Chapitre 4 -
    L'unicité de l'univers

       Apparemment, il n'est pas utile de prouver que la science de la cosmologie a le moindre effet sur la vie quotidienne d'un individu moyen. MÉme si elles semblent largement ÈloignÈes de nos prÈoccupations immÈdiates et nos banals soucis, les idÈes cosmologiques ont, pendant des siÕcles, jouÈ un rÒle essentiel dans l'Èlaboration des vues philosophiques, et elles ont donc fortement influencÈ les nombreux aspects de la vie religieuse et politique.
       La cosmologie en tant que science, se limite Þ l'Ètude de l'univers dans son ensemble, son contenu, sa structure et son Èvolution. Les croyances cosmologiques sont fondÈes sur des conclusions tirÈes d'observations astronomiques et des modÕles mathÈmatiques, mais elles continuent d'influencer sensiblement les mÈdias et d'accroÍtre l'intÈrÉt du public.
       L'Ètude de la cosmologie a changÈ Þ partir d'une tentative spÈculative de mathÈmatisation scientifique faisant partie d'une norme moderne de la thÈorie physique, elle-mÉme soutenu par une multitude d'observations. NÈanmoins, certaines propositions thÈoriques adoptÈes pour les tout premiers stades de l'univers n'ont pas l'appui d'observations concrÕtes, et il est fort probable qu'on ne les obtiendra jamais. Ainsi, Þ certains Ègards, elles restent en principe axÈes sur l'observation et des tentatives de subordination thÈorique. Ce qui signifie que les bases de cette science sont par nature soumises Þ un certain degrÈ de spÈculation.
       Nous allons entreprendre un voyage Þ couper le souffle dans les mÉmes racines de la philosophie cosmologique pour Èvaluer rigoureusement ce degrÈ de spÈculation. Cela nous permettra de tenter d'Ètablir les limites suprÉmes de la connaissance humaine pour se forger une vue sobre de ce que, exactement, nous pouvons ou ne pas connaÍtre.
       Nous espÈrons que notre effort fera fi des accusations possibles dans l'agnosticisme et que nous tiendrons la distance par rapport Þ la dÈclaration cÈlÕbre de Socrate : "je sais que je ne connais rien", en essayant d'Èvaluer les vraies limites de notre connaissance, en apprÈciant le progrÕs Ènorme de la science qui a eu lieu depuis l'avÕnement de ce grand penseur grec.
       La premiÕre difficultÈ que la philosophie de la cosmologie rencontre est l'unicitÈ de l'univers. La dÈduction la plus fondamentale est qu'il n'y a vÈritablement qu'un seul univers. Cette unicitÈ essentielle comme objet d'Ètude met la cosmologie en apartÈ de toutes les autres sciences. ParticuliÕrement, les conditions initiales uniques qui ont menÈ Þ l'Ètat actuel de l'univers, et que nous avons l'honneur d'observer, ont aujourd'hui ÈtÈ d'une faÃon ou d'une autre paramÈtrÈes au moment oÛ des lois physiques que nous connaissons ont commencÈ Þ orienter l'Èvolution tant de l'univers que de son contenu. Nous ne sommes pas capables de changer ces conditions initiales uniques de n'importe quelle faÃon. On nous les prÈsente comme absolues et immuables.
       Une des implications majeures de cela, c'est que l'univers lui-mÉme ne peut pas Étre soumis Þ l'expÈrimentation physique. èvidemment nous ne pouvons pas rÈactiver de nouveau l'univers depuis son dÈbut avec ou non des conditions changÈes pour voir ce qui arriverait si elles Ètaient diffÈrentes. Nous ne pouvons donc pas effectuer des expÈriences scientifiques sur l'objet principal de notre Ètude, l'univers lui-mÉme. En outre, en raison de son unicitÈ l'univers ne peut pas Étre concrÕtement comparÈ avec d'autres univers.
       Par exemple, les lois de l'hÈrÈditÈ qui reprÈsente la fondation de la gÈnÈtique moderne, tirÈe par Gregor Mendel, lors des essais utiles sur plus de 28,000 plants de petits pois. Ses expÈriences n'auraient pas ÈtÈ rÈalisables s'il avait examinÈ un seul petits pois.
       Malheureusement, comme si n'ayant qu'un petit pois, nous n'avons qu'un seul univers pour Ètudier et, de plus, un univers que nous pouvons observer seulement partiellement. Parce que nous ne pouvons pas comparer notre univers avec d'autres univers, nous sommes considÈrablement limitÈs dans notre capacitÈ Þ tirer des lois qui s'appliqueraient Þ des groupes entiers d'objets dont nous ne sommes pas mÉme sØrs qu'ils existent.
       Cet exemple peut illustrer l'Ètrange pensÈe que le concept des " Lois Physiques " ne s'appliquant qu'Þ un seul objet est hasardeux. Nous ne pouvons scientifiquement pas Ètablir des lois de l'univers qui s'appliqueraient Þ la classe de tous les objets, car nous ne pouvons pas Èvaluer de loi proposÈe, sauf en termes de compatibilitÈ avec un objet. En effet le concept d'une loi unique devient problÈmatique quand il n'y seulement qu'un objet Þ Ètudier. L'idÈe de base d'une loi physique s'applique Þ un groupe d'objets, dont les caractÈristiques sont Èquivalentes malgrÈ quelques variations Èventuelles. Ces variations rÈsultent de conditions initiales diffÈrentes par rapport Þ des systÕmes sur lesquels la loi agit. Des expÈriences scientifiques nous permettent de varier les conditions initiales des systÕmes que nous voulons Èvaluer. Cela est impossible dans le cas de la cosmologie parce que nous ne pouvons pas passer de nouveau l'univers dans un laboratoire.
       Nous pouvons localement observer les lois de la physique, et nous pouvons confirmer qu'elles ont le mÉme impact sur une petite Èchelle partout dans l'univers, mais nous avons des difficultÈs Þ les extrapoler sur un niveau plus ÈlevÈ de la hiÈrarchie organisationnelle de l'univers. Par exemple, les lois de la gravitÈ de Newton fonctionnent parfaitement au niveau de notre systÕme solaire, mais elles ne peuvent pas s'appliquer avec le mÉme degrÈ sur les vitesses orbitales des Ètoiles que nous examinons dans la pÈriphÈrie de la galaxie, et qui se sont avÈrÈ plus ÈlevÈes que prÈvu, ou le comportement des galaxies dans les groupes alors que leur masse visible devrait les empÉcher de rester ensemble, ou bien d'autres exemples... MÉme la cosmologie moderne explique cela par la prÈsence d'une masse manquante appelÈe " matiÕre noire " (ou " matiÕre sombre ") dans les galaxies, et qui sont des thÈories alternatives pouvant bouleverser les lois de la gravitÈ de Newton (MOND) et qui dÈfient de temps Þ autre les rÈflexions sur la cosmologie, bouleversant tous les tenants et les aboutissants du model " Lambda Cold Dark Matter " qui est gÈnÈralement en accord avec les phÈnomÕnes observÈs.
       þ un niveau supÈrieur, les lois de la gravitÈ ne peuvent pas s'expliquer par l'expansion de l'univers, mÉme s'il est en phase d'accÈlÈration dans son mouvement. Il y a donc besoin d'une nouvelle loi qui pourrait expliquer et dÈcrire l'Ènergie manquante responsable de cette expansion, appelÈe 'Ènergie noire' (ou l'Ènergie sombre) et qui pourrait prendre la forme de la constante cosmologique ou de la quintessence. Malheureusement, ces nouvelles lois qui pourraient fournir des explications raisonnables ne peuvent pas Étre vÈrifiÈes car nous ne pouvons pas les observer sur un autre objet que notre univers lui-mÉme.
       En raison de la restriction d'une conclusion globale Þ un environnement local, nous pouvons employer comme solution l'hypothÕse que nous avons une multitude de "mini-univers" sur lesquels nous pouvons tester les lois qui contrÒlent la nature locale de l'univers. Certes, un mini-univers n'est pas l'univers lui-mÉme, ce n'est qu'une petite partie de l'ensemble. Mais comparant ces "mini-univers" pour voir s'ils sont fonciÕrement les mÉmes, nous pouvons, dans une certaine mesure, vÈrifier que les lois de la physique sont les mÉmes partout dans l'univers (une caractÈristique essentielle de toutes les analyses cosmologiques), et ensuite, que l'univers est pratiquement le mÉme dans tous les domaines et directions. Mais cette derniÕre caractÈristique est ce qui doit Étre expliquÈ par une " loi de l'univers ". La vÈrification de l'homogÈnÈitÈ n'explique pas pourquoi cette propriÈtÈ existe.
       Finalement, ce concept de probabilitÈ est problÈmatique dans le contexte de l'existence d'un seul objet. Les problÕmes sont encore plus grands quand on applique cette idÈe Þ la cosmologie dans sont ensemble, mais le concept de la probabilitÈ innove une bonne partie de l'argumentaire de la cosmologie moderne.
       Par exemple, nous parlons d'une trÕs faible probabilitÈ de pouvoir les observer avec un " rÈglage fin ", pourtant, toutes les constantes physiques ont de telles valeurs prÈcises qui leur permettent de crÈer non seulement des conditions de vie, mais aussi de former des atomes. Si les constantes Ètaient diffÈrentes, les atomes ne se seraient jamais formÈs, les Ètoiles ne brilleraient pas, la synthÕse thermonuclÈaire ne serait pas possible et la diversitÈ des ÈlÈments chimiques qui soutient la vie n'aurait jamais ÈmergÈ.
       Cela suppose que les choses auraient pu Étre diffÈrentes et que nous pouvons envisager comme probables le jeu des possibilitÈs qui ne deviendront jamais une rÈalitÈ astronomique. Le but ici est de vous expliquer comment elles auraient pu Étre diffÈrentes malgrÈ des objectifs clairement dÈfinis, et les probabilitÈs assignÈes aux diffÈrents scÈnarii thÈoriques s'il y a bien un seul univers avec un jeu unique de conditions initiales.
       Nous ne pouvons pas Ètablir scientifiquement des lois de crÈation de l'univers qui pourraient dÈterminer diffÈrentes conditions initiales rÈsultant de probabilitÈs. Tout d'abord, il est habituel de distinguer entre les expÈriences scientifiques, la physique, la chimie, la microbiologie, par exemple dans une main, et l'histoire, la gÈographie, l'astronomie, la gÈologie et la thÈorie de l'Èvolution dans l'autre main.
       C'est l'expÈrimentation scientifique qui monopolise les discussions sur les mÈthodes scientifiques. La comprÈhension dans ces cas est ce que nous observons et expÈrimentons dans une classe identique ou presque d'objets pour Ètablir leur comportement. Le problÕme rÈside alors juste dans la diffÈrence de ces objets. Les Quarks, les protons ou les Èlectrons sont tous identiques et ont le mÉme comportement entre eux (en effet, c'est vraiment ÈprouvÈ dans les statistiques quantiques). Les molÈcules ADN, les grenouilles, les Étres humains et les ÈcosystÕmes sont quelque part diffÈrentes les unes des autres, mais assez similaires nÈanmoins pour que les grandes lois leur soient appliquÈes ; si ce n'Ètait pas le cas, nous aurions tort de prÈtendre qu'ils appartiennent Þ la mÉme classe d'objets. Les molÈcules d'eau, les gaz, les solides et les liquides sont dans une catÈgorie intermÈdiaire : presque identiques et certainement dÈcrits avec fiabilitÈ par les lois de la physique et de la chimie.
       En ce qui concerne les sciences gÈographiques et historiques, les Ètudes dÈterminent uniquement les objets qui sont uniques, comme le Rio Grande, l'Antarctique, le systÕme solaire, la galaxie d'AndromÕde, etc..., ou des ÈvÈnements qui ne se sont produits qu'une seule fois, comme l'origine du systÕme solaire, l'Èvolution de la vie sur Terre ou l'explosion d'une supernova, etc... A cause de leur unicitÈ, nous pouvons seulement observer plutÒt qu'expÈrimenter, car les conditions qui ont conduit Þ ces objets uniques ne peuvent plus Étre altÈrÈes ou modifiÈes. NÈanmoins, en principe, il existe une classe d'objets similaires, comme les autres riviÕres, continents, systÕmes planÈtaires et autres galaxies etc..., ou des ÈvÈnements similaires comme l'origine des autres galaxies, l'Èvolution des autres systÕmes solaires, l'explosions des autres supernova, etc..., que nous pouvons observer et comparer avec notre exemple spÈcifique, et procÈder Þ des analyses statistiques dans diffÈrents cas pour dÈterminer des modÕles sous-jacents de la rÈgularitÈ. En cela, ces rubriques diffÕrent de la cosmologie.
       Si nous ne pouvons pas rÈellement procÈder Þ une analyse, alors ces sujets posent une question lÈgitime sur la nature de la cosmologie. On peut affirmer que la ligne de sÈparation, c'est que si nous sommes convaincus que certains grands phÈnomÕnes physiques ne se produisent qu'une seule fois dans l'univers, cela doit faire partie de la cosmologie, alors que si nous sommes convaincus du contraire, (nombreuses fois et diffÈrents endroits, y compris si nous ne pouvons pas y accÈder pour observer, comme les autres galaxies et systÕmes planÈtaires) cela entre dans un domaine diffÈrent de la cosmologie, prÈcisÈment parce que qu'une partie peut Étre ÈtudiÈe.
       Certains scientifiques ont essayÈ de tourner autour de cette sorte de problÕmes en dÈniant l'unicitÈ de l'univers. C'est possible en proposant l'existence physique de plusieurs univers dans lesquels les concepts de probabilitÈ peuvent Étre envisagÈs et correctement appliquÈs, aussi largement que possible, dans des rÈgions sÈparÈes de ces univers avec des propriÈtÈs trÕs diffÈrentes (comme l'inflation chaotique par exemple), ou dans un ensemble d'univers complÕtement et physiquement dÈconnectÈs entre eux.
       Jusqu'Þ prÈsent, il n'y a pas de preuve que les "autres univers" puissent exister et nous devons nous en tenir Þ la dÈclaration que l'univers dans lequel nous vivons est unique, du moins, de notre point de vue, et nous avons besoin de faire face aux implications philosophiques d'une telle approche.


    Chapitre 5 -
    La grande échelle de l'Univers dans l'espace et le temps

       Les problÕmes qui dÈcoulent de la singularitÈ de l'univers sont aggravÈs par sa grande Èchelle Þ la fois dans l'espace et le temps, ce qui pose de graves problÕmes pour la cosmologie observationnelle. Nous avons donc besoin d'introduire des principes diffÈrents, en plus des observations, en vue de dÈvelopper des modÕles de travail qui soutiendront les thÈories capables d'interprÈter les observations actuelles et de prÈdire l'avenir, tout comme les rÈsultats des futures observations avec un degrÈ raisonnable de prÈcision.
       Afin d'avoir une idÈe sur les observations Þ grande Èchelle de l'univers, nous allons examiner les distances qui nous prÈoccupent. Par exemple, AndromÕde, la plus proche grande galaxie, son Èloignement est tel que son image met environ deux millions d'annÈes Þ nous parvenir alors que la vitesse de la lumiÕre est de 300 000 Km par seconde, et ce serait pareil si nous Èmettions un signal lumineux trÕs puissant vers AndromÕde. Sachant que la taille actuelle de l'univers visible est environ cinq mille fois plus grande que la distance AndromÕde-Terre, on imagine trÕs bien les difficultÈs quant Þ notre capacitÈ Þ apprÈhender des rÈgions ÈloignÈe voire Þ expÈrimenter avec elles. þ cet Ègard, l'unicitÈ de la cosmologie, c'est qu'elle traite de cette Èchelle de valeur avec laquelle nous pouvons voir le plus de causalitÈ ou d'observation.
       Les observations astronomiques sont confinÈes dans le passÈ et s'estompent avec la distance.
       Nous pouvons effectivement seulement observer l'univers, considÈrÈ sur une Èchelle cosmologique dans un ÈvÈnement spatio-temporel en termes de lieu et de date. Les observations visuelles ne sont possibles que par rapport Þ notre passÈ, nous sommes donc de plus en plus plongÈ dans le passÈ quand nous observons sur de plus longues distances. L'incertitude croÍt avec la distance et le temps.
       D'autre part, la grande Èchelle de l'univers implique que l'on ne puisse effectivement le voir qu'Þ partir d'un autre espace-temps. Si nous tentions de nous Èloigner de cette position Þ une vitesse proche de la vitesse de la lumiÕre nous ne rÈussirions pas Þ quitter notre propre galaxie, et encore moins d'en atteindre une autre. Et si nous entamer une longue expÈrience astronomique en stockant les donnÈes de 20000 ans pour les analyser, nous constaterions que rien n'a changÈ puisque cette pÈriode reprÈsenterait quantitÈ nÈgligeable par rapport au vieillissement de 13,7 milliard d'annÈes supplÈmentaires dÈjÞ effectuÈes au moment de l'analyse. Tout cela est trÕs diffÈrent des autres analyses gÈographiques : Nous pouvons voyager partout sur la Terre pour voir ce qu'il a ici ou lÞ en temps rÈel. La situation serait bien diffÈrente si l'univers Ètait plus petit. Compte tenu de son ampleur rÈelle, c'est comme si nous tentions d'observer la Terre depuis le sommet d'une montagne pour en dÈduire ce qui se passe de l'autre cÒtÈ de l'horizon dans les zones invisibles.
       Nous ne pouvons constater l'univers que par le biais de particules et de rayonnements ÈlectromagnÈtiques venant vers nous Þ la vitesse de la lumiÕre et nous pouvons effectuer des observations astronomiques de sources lointaines via le rayonnement de fond par des tÈlescopes opÈrant dans toutes les longueurs d'ondes (optique, infrarouge, ultraviolet, radio, les rayons X ou les rayons Gamma), mais elles sont toutes circonscrites dans notre passÈ. Ces observations de la matiÕre sont dÈtaillÈes et prÈcises (y compris des images visuelles, les donnÈes spectrales, la polarisation et les mesures). Nous pouvons dÈsormais nous appuyer sur de nouvelles techniques comme les neutrinos et les tÈlescope Þ ondes gravitationnelles, et peut-Étre une sorte de rayon cosmique qui prÈsenterait des informations en arrivant vers nous Þ la vitesse de la lumiÕre ou une vitesse infÈrieure. Mais toujours confinÈs dans notre passÈ.
       En consÈquence, nous rencontrons les problÕmes suivants dans l'interprÈtation des observations astronomiques :
       Tout d'abord, parce que nous ne pouvons pas encore nous dÈplacer sur des distances considÈrables depuis la Terre, et donc dans l'incapacitÈ de changer notre point d'observation de l'univers, nous ne voyons les images du ciel qu'en deux dimensions, ce qui nous donne une vue et des informations partielles sur la matiÕre tridimensionnelle qui compose l'univers. De nombreuses Ètoiles qui semblent proches les unes des autres sont en rÈalitÈ probablement sÈparÈes par de grandes distances dans l'axe de la profondeur. Les constellations qui nous prÈsentent une image d'amoncellement d'Ètoiles d'une mÉme structure n'ont peut-Étre rien Þ voir entre elles, chose que nous aurions pu apprÈhender qu'en trois dimensions et une image beaucoup moins plate. Regardons par exemple la constellation de la Petite Ourse :

       La cÈlÕbre Ètoile Polaire qui nous montre la direction du pÒle Nord, est Þ sÈparÈe de nous de 432 annÈes-lumiÕre, tandis que l'Ètoile Delta, la suivante de cette constellation de la Petite Ourse, est Þ 183 annÈes-lumiÕre, ce qui la rend deux fois plus proche que l'Ètoile Polaire. Alors pourquoi cette Ètoile plus proche nous apparait moins lumineuse que l'Ètoile Polaire ? La raison c'est que Delta est une Ètoile Þ sÈquence principale (comme notre soleil), tandis que l'Ètoile Polaire est gÈante. Le ciel n'est en rÈalitÈ jamais ce qu'il nous semble !
       Il est Èvident que nous avons besoin de mÈthodes fiables pour mesurer les distances pour obtenir la vÈritable image de l'Univers. MÉme si nous avons rÈussi Þ nous approcher de la vÈritÈ grÁce Þ diffÈrentes mÈthodes comme "les chandelles standardisÈes", aucune mÈthode de mesure n'est pas tout Þ fait fiable. Les distances sont mesurÈes avec une prÈcision de 50% ; c'est comme si on vous disait que la prochaine station d'essence est distancÈe de 50 ou 100 kilomÕtres. Eh bien, c'est une grosse diffÈrence, mÉme Èchelle de la planÕte ! Les erreurs possibles peuvent atteindre quelques milliers d'annÈes-lumiÕre. Et il existe de nombreuses Ètoiles dont la distance nous est inconnue.
       Le second problÕme dans l'interprÈtation des observations astronomiques, c'est que nous ne pouvons voir les galaxies lointaines qu'au moment de leur jeune histoire. Ce qui nous empÉche de connaitre leur Èvolution actuelle sachant que les Ètoiles que nous observons au mÉme moment ne sont pas placÈes dans le mÉme espace spatio-temporel. Pourrions-nous dÈterminer la gÈographie actuelle du continent africain rien qu'en Ètudiant son Ètat Þ l'Èpoque des dinosaures ? En extrapolant mÉme plus loin, c'est comme si nous fabriquions un film virtuel en me faisant chanter avec Elvis lors d'une bataille de la guerre de 100 ans ! Un homme du futur qui regarderait ce film serait induit en erreur en pensant que ces trois ÈvÈnements se sont dÈroulÈs au mÉme endroit et en mÉme temps.
       Cela procure quelques avantages de faire de la cosmologie une unique science gÈographique et historique, mais cela procure Ègalement bien des dÈsavantages, car en regardant l'apparence du passÈ d'un objet, nous devons imaginer et deviner son Èvolution pour dÈterminer les caractÈristiques qui le composent. Et en pratique, c'est bien plus compliquÈ qu'il n'y paraÍt.
       Le troisiÕme problÕme se pose lorsque nous sommes confrontÈs au fait que les sources ÈloignÈes semblent trÕs petites et lÈgÕres, Þ la fois en raison de leur Èloignement gÈographique mais aussi Þ cause de leur fort rayonnement infrarouge, ce qui crÈe un dÈcalage (comme le suggÕrent les penseurs cosmologues en raison de l'expansion de l'univers).
       Il est trÕs difficile de dÈtecter la lumiÕre qui franchit une grande distance et d'en dÈterminer les caractÈristiques si celle-ci est dÈcalÈe et modifiÈe. D'autant plus que cette lumiÕre peut Étre en partie absorbÈe par des matiÕres et des objets parasites qui l'interfÕrent tout au long de son trajet. Et plus on regarde loin, plus les problÕmes sont amplifiÈs. Par consÈquent, la certitude de notre connaissance de l'Univers diminue rapidement avec la distance.
       Une solution Þ ces problÕmes provient de la disponibilitÈ des Ètudes gÈologiques, comme l'Ètat actuel des rochers, des planÕtes, des amas d'Ètoiles, des galaxies, voire des comÕtes et des mÈtÈorites qui contiennent beaucoup d'informations sur l'historique de ces objets. L'examen correct de ces donnÈes permet d'obtenir des informations dÈtaillÈes sur les conditions proches de notre monde et des mondes voisins en droite ligne d'un espace-temps perdu dans le passÈ.
       Cela constitue la base physique de la cosmologie, qui Ètudie l'Èvolution des structures dans l'univers, testÈ par comparaison avec des observations astronomiques.
       Nous avons aussi l'opportunitÈ de mesurer l'abondance des ÈlÈments dans notre rÈgion de l'espace et le confirmer dans des rÈgions lointaines, ce qui pourra nous servir Þ un certain niveau de notre comprÈhension de la nuclÈosynthÕse du Big Bang.
       Si nous pouvons obtenir des donnÈes de qualitÈ et adÈquates de cette sorte d'objet, nous pourrons les utiliser pour confirmer nos concepts trÕs tÒt dans leur histoire Þ certaines distances du passÈ de notre propre monde.
       L'un des plus grand challenge de la cosmologie, c'est de dÈterminer Þ grande Èchelle la gÈomÈtrie de l'univers.
       La maniÕre la plus Èvidente d'approcher ce problÕme, c'est d'essayer de dÈterminer la gÈomÈtrie de l'univers directement Þ partir d'observations (en admettant que l'observation des objets est suffisamment fiable). Cette approche est basÈe sur le ThÈorÕme de l'Observation de la Cosmologie, qui stipule que les donnÈes rÈcoltÈes des observations sont assez fiables et suffisantes pour dÈterminer la gÈomÈtrie de l'espace-temps.
      

      
       MÉme si ces hypothÕses sont justes et les donnÈes suffisamment fiables pour dÈterminer la l'espace-temps et la gÈomÈtrie de cet ensemble, il est impossible d'observer la totalitÈ de l'univers, mais juste une infime partie du gigantesque ensemble dont les limites sont indÈterminables, d'autant plus que la notion d'accÈlÈration fausse nos perceptions et notre comprÈhensions, car cette accÈlÈration provoque qu'une partie de la lumiÕre n'atteindra jamais nos tÈlescopes.
       La taille de l'univers observable Þ augmentÈ de plus de mille fois lors des cent derniÕres annÈes grÁce Þ l'amÈlioration de nos instruments. Peut-Étre est-il alors prÈfÈrable d'attendre d'avoir des Èquipements plus perfectionnÈs avant de tirer des conclusions trop hÁtives au sujet de la gÈomÈtrie ? L'univers actuel nous apparait plat, ce qui ne sera peut-Étre pas le cas si sa taille augmente. De mÉme que d'un point de vue terrestre, la Terre nous paraÍt plate, mais vue de l'espace, elle nous apparait ronde.
       C'est une bonne question de savoir s'il est nÈcessaire de chercher dans ce domaine des donnÈes Þ tout prix suffisamment fiables pour obtenir des rÈsultats concluants ou s'il est prÈfÈrable de le laisser de cÒtÈ jusqu'Þ l'Èlaboration de nouvelles mÈthodes qui peuvent nous amener Þ reconsidÈrer les dÈveloppements thÈoriques. HÈlas, ce n'est pas l'approche de la science moderne. Combien de gens ont sacrifiÈ leur vie pour atteindre le pÒle Nord ou le pÒle Sud en une moitiÈ de siÕcle alors qu'il Ètait accessible par la voie des airs ? Le vol a ÈtÈ dÈveloppÈ pour des raisons indÈpendantes, puis pour rÈpondre aux besoins des gÈographes qui voulaient en savoir plus. Mais cela n'a pas bien marchÈ...
       Nous avons dÈjÞ mentionnÈ l'allÈgorie dÈcrivant un homme qui du haut de sa colline dans le dÈsert, sans possibilitÈ de voir les ocÈans, tentait d'apprÈhender et de tirer des conclusions sur l'ensemble du monde. Quoi qu'il en soit, Þ partir des donnÈes disponibles, il est en principe thÈoriquement possible de dÈterminer l'espace-temps d'une zone dÈtectÈe dans le passÈ et d'en dÈterminer son avenir s'il n'y a pas d'infogÈrance malencontreuse. Cependant dans la pratique, c'est difficile Þ rÈaliser Þ cause des distances multiples pour toutes les sources, et comme nous l'avons vu plus haut, Þ cause Ègalement des problÕmes de distorsion, de vitesse, d'expansion accÈlÈrÈes etc... Malheureusement, plus on observe le passÈ de cette lumiÕre venue d'ailleurs, plus on s'enfonce dans l'incertitude.
       Cette approche de l'observation directe, oÛ le modÕle de l'espace-temps est inexistant mais se devine, a ÈtÈ poursuivi dans une certaine mesure. En substance, cette approche sous-entend des Ètudes et une observation Þ grande Èchelle pour dÈcouvrir des structures telles que de grands murs et des vides significatifs.
       NÈanmoins, cela n'est pas largement adoptÈ comme une approche globale de la cosmologie, Þ la fois en raison des difficultÈs d'observation, et parce qu'il y a peu de valeurs explicatives. L'observation directe nous dÈmontre comment se prÈsente la matiÕre et quelle est sa forme gÈomÈtrique ou comment elle se rÈpartit, mais pas quelle est sa nature.
       Il est admis dans la cosmologie d'utiliser une approche fondÈe sur la thÈorie : Nous supposons, a priori, qu'il existe un modÕle fondÈ sur une gÈomÈtrie de l'espace-temps Þ haute symÈtrie pour ensuite dÈterminer les paramÕtres essentiels de la comparaison thÈorique des relations avec les autre observations astronomiques.
       Il est toujours utile de faire un lien entre les observations et les modÕles thÈoriques. Ces modÕles standards universels sont l'œuvre des familles Friedmann-Lemaitre (FL). Leurs mesures dÈcrivent une homogÈnÈitÈ et une isotropie de l'univers qui a la mÉme composition uniforme partout et indÈpendamment de la direction vers laquelle nous regardons. Ces modÕles sont faciles Þ comprendre et ils ont un bon pouvoir explicatif. En outre, les prÈdictions physiques de ces modÕles (l'existence du rayonnement micro-ondes cosmique de corps noirs et de la lumiÕre du dÈbut de l'univers) semblent se confirmer par les observations.
       Le problÕme, c'est dans quelle mesure les donnÈes rÈcoltÈes confirment ces modÕles de l'expansion de la gÈomÈtrie de l'univers ?
       Selon les observations astronomiques actuelles, la rÈgion observÈe de l'espace est presque isotrope de notre point de vue. C'est vrai en ce qui concerne la diffusion des galaxies Þ grande Èchelle, et c'est Ègalement vrai en ce qui concerne le rayonnement du fin fond cosmologique.
       En effet, un rayonnement de fond isotrope est dÈjÞ spectaculaire en soi, mais en rÈalitÈ une isotropie dument constatÈe rÈsulte de notre propre mouvement relatif dans l'espace par rapport au reste de l'univers. Le fait que sur une grande Èchelle cosmologique il n'y ait pas de grandes concentrations de matiÕre dans une rÈgion particuliÕre de l'univers observable signifie que la structure de l'espace-temps et la rÈpartition de la matiÕre est isotrope par rapport Þ nous.
       Cela nous permet de concevoir une sphÕre exactement symÈtrique des modÕles de l'univers qui seraient appuyÈs - ou du moins pas contredits - par les observations actuelles. En gÈnÈral, de tels modÕles seront spatialement hÈtÈrogÕne, avec notre galaxie situÈe dans ou prÕs du centre. Philosophiquement parlant, ce ne sera pas une thÈorie trÕs populaire, en raison des Èchecs passÈs de modÕles hÈliocentrique et gÈocentrique.
       NÈanmoins, c'est certainement possible, mais non probable.
       Dans le but de fournir des preuves convaincantes de l'observation spatiale sur l'homogÈnÈitÈ en plus de la symÈtrie sphÈrique, on peut employer divers arguments :
       L'un de ces arguments est un principe cosmologique : Une homogÈnÈitÈ spatiale est logique parce que c'est le cas le plus simple et qu'il n'est nul besoin de quelque chose de plus complexe, sur la base des observations actuelles. Nous pouvons simplement adopter un principe philosophique de base de l'argument. Il s'agit essentiellement a priori d'une prescription sur les conditions initiales de l'univers. Cela signifie que dans un premier temps un univers a une gÈomÈtrie isotopique et qu'il aura ensuite que plus tard cette gÈomÈtrie symÈtrique, parce que les symÈtries des donnÈes initiales sont gÈnÈralement prÈservÈes.
       Un autre argument est dØ aux observations de Friedmann-LemaÍtre (FL). Si l'on pouvait dÈmontrer que la source des relations observÈes avait une forme FL unique comme une fonction de la distance, cela crÈerait une homogÈnÈitÈ spatiale en plus de l'isotropie.
       Toutefois, l'observation des problÕmes mentionnÈs plus haut - en particulier que nous ne pouvons pas mesurer des distances avec assez de fiabilitÈ - ne nous permet pas de mener Þ bien cette notion. La cosmologie astrophysique pourrait en principe rÈsoudre le problÕme, mais elle est incapable de le faire dans la pratique.
       En face de cela, la procÈdure habituelle est de supposer que l'homogÈnÈitÈ spatiale est connue d'une autre maniÕre. Mais les tentatives pour prouver l'homogÈnÈitÈ spatiale ont ÈchouÈ. MÉme si l'interprÈtation alternative serait de dire que ces donnÈes rÈcoltÈe de l'observation sont la preuve de l'homogÈnÈitÈ spatiale, c'est-Þ-dire que nous vivons dans un univers sphÈrique et homogÕne, dans lequel nous sommes situÈs quelque part prÕs du centre, avec un dÈcalage accentuÈ vers le rouge cosmologique qui est en partie gravitationnel.
       De mÉme, les donnÈes sur une supernova vont gÈnÈralement en ce sens qu'elles impliquent l'existence d'une constante cosmologique. Cela pourrait Étre aussi interprÈtÈ comme une preuve d'inhomogÈnÈitÈ, sans la nÈcessitÈ d'une "Ènergie noire". La plupart des cosmologistes considÕrent ces propositions comme trÕs dÈsagrÈables, mais cela ne prouve pas qu'elles sont incorrectes. Cela prouve juste le fait qu'il y a une incertitude sur cette question et que d'obtenir les preuves tangibles d'homogÈnÈitÈ n'est pas aussi facile que cela puisse paraitre.
       Un autre argument est principalement physique. Il stipule que les processus physiques tels que l'inflation rendent l'existence de rÈgions isotopique trÕs probable. En effet, c'est beaucoup plus probable que des rÈgions sphÈriques, symÈtriques et homogÕnes. MÉme si c'est un argument viable, il doit Étre clair que nous sommes en train de remplacer tout simplement l'observation par un argument thÈorique basÈ sur un processus physique qui peut ou non Étre valable. Toujours est-il que pour de nombreux cosmologistes, il n'y a rien de dÈfinitif.
       La thÈorie inflationniste de l'univers est populaire Þ cause de ses prÈdictions du modÕle dÈtaillÈ de fond cosmologique diffus, anisotropie sur une petite Èchelle. Cette argumentation ne deviendrait valable que s'il est dÈmontrÈ que le modÕle sphÈrique, symÈtrique et homogÕne (avec ou sans inflation) ne peut pas produire l'anisotropie de modÕles semblables. Toutefois, de tels modÕles peuvent produire l'anisotropie si les oscillations acoustiques qui conduisent Þ cette caractÈristique prÈdisent un mode anisotrope aprÕs l'inflation Þ condition qu'elle soit prÈcÈdÈe d'une phase initiale non inflationniste. Cela signifie-t-il qu'avant d'expliquer l'inflation par une constante cosmologique ou quintessence (ou toute autre forme d'Ènergie noire), nous devons obtenir plus de preuves tangibles que l'inflation a vraiment eu lieu ?
       Il ya une alternative Þ la pensÈe conventionnelle cosmologique. Dans son livre "The End of Time : The Next Revolution in Physics", publiÈ pour la premiÕre fois en 1999, Julian Barbour nie qu'il existe une notion de temps en toute chose, et que ce n'est qu'une illusion.
       Le livre commence en dÈcrivant de quelle faÃon du point de vue de Barbour le temps a ÈvoluÈ. AprÕs avoir appris la physique en Ètudes supÈrieures, Barbour est devenu obsÈdÈ par l'idÈe que le temps n'est rien qu'un changement. Il a vu les travaux de Paul Dirac qui a tournÈ son attention sur les rÈsultats de la physique quantique. Il a travaillÈ comme traducteur russe sur des articles scientifiques, lui donnant amplement le temps de poursuivre ses recherches comme il le voulait.
       En dÈpit de la contre-intuitivitÈ de la nature Þ son point de vue, Barbour aide le lecteur dans sa comprÈhension de sujets complexes et s'efforce en premier de persuader le lecteur que nos expÈriences sont, tout du moins, compatibles avec un univers intemporel, en laissant de cÒtÈ la question de savoir pourquoi et comment s'organiserait un tel point de vue.
       Barbour fait remarquer que certaines sciences ont depuis longtemps fait disparaÍtre le " Je " comme une persistance de l'identitÈ. Pour utiliser une illustration de Barbour, prendre au sÈrieux la thÈorie atomique, c'est nier que le chat qui saute est le chat qui atterrit. L'Èdifice nÈbuleux de molÈcules dont nous, les chats et toutes les matiÕres sont faits est sans cesse en rÈorganisation de maniÕre incomprÈhensible Þ des vitesses ÈlevÈes. Le microcosme se mÈtamorphose constamment ; il faut donc nier qu'il n'y a aucun sens Þ dire qu'un chat ou une personne persiste dans le temps.
       DÕs le dÈbut, Barbour prÈtend que le simple fait d'Ècrire avec des verbes dÈmentirait sa proposition. La prochaine rÈvolution dans la physique sera inexprimable en termes de, dit-il, mais il n'y a pas d'autre alternative.
       Si l'univers est composÈ d'instants intemporels dans le sens des configurations de la matiÕre qui n'auront pas Þ le subir, affirme Barbour, malgrÈ tout, on pourrait avoir l'impression que le temps s'Ècoule. Le flux de la conscience et la sensation du prÈsent, de la durÈe d'environ une seconde, tout est littÈralement dans nos tÉtes. Dans notre cerveau se trouve l'information sur le passÈ rÈcent, mais pas Þ la suite d'une chaÍne de causalitÈ conduisant Þ des instants prÈcÈdents. Au contraire, il est bien de penser les choses, peut-Étre est-ce une condition nÈcessaire, en premier lieu de penser que cette information est prÈsente. Pour Barbour, les cerveaux sont des capsules de temps. Il Ètudie la configuration des espaces et des meilleures perceptions mathÈmatiques, la refonte de la maniÕre dont la physique fondamentale peut s'occuper Þ diffÈrents instants dans un schÈma intemporel. Il appelle son univers " sans temps " et les positions relatives des Platonia aprÕs Platon, le monde des formes Èternelles. Le Barbour-Platonia consiste en un nombre infini de "maintenant".
       Pourquoi alors existe la configuration de l'instantanÈe dans l'espace, sans Étre un ÈlÈment de l'espace-temps, est-ce le vÈritable objet et le cadre de l'univers ? Il Ètablit Þ titre de preuve une non-analyse standard de la relativitÈ, de nombreux mondes de la thÈorie et de l'ADM. Depuis, il estime que nous devrions Étre ouverts Þ la physique intemporelle, nous devons Èvaluer Þ nouveau ces lois physiques de l'Èquation Wheeler-DeWitt qui prennent une forme radicale mais puissante et fructueuse lorsque le temps est Þ l'Ècart. Barbour Ècrit que notre notion du temps, et notre insistance Þ ce sujet dans la thÈorie physique, dÈprÈcie les sciences, et qu'une rÈvolution scientifique est en attente. Barbour soupÃonne que la fonction d'onde est quelque peu limitÈe par le " terrain " de Platonia.
       Barbour termine par une courte mÈditation sur quelques-unes des consÈquences de la " fin du temps ". S'il n'y a pas de flÕche du temps, pas survenant, seulement demeurant, la crÈation est Ègalement inhÈrente Þ chaque instant.
      

    Chapitre 6 -
    Le duel de l'Homme avec le temps

       Toutes les tristesses et les malheurs humains peuvent Étre tracÈs au passage, impitoyable, toute action est dÈvoreuse de temps. L'homme ne tue pas le temps - le temps tue l'homme. Le temps est le meilleur enseignant. Mais c'est une honte, il tue ses Ètudiants ! Chaque seconde qui passe est une blessure, la derniÕre est fatale. Voici juste quelques exemples de ce que l'homme a dit sur le temps, son ennemi effrayant, mortel et intransigeant. Le temps est toujours associÈ Þ la mort et comme Ralph Waldo Emerson a correctement dÈclarÈ : " La flambante Èvidence de d'immortalitÈ est notre inassouvissement avec toute autre solution. " Mais tandis que l'homme rencontre sa propre mort une seule fois, il se heurte au temps qui passe Þ chaque seconde.
       Peu de concepts dans la conscience de l'homme peuvent Étre dÈtachÈs du temps. MÉme avec cette page imprimÈe il est impossible de nier que le concept de temps, pour quoi que ce soit, ne se prÈsente lui-mÉme comme une succession d'idÈes fermement imbriquÈes avec lui. Sans le temps il ne peut y avoir aucune succession ; sans succession, il n'y a aucune logique ; sans logique, il n'y a pas n'a pas de pensÈes ; et sans pensÈe, il n'y a aucune existence. Je pense donc je suis. La vie, comme l'homme la conÃoit, ne peut pas subsister sans le temps. Imaginer l'absence de temps est plus affligeante que la rÈalitÈ de sa prÈsence. Le temps ressemble Þ un raz-de-marÈe, qui lanÃant ses vagues Þ l'assaut, renverse une personne et la noie, ensevelissant l'Áme et la submergeant dans l'abÍme d'une non-existence.
       Il semblerait qu'une lame, blessante assimilation du passage du temps, s'acharne sur nous par la voie de notre conscience, mØre comprÈhension de la signification du temps. On pourrait supposer que celui qui ne rÈflÈchit pas sur la signification du temps et vit sans compter les jours est heureux et invulnÈrable. William Ernest Gageant a exprimÈ ainsi une idÈe : "l'homme est le seul animal qui envisage la mort avec un rÈalisme exacerbÈ tout en doutant de son caractÕre dÈfinitif." En observant un chat confortablement installÈ de tout son long au soleil, respirant paresseusement l'air les yeux fermÈs, on commence inconsciemment Þ envier l'insouciance et le bonheur de son existence. Il est douteux de croire que l'homme seul puisse Étre dÈsemparÈ sur la pensÈe de sa propre mort, mais n'ayant jamais ÈtÈ un animal, c'est dur pour nous de juger ce que l'on ressent par rapport Þ sa vie face au temps.
       Dans la phase la plus insouciante de leur vie, les enfants qui ne comprennent pas encore les concepts "d'aujourd'hui" et de "demain" sentent inconsciemment une douloureuse mÈlancolie associÈe au passage du temps. Les enfants s'attachent Þ leurs jouets et les dÈlaissent Þ contrecœur parce qu'ils sentent qu'ils risquent de ne plus les revoir. La crainte un enfant quand sa mÕre quitte la chambre est associÈe Þ la frayeur de sa disparition dÈfinitive. Ce qu'un enfant ne voit pas et ne peut sentir est inexistant pour lui dans ses toutes premiÕres annÈes. La manifestation la plus vive de ce sentiment est la rÈpugnance quasi-universelle de tous les enfants Þ s'endormir. C'est plus qu'un dÈsir de manquer des ÈvÈnements intÈressants dans le monde des Ámes ÈveillÈes qui explique cette rÈpugnance. C'est probablement le sentiment d'une perte irrÈparable qui risque d'arriver quand l'enfant s'endort. TrÕs probablement une conscience rÈflÈchie nous protÕge ensuite de cette peur enfantine avant que le temps ne produise son irrÈparable effet. La rÈpugnance de renoncer aux papiers et aux jouets cassÈs assimilÈe Þ un principe nostalgique est en fait la crainte de la dÈcadence et de la dÈchÈance qui nous est inconsciemment communiquÈe par l'irrÈvocabilitÈ de temps. Il nous semble souvent que les petits enfants ont la connaissance que nous avons depuis longtemps oubliÈe. C'est comme s'ils avaient rapportÈ quelque chose de l'autre cÒtÈ - du nÈant ou d'une autre vie d'avant la naissance. Seneca a comparÈ l'acte de la naissance Þ celui de la mort. Tous les deux caractÈrisent comme une entrÈe dans un nouveau monde.
      
      

    Chapitre 7 -
    La fin d'une conception communément acceptée du temps

       Dans une lettre de commisÈration aux personnes aimÈes de son ami dÈcÈdÈ Besso, un mois avant sa mort, Albert Einstein a Ècrit : "la sÈparation entre le passÈ, le prÈsent et futur est seulement une illusion, cependant tenace, et la mort n'est pas plus rÈelle que la vie qu'elle conclut."
       Le temps est une illusion tÉtue dans laquelle passe notre existence entiÕre. Sans le temps, nous serions incapables d'imaginer quoi que ce soit. Pourtant le temps est une tromperie de nos sens. Beaucoup d'Èvidences nous mÕnent Þ croire que la crainte et le souci expÈrimentÈs dans le rapport avec le temps sont des sentiments naÎfs. Cela ne signifie pas, malheureusement, que cette inquiÈtude rende le temps moins fatal. Dans "Les Aventures d'Alice au Pays des merveilles" de Lewis Carroll, l'hÈroÎne pleure quand on lui dit qu'elle est irrÈelle et simplement en train de rÉver. þ sa rÈponse que si elle pleure, c'est qu'elle est rÈelle, les rÈponses de Tweedledum sont Èquivoques : "J'espÕre que vous ne supposez pas que vos larmes sont rÈelles !" La mÉme chose peut Étre dite pour nous. Peu importe comment nous pouvons nous persuader, peu importe combien il y a d'arguments philosophiques sur la rÈalitÈ ou la non rÈalitÈ du temps, nous restons humains. Nous sommes chargÈs des bagages de nos illusions et dÈsillusions. Copernic n'a pas dÈplacÈ l'homme au centre de l'univers ; Darwin n'a pas fait l'homme descendant du singe ; Freud n'a pas diminuÈ l'intellect de l'homme en donnant des dÈtails sur le chaos du subconscient. L'homme sera toujours l'homme, laissant les perspectives philosophiques et les dÈcouvertes scientifiques de cÒtÈ. Cependant, si nous regardons le temps, cela nous cause un chagrin Ènorme et nous conduit vers notre non-existence. Bien que tenace, c'est une illusion, alors nous considÈrons le monde avec un sourire soulagÈ. Nous percevrons toujours notre connexion Èternelle avec la crÈation. Et dans ce sentiment se trouve notre immortalitÈ. La pensÈe que le temps n'est rien qu'une illusion tenace nous laisse une lueur d'espoir que cette vie n'est pas finale et immuable.
       Freud a Ècrit dans "La Civilisation et ses MÈcontentements" :
       Je n'avais pas correctement apprÈciÈ la vraie source des sentiments religieux. Cela, dit-il, consiste en un sentiment particulier, sans lequel lui-mÉme ne se situe jamais, qu'il trouve confirmÈ par plusieurs d'autres et qu'il suppose Étre prÈsent dans des millions de gens. C'est un sentiment qu'il voudrait appeler " une sensation d'ÈternitÈ ", un sentiment Þ partir de quelque chose d'illimitÈ, - comme s'il Ètait "ocÈanique". Ce sentiment, ajoute-t-il, est un fait purement subjectif, pas un article de foi ; cela n'apporte aucune assurance d'immortalitÈ personnelle, mais c'est la source d'Ènergie religieuse qui est saisie par les èglises diverses et les systÕmes religieux, dirigÈe par eux dans des canaux particuliers et sans aucun doute ÈpuisÈ aussi par eux. On peut, pense-t-il, convenablement s'appeler religieux par discernement de ce sentiment ocÈanique seul, mÉme si l'on rejette chaque croyance et chaque illusion. Je ne peux pas dÈcouvrir en moi ce sentiment "ocÈanique".
       Il est possible que Freud fØt guidÈ par un manque de "sentiment ocÈanique" ; beaucoup d'entre nous, cependant, ne le peuvent pas. Sans cela nous serions des crÈatures insignifiantes torturÈes par l'apathie du temps.
       Les idÈes prÈsentÈes ici sont invoquÈes pour prouver que nous entrevoyons que le temps n'existe pas. D'abord cette affirmation semble paradoxale au risque de sombrer dans la banalitÈ. Il semble qu'elle devrait Étre intÈgrÈe parmi les dÈclarations de Nietzsche : "Il n'y a aucun Dieu", ou de Solovyov :"Dieu existe", ou encore : "Il n'y a aucune autre chose que le mouvement" de Zeno. C'est dommage seulement par cette catÈgoricitÈ de dÈclarations c'est un moyen d'attirer l'attention sur son travail, dans l'espoir que ces quelques lignes seront lues par d'autres que leur auteur.
       La littÈrature philosophique a prouvÈ qu'elle Ètait abstruse et son style baroque dans la mesure oÛ il est impossible de s'attendre Þ n'importe quel sorte d'intÈrÉt vers un nouveau travail philosophique, mÉme si elle adresse des questions les plus exaltantes aux gens bien pensants : la vie et la mort, le vide de l'existence ou sa possible signification. Les philosophes ont depuis longtemps oubliÈ que l'homme a besoin de la philosophie. La philosophie sans homme n'a aucune valeur. Si une personne ne peut pas utiliser la philosophie pour signifier quelque chose de sa vie, quelle est son utilisation ? Donc, pour revenir en arriÕre, de ce langage "fatigant", dans lequel des travaux philosophiques sont consignÈs ; encombrÈs de citations opaques, de mots vides de sens et de la gloire universitaire, je me tourne vers la personne ordinaire, la personne qui a recherchÈ, mais pas a trouvÈ de rÈponses aux Èternelles questions, la personne qui est frustrÈe de ne pas trouver au moins une rÈponse donnant partiellement satisfaction Þ ses questions.
       Si nous examinons toutes les tensions Èmotionnelles de la vie, il n'est pas difficile de voir que la cause de la souffrance est le temps, ou plus prÈcisÈment ce que nous supposons Étre le temps. Le temps emporte irrÈparablement notre vie. Il consume notre chair, nous mÕne Þ notre mort inÈvitable et prive notre vie de signification. Nombreuses des conceptions sans fondement philosophiques et religieuses qui nous promettent "la vie Èternelle" et "des Ámes immortelles" ne nous satisfont pas. Tel est aussi le cas avec les vues du monde matÈrialistes, qui nous assurent que la signification de notre vie est basÈe sur l'utilitÈ de notre existence biologique du point de vue de notre espÕce. Nous participons au processus de changement de gÈnÈrations et Þ la crÈation de la postÈritÈ ; donc, nos vies ont une signification ! L'assurance de Schopenhauer que si nous vivons nous n'avons pas de relation avec la mort parce que nous vivons toujours, et que si nous ne vivons pas nous n'avons pas de relation Þ la mort, puisque nous ne sommes pas trÕs utiles. C'est ainsi malgrÈ le long pedigree intellectuel de cette idÈe qui remonte au temps d'èpicure et de Seneca. Beaucoup ÈtÈ dit par les hommes sages d'humanitÈ, mais leurs postulats n'aident pas Þ donner des rÈponses aux personne moyennes Þ ses questions Èternelles et solitaires, questions qui surgissent Þ cause du temps. En l'absence de temps, toutes ces questions sont vides de signification.
       Dans cet essai, j'essaye de dÈmontrer la base imparfaite de notre connaissance actuelle du temps. J'essaye d'exposer toutes les consÈquences indÈsirables de l'illusion de l'intellect humain dans le rapport avec la comprÈhension erronÈe du temps. De plus, je reconsidÕre les aspects fondamentaux de la crÈation et la perception mondiale du point de vue de la nÈgation du concept du temps.
       Qu'est-ce qu'une lecture de cet essai peut apporter ? La capacitÈ de complÕtement reconsidÈrer l'avis de l'homme sur la crÈation et sur son rÒle. Cette nouvelle perspective, qui laissera un croyant, croyant, et un athÈe, athÈe, nous libÕre de la crainte de la mort, du sentiment du vide, du fait d'avoir une existence insensÈe ou de la douleur de perte et du malheur. Elle peut positivement toucher notre comprÈhension de justice, le bonheur et l'Èpanouissement de la personnalitÈ par le dÈbat et le raisonnement dans l'arÕne de physique contemporaine, l'astronomie, la biologie et la psychologie.
       Qu'est-ce qu'une lecture de cet essai ne nous apportera pas ? Probablement une autosatisfaction et un sentiment de supÈrioritÈ par rapport au "Messie" suivant que le lecteur s'y croit ou non. Mais la question de la tristesse, de la mort, du vide de l'existence, le passage irrÈversible de la vie et du temps perdu, sera anÈantie, sans solution raisonnable, indÈpendamment de si le lecteur est athÈe ou croyant. èvidemment, d'aujourd'hui, les conceptions ne satisfont pas entiÕrement les recherches des personnes contemporaines, ne fut-ce parce que les religions majeures formÈes il y a longtemps sont aujourd'hui mal adaptÈe Þ la rÈalitÈ quotidienne. Mais notre attention ne change pas face aux religions. Nous essayerons de trouver, d'Ètudier et d'Èliminer la source de nos problÕmes, ce qui est dans l'esprit humain une conception incorrecte du temps.
       Le temps - ou ce que nous nommons comme tel - n'est rien d'autre qu'une perception. Avant de commencer Þ soutenir notre argument avec des faits scientifiques, nous devrions Èlaborer la clause restrictive que la langue humaine ne peut pas Étre utilisÈe pour discuter de concepts qui ne sont pas susceptibles d'Étre aperÃus Þ travers nos organes sensoriels. (D'autant plus, si nous Èvaluerons sÈparÈment la question de l'inadÈquation des ressources intellectuelles humaines pour interprÈter la crÈation). Donc nous devons analyser le temps en termes d'espace. D'abord cela peut ressembler Þ du non-sens, mais comme nous montrerons plus tard, nos sens reprÈsentent pas une rÈalitÈ comme elle est vraiment ; ils se trompent trop souvent. Nous montrerons qu'il s'acharne sur nous suivant si ces illusions nous provoquent la souffrance ou non.
       Notre conscience est organisÈe de telle faÃon que nous apprÈhendons le monde en fonction d'ordres temporels. Ce n'est pas surprenant. Nous ne pouvons pas penser de plusieurs faÃons simultanÈment et nous ne pouvons pas faire des calculs mathÈmatiques multiples en mÉme temps, en dÈpit des ordinateurs capables d'exÈcuter immÈdiatement plusieurs actions qui ont ÈtÈ inventÈes il y a longtemps. Notre connaissance a dÈveloppÈ la capacitÈ de traiter seulement une pensÈe face au temps. (Ceux qui se considÕrent capables de faire beaucoup de choses simultanÈment sont simplement trÕs habituÈs Þ sauter d'une pensÈe Þ l'autre, Þ retourner facilement Þ l'ancienne pensÈe sans lÁcher la piste de la suivante.) Parce que les pensÈes n'arrivent pas simultanÈment et sont dÈpendantes des prÈcÈdentes, et forment une chaÍne ou une succession de formes de pensÈes quand nous pensons. Par consÈquent, notre perception du temps est basÈe sur une succession de pensÈes connectÈes Þ la consommation et le traitement d'impressions prises sur le monde environnant. Comment fait le cerveau pour fonctionner avec ces approches successives ? Et pourquoi est-il si limitÈ en comparaison Þ l'intelligence artificielle, qui est une crÈation de l'homme ? La cause de cet asynchronisme de pensÈes est liÈe Þ l'exÈcution asynchrone des ÈvÈnements qui transpirent dans l'univers. Un verre tombant de table se brise. Il ne se rassemble jamais spontanÈment des tessons de verre et il ne remonte jamais Þ la table tout seul. Un verre n'a jamais la forme de tessons de verre et du verre entier simultanÈment. La voie consÈcutive dont les ÈvÈnements se dÈroulent dans la nature est dirigÈe le long de la flÕche thermodynamique du temps, le long duquel l'entropie, ou la dissipation d'Ènergie, augmente. Cette administration des ÈvÈnements dans la nature est reflÈtÈe dans le processus de la connaissance humaine. Quel phÈnomÕne conduit l'autre ? Est-ce que notre conscience est capable de dÈterminer la succession des ÈvÈnements uniquement le long de la flÕche du temps ? Ou est-ce que la crÈation est imparfaite, gaspillant sottement son Ènergie dans l'espace, s'Ètendant infiniment vers sa propre destruction ? Avant que nous ne chargions l'univers de ses imperfections et sa dÈbauche, Èvaluons nos capacitÈs - les capacitÈs des descendants de primates - avec rÈalisme. Nous notons que notre incapacitÈ Þ percevoir les ÈvÈnements simultanÈment n'implique pas nÈcessairement que ces ÈvÈnements n'existent pas simultanÈment.
       Peu importe combien intensÈment nous fixons l'horizon, en ce qui concerne nos organes sensoriels, ce qui est au-delÞ n'existe pas. Cependant, notre connaissance du monde physique ne nous permet pas d'affirmer que cela n'existe pas en rÈalitÈ.
       Quand nous lisons un livre, nous ne pensons pas que les pages lues disparaissent irrÈmÈdiablement quand elles ne sont plus directement exposÈes Þ notre vision. De mÉme nous ne doutons pas de l'existence des pages en avant parce que nous ne les voyons pas encore.
       Nous ne pouvons pas lire toutes les pages du livre en mÉme temps, nÈanmoins, le livre existe dans sa totalitÈ indÈpendamment de notre dÈsir ou volontÈ. Notre expÈrience nous apprend cela, mais nous sommes aussi obligÈs de vÈrifier en amont et en aval des pages lues ou Þ lire. Cela n'est pas facile Þ faire quand des transparents nous sont prÈsentÈs en sÈquence. Une image apparait ou disparait Þ l'Ècran. Nous ne pouvons retourner en arriÕre, car ces actions sont contrÒlÈes par une autre personne. Dans ce cas, comme notre expÈrience nous l'a enseignÈ, les transparents existent simultanÈment, par-delÞ leur sÈquencement.
       Retournons maintenant aux ÈvÈnements que nous pouvons observer, des ÈvÈnements avec lesquels nous n'avons aucune expÈrience directe et dont l'occurrence ne dÈpend pas de nous. Un tel ÈvÈnement par exemple c'est le soleil naissant. Dans la plus grande partie de son existence l'homme a cru que le soleil "coulait en mer" quand il se couchait. Plus tard l'homme a dÈterminÈ que le soleil tournait autour de la terre. C'Ètait seulement assez rÈcemment que nous avons dÈcouvert que la Terre tournait autour du soleil. NÈanmoins nous persistons obstinÈment dans l'Ènonciation (et la pensÈe) que le soleil "se lÕve" et "se couche" malgrÈ ce que les universitaires nous disent. C'est d'autant plus important que par ces mots nous reflÈtons plus prÈcisÈment nos impressions sur soleil. C'est une boule ardente qui tombe progressivement et s'obscurcie ou apparaÍt, dÈpassant une ligne sÈparant la terre et le ciel. L'humanitÈ a finalement dÈcouvert que sa perception du soleil naissant et sa chute Ètaient une illusion. De mÉme, nous pouvons dÈcouvrir que notre perception pour d'autres choses universelles est Ègalement illusoire.
       Il y eut parfois des craintes des peuples comme quoi un jour le soleil ne monterait plus jamais. Les priÕres et les cÈrÈmonies traditionnelles des peuples antiques Ètaient souvent enracinÈes dans cette crainte. Maintenant, en utilisant les faits que la science nous procure, seul un fou pourrait douter du mouvement rÈel du soleil et venir affliger qu'il ne puisse plus rÈapparaÍtre au matin.
       Dans son livre, " Critique des raisons pratiques ", Emmanuel Kant explique :
       Deux ÈlÈments remplissent l'esprit d'admiration toujours nouvelle et croissante, mais aussi de crainte. De plus en plus souvent, et plus fortement, ils nous interpellent : le ciel ÈtoilÈ au-dessus et la loi morale Þ l'intÈrieur. Je ne dois pas les chercher et les pressentir comme s'ils Ètaient voilÈs dans l'obscuritÈ ou Ètaient dans une rÈgion supÈrieure au-delÞ de mon horizon ; je les vois devant moi et les rejoins directement par la conscience de mon existence. Le premier commence du lieu que j'occupe dans le monde externe Þ mes sens et il Èlargit mon rapport intÈrieur Þ des ÈvÈnements illimitÈs avec des mondes sur d'autres mondes et des systÕmes d'autres systÕmes, et de plus, dans les temps illimitÈs de leur mouvement pÈriodique, leur commencement et leur durÈe. Le deuxiÕme commence de mon moi invisible, ma personnalitÈ, et il m'expose dans un monde qui a le vrai infini, mais qui n'est vu que par la comprÈhension, et avec lequel je le discerne, je ne suis pas simplement dans un contingent, mais dans une connexion universelle et nÈcessaire, comme je le suis aussi avec tous ces mondes visibles. La formation des vues d'une multitude innombrable de mondes annihile comme si c'Ètait mon importance, comme une crÈature animale, qui ensuite, pour un court instant, fournit la puissance essentielle, puis on ne sait pas comment, se doit de rendre Þ la planÕte qu'il peuple la matiÕre dont il a ÈtÈ formÈ (une simple tache dans l'univers). Le deuxiÕme, au contraire, ÈlÕve infiniment ma valeur comme une intelligence induite par ma personnalitÈ, dans laquelle la loi morale me rÈvÕle une vie indÈpendante du monde animal et mÉme du monde raisonnable tout entier, au moins autant que peut Étre induite la destination assignÈe Þ mon existence selon cette loi, une destination non limitÈe aux conditions et aux limites de cette vie, mais l'atteignant de l'infini.
       Le ciel rempli d'Ètoiles au-dessus de nos tÉtes n'a jamais cessÈ d'Étre un symbole d'ÈternitÈ et d'immutabilitÈ. Quand il devient une loi morale, hÈlas, il n'est pas nÈcessaire de prouver sa relativitÈ ; en ce qui concerne le ciel rempli d'Ètoiles, on peut dire qu'en rÈalitÈ il n'existe pas. Ce que nous voyons en regardant vers le haut dans une nuit claire et sombre est la mÉme tromperie de nos sens que le soleil levant. La vÈritÈ, c'est que toutes les Ètoiles sont localisÈes Þ des distances variantes par rapport Þ nous. Quand nous observons deux Ètoiles apparemment adjacentes, nous ne nous rendons pas compte qu'elles sont peut Étre distantes de nous, l'une de vingt mille annÈes lumiÕre et l'autre d'un million d'annÈes lumiÕre. Leur lumiÕre atteint nos rÈtines simultanÈment, mais ces Ètoiles pourraient avoir cessÈ d'exister il y a bien longtemps. Elles pourraient avoir ÈclatÈ comme des supernovas, changÈ de la taille, de luminositÈ ou de tempÈrature. Elles pourraient avoir mÉme changÈ de position relative dans l'espace. Et cela fausse totalement ce que nous observons ! Quel genre de l'image se dÈveloppe du ciel ci-dessus ? Est-ce une liste d'ÈlÈments, ou l'Èquivalent d'un planning de trains des cent derniÕres annÈes dont on aurait mÈlangÈ toutes les entrÈes. Pour qui un tel diagramme serait utile ? Ce que nous observons du ciel pendant la nuit ne correspond pas Þ la rÈalitÈ.
       Il y a beaucoup d'exemples comparables. La plate-forme d'une station s'Èloigne lentement quand le train commence Þ se dÈplacer. Bien sØr, en rÈalitÈ, cela ne se produit pas. Avant que nous ne commencions Þ sentir la secousse de l'accÈlÈration du chariot, il nous semble que la plate-forme commence Þ se dÈplacer alors que nous restons en place.
       Et si nous supposions un instant que nous ayons une fausse impression de ce genre en ce qui concerne le temps ? S'il nous semblait juste que ce temps soit "des flux", mais qu'en rÈalitÈ il s'agite de la mÉme tromperie de nos sens que le soleil naissant, les Ètoiles dans la nuit du ciel et l'histoire de la station du train ?
       Examinons la prÈcÈdente tentative de l'homme de comprendre l'essence du temps. Le sentiment du caractÕre conventionnel et la limitation dans la comprÈhension du temps par notre intellect a depuis longtemps ÈtÈ notÈ. Kant dans "la Critique de la Raison Pure" tire des conclusions qui ne contredisent pas mes affirmations dans cet essai :
       Le temps n'est rien d'autre qu'une forme de sensibilitÈ interne, c'est-Þ-dire des intuitions du moi et de notre Ètat interne. Le temps ne peut pas avoir une dÈtermination de phÈnomÕnes extÈrieurs. <...> Cela [le temps] dÈtermine la relation des reprÈsentations de notre Ètat interne. Et prÈcisÈment parce que cette intuition interne ne nous prÈsente aucun aspect ou aucune forme, nous essayons de l'expliquer d'aprÕs des analogies et de reprÈsenter le cours du temps par une ligne progressant Þ l'infini, dont le contenu constitue une sÈrie issue d'une seule dimension ; et terminons des propriÈtÈs de cette ligne par rapport Þ toutes les propriÈtÈs du temps, Þ l'exception prÕs, que les ÈlÈments de cette ligne coexistent, tandis que ceux du temps sont successifs. <...> Le Temps n'est pas une conception empirique, ni pour la coexistence, ni pour la succession perÃue, mÉme si la reprÈsentation du temps n'avait pas existÈ comme une base hypothÈtique. Sans cette prÈsupposition, nous ne pouvions pas Èvoquer que les choses existent ensemble, au mÉme moment, ou plusieurs fois, c'est-Þ-dire Þ la mÉme Èpoque, ou dans une succession. Le temps est une reprÈsentation nÈcessaire, Ètant Ètabli Þ fondation mÉme de nos intuitions. En ce qui concerne des phÈnomÕnes en gÈnÈral, nous ne pouvons pas les imaginer loin ou hors du temps ni les reprÈsenter comme s'ils n'avaient aucun lien avec le temps, mais nous pouvons parfaitement bien nous reprÈsenter le temps dÈpourvu de phÈnomÕnes. On imagine donc que le temps est une Èvidence immuable sans qui aucune rÈalitÈ ou phÈnomÕne ne serait possible. Ils peuvent tous Étre annihilÈs par la pensÈe, mais le temps lui-mÉme, qui est la condition universelle de leur possibilitÈ, ne peut pas Étre annulÈ. L'infini du temps ne signifie rien de plus qu'une succession d'instants dÈterminÈs seulement par les limitations d'une position fondamentale. Par consÈquent, on doit imaginer la reprÈsentation originale du temps, comme illimitÈ. Mais, comme cette reprÈsentation dÈtermine des parties du temps et de chaque ÈlÈment d'un objet, elle peut Étre uniquement obtenue par une limitation ; la reprÈsentation complÕte du temps ne peut pas Étre pourvue au moyen de conceptions, car celles-ci contiennent seulement des reprÈsentations partielles. Ces conceptions, au contraire, doivent prÈsenter une intuition immÈdiate pour leur base.
      

    Chapitre 8 -
    Particularités et Limitations dans la Perception du Temps

       "þ l'exception du moment prÈcis de l'instant prÈsent, le monde entier consiste en cela qu'il n'existe pas," a dit le Roi Izhikovsky, exprimant une vue largement tenue par la perception de l'homme du monde. On peut parler de la capacitÈ de la conscience humaine pour percevoir "l'existence rÈelle", qui dure seulement un bref moment. Notre sensation de la rÈalitÈ est une manifestation de la voie conventionnelle de notre conscience, mais ce n'est pas une nÈgation de l'existence de tous les ÈvÈnements qui sont venus avant un instant prÈsent. Nous avons parlÈ Þ plusieurs reprises de la tendance de notre conscience Þ dÈformer le monde rÈel pour l'allocation de nos sentiments. Pourquoi ne pourrions-nous pas supposer que de notre perception du temps, nous puissions observer aussi le mÉme phÈnomÕne ?
       En parlant de la perception du temps, nous trouvons perspicace la position de Descartes : "Laissez-nous admettre qu'il n'y a aucun Dieu, aucune terre et que nous-mÉmes n'avons aucun corps. Nous ne pouvons nÈanmoins pas supposer que nous n'existons pas. <...> il est insensÈ de proposer que ce qui pense n'existe pas. Pour plus de clartÈ, examinons la position opposÈe : Notre connaissance de notre existence propre est le rÈsultat d'une conscience interne de notre activitÈ cognitive, de la rÈception et des apports de nos organes sensoriels, de la comprÈhension et du traitement de ces apports. Si nous ne sentions pas le processus cognitif qui est en nous, nous ne remarquerions pas l'absence de sentiments identiques. Si l'on accepte que la comprÈhension de l'homme de l'existence soit le rÈsultat direct de la pensÈe, seul le sujet lui-mÉme peut dire avec certitude s'il existe vraiment. Cela ressemble, par exemple, quand un sujet se rÈveille aprÕs un coma. Il n'a aucun souvenir de ses processus de pensÈe tandis qu'il Ètait inconscient. Il ne peut pas confirmer qu'il a continuÈ Þ exister tandis qu'il Ètait inconscient. Cependant, si ce sujet Ètait en prÈsence de spectateurs, ces gens qui observaient le malade peuvent confirmer avec une certitude absolue que pendant cette pÈriode d'inconscience, le sujet a continuÈ d'exister - au moins physiquement. L'existence Þ laquelle Descartes se rÈfÕre n'est pas physique dans le sens quotidien, mais elle est plutÒt le rÈsultat de la prÈsence dans le sujet (plus prÈcisÈment, dans son intellect) d'auto-sentiments. En adoptant une position semblable, et en admettant que seul celui qui raisonne lui-mÉme est capable d'Ètablir le fait de son existence propre, nous pouvons facilement Étre d'accord avec Kant : "Si j'enlÕve le sujet pensant, le monde matÈriel entier doit immÈdiatement disparaÍtre parce que ce n'est rien qu'une apparence phÈnomÈnale dans notre sensibilitÈ, comme un sujet, et une maniÕre, ou une sorte de reprÈsentation."
       Depuis le temps, comme d'autres manifestations du monde physique, n'a seulement de signification ce qu'un intellect pensant y attribue, on ne peut pas affirmer que le temps peut de la mÉme maniÕre se manifester comme un phÈnomÕne (c'est-Þ-dire quelque chose de perÃu par une personne) et comme un noumÕne, dont la manifestation n'est pas comprÈhensible de notre intellect. En tout cas, nous ne pouvons pas Étre d'accord avec la vue gÈnÈralement admise de l'objectivitÈ du temps, ce qui tient le temps est un phÈnomÕne perÃu par un sujet. Plus loin, nous ne pouvons pas accepter la vue de l'uniformitÈ du flux du temps si nous voyons le temps comme un phÈnomÕne perÃu par un Étre raisonnable. En prenant l'occasion de mener une enquÉte parmi des sujets d'Áges variÈs, nous sommes capables d'Ètablir l'existence d'une accÈlÈration du flux du temps perÃu suivant l'Áge. Des tentatives ont ÈtÈ aussi faites pour Ètablir une base biophysiologique de ce phÈnomÕne (KMR, novembre-octobre 1999). Les individus examinÈs ont notÈ qu'avec l'Áge, le taux avec lequel ils perÃoivent le temps augmente. De plus, les personnes interrogÈes ont rÈpondu que le processus peut Étre ÈvaluÈ quantitativement : le temps passe deux Þ trois fois plus rapidement au fur et Þ mesure de l'augmentation de l'Áge. En rÈalitÈ, la mÈthode dominante de garder le temps basÈ sur la pÈriodicitÈ du jour et de la nuit et des changements climatiques saisonniers, ne reprÈsente rien sur la maniÕre dont l'intellect humain perÃoit le passage du temps. Cela aboutit Þ une inconsÈquence sÈrieuse entre les intervalles astronomiques du temps, qui sont de durÈes Ègales et les pÈriodes de temps tels qu'elles sont perÃues par des Étres sensibles. La mention de cette inconsÈquence est trouvÈe partout dans la littÈrature et l'art et dans les conversations quotidiennes des gens d'Áge variable qui expriment un sentiment de perte par rapport au temps passant. Le plus souvent ce sentiment de perte ne se rapporte pas Þ la richesse physique et aux accomplissements, mais plutÒt Þ la comprÈhension mÈtaphysique de prise de conscience de soi-mÉme et Þ la maturitÈ. "J'ai vÈcu une vie, et pourtant je n'ai pas compris grand chose dans ce monde"-le tÈnor de base de ce sentiment de perte est concentrÈ dans cette expression. Le dÈbut du sentiment "ayant vÈcu une vie" et l'accÈlÈration rapide de la perception du flux du temps n'arrive pas dans la vieillesse ni mÉme Þ l'Áge moyen ; il arrive trÕs tÒt dans la vie. La connaissance d'une personne d'un tel phÈnomÕne, comme c'Ètait le cas quand le subconscient de Freud a ÈtÈ prÈsentÈ, pourrait allÈger la souffrance de beaucoup d'individus qui est causÈe par la conscience aiguÊ du temps s'Ècoulant. LÈgitimant le phÈnomÕne de la perception subjective du temps et rÈfutant le postulat de l'uniformitÈ et de l'objectivitÈ de la perception du temps, on peut allÈger la souffrance des individus qui croient que ces sentiments sont leur tragÈdie personnelle. Pour ces individus, le sentiment de perte rÈsulte de leur utilisation nerveuse et imprudente du temps dans le sens spirituel. En donnant Þ quelqu'un la connaissance de la propriÈtÈ mÈtaphysique de l'accÈlÈration du temps, nous lui donnons la capacitÈ de mesurer son temps plus sØrement. Par exemple, si vous prenez 1.5 de coefficient moyen de l'accÈlÈration du temps et mesurez l'Áge biologique et l'Èquivalent psychologique, alors Þ 20 ans, la perception de son Áge pour un individu peut correspondre Þ l'Áge psychologique de 30. þ 30 ans, il est de 45, et pour 40, il est de 60. (Il est possible que les Áges fantastiques des prophÕtes bibliques aient ÈtÈ basÈs sur leur Áge psychologique.) Le compte du nombre d'annÈes restant dans la vie d'une personne au lieu du nombre d'annÈes vÈcues et la supposition d'une espÈrance de vie moyenne de 75-80 ans, il n'est pas dur de calculer que les annÈes restantes d'une personne de 20 ans ne sont pas 55 ans, comme le vÈritable Áge biologique, mais de 40 ans. þ 30 ans, il reste 33 ans. C'est le milieu de la vie d'une personne. Dans certains cas, l'Èchelle devient encore moins optimiste. C'est cette non-conformitÈ entre l'auto-sentiment de l'Áge du sujet et l'avis gÈnÈralement admis qu'une personne de 30 ans qu'elle est une jeune personne, qui, ayant vÈcu seulement une petite partie de sa vie, mÕne Þ la souffrance psychologique de l'individu et Þ un sentiment aigu d'une perte de temps. Ce sentiment se trouve Þ la base des crises relatives Þ l'Áge typique.
       Maintenant que les limitations dans la perception du temps dans le contexte de l'Áge ont ÈtÈ prÈsentÈes (nous retournerons Þ cette idÈe dans la suite de cet essai), nous aimerions aborder la question de la capacitÈ de la perception pour distinguer la rÈalitÈ de la dÈrÈalisation. Nous ne nous rÈfÈrons pas Þ la tromperie simple de nos sens comme dans le cas de l'avancement rapide des images d'un film qui provoque l'illusion de mouvement. Ici, au moins parmi les gens instruit, des arguments de la rÈalitÈ de ce qui apparaÍt sur un Ècran de cinÈma n'interviennent pas. Nous nous rÈfÈrons Þ une tromperie plus subtile des sens, quand des ÈvÈnements insignifiants de notre vie deviennent indiscernables de la mÈmoire des rÉves que nous avons eus. Nous prenons en compte les ÈvÈnements insignifiants de notre vie qui ont eu des consÈquences rÈelles et de l'influence sur le cours de notre vie. Ou plutÒt des ÈvÈnements insignifiants ou les impressions de choses que nous avons ou n'avons pas vues en rÈalitÈ. Si nous fouillons dans nos mÈmoires et considÈrons les soucis insignifiants, des ÈvÈnements et des images, nous constatons que souvent nous ne pouvons pas clairement distinguer les ÈvÈnements qui sont arrivÈs en rÈalitÈ de ceux que nous avons rÉvÈs. Nous essayons de rechercher l'Èvidence de la rÈalitÈ ou de la dÈrÈalisation de ces ÈvÈnements en identifiant leurs rapports aux ÈvÈnements que l'on dÈfini plus sØrement comme rÈels dans nos souvenirs. Si nous ne sommes pas capables de trouver cette confirmation de la rÈalitÈ d'ÈvÈnements insignifiants, ils conservent le statut d'ÈvÈnements semi-rÈels, Þ demi-rÉvÈs. A propos, cela ne nous dÈrange pas du tout. Dans l'exemple prÈcÈdent, nous voyons que dans notre conscience il n'y a aucune grande diffÈrence entre le rÈel et l'imaginÈ. Si nos rÉves sont coulÈs dans une succession incessante et complÕtement soumis Þ la logique d'ÈvÈnements en Èvolution, comme le sont des ÈvÈnements dans la vie rÈelle, nous sommes incapables de distinguer des rÉves de la vie rÈelle.
       Une autre conclusion peut Étre tirÈe de la fusion des rÉves et de la rÈalitÈ dans nos mÈmoires. Les rÉves sont un composant aussi significatif de nos vies, comme la rÈalitÈ, comme s'ils avaient un lien direct et Ètaient la suite des manifestations de notre vie rÈelle ; ils peuvent donc atteindre un statut Ègal Þ celui de la rÈalitÈ.
       En tout cas, en prenant des rÉves comme des exemples, nous pouvons analyser les mÈcanismes de notre perception de la rÈalitÈ dans leur forme pure, quand le centre est dirigÈ vers l'intÈrieur, vers les profondeurs de notre conscience. Comment le temps est-il perÃu dans des rÉves ? Son rÒle dans le sommeil est beaucoup moins significatif que dans la vie rÈelle. Souvent nous rÉvons d'une vie entiÕre sous une forme supposÈe rÈelle, comme si nous nous trouvions dans rÈalitÈ et si les rapports logiques qui nous conduisent Ètaient complÕtement en phase et existaient comme s'ils Ètaient un bloc indÈpendant. Quand nous nous rappelons la source des situations dans lesquelles nous nous trouvons dans un rÉve, nous trouvons invariablement dans notre mÈmoire le pseudo-souvenir de ce rÉve et la confirmation logique de la rÈalitÈ de notre existence Þ ce moment-lÞ dans le rÉve. Tandis que nous sommes dans l'Èpaisseur des ÈvÈnements d'un rÉve, souvent nous ne doutons pas de la rÈalitÈ de ce qui arrive. Souvent nous nous rÈveillons quand nos tentatives de nous souvenir prÈcÈdent des ÈvÈnements ou rencontrent des contradictions Èvidentes avec notre "mÈmoire rÈelle" et quand, par la puissance de la volontÈ nous nous heurtons au flux du rÉve. En subordonnant un rÉve Þ notre volontÈ, on dÈrange la logique "rÈelle" du flux des ÈvÈnements dans le rÉve. Cela fait un rÉve irrÈel et sa perception sÈrieuse est impossible.
       Le temps dans des rÉves est facilement compressÈ et tendu tant par rapport Þ lui-mÉme que par rapport au temps rÈel. Le phÈnomÕne du pseudo-souvenir, qui existe dans des rÉves, est trÕs intÈressant. Notre conscience se demande dans un rÉve comment il s'est terminÈ, dans une ou autre situation, et elle pourvoit obligeamment une explication et une fin pour la pseudo-mÈmoire, lÞ oÛ les situations et les sensations de notre vie rÈelle sont stockÈs. Mais ce processus de vÈrification ne se produit pas constamment. Il est plutÒt remplacÈ par un sentiment gÈnÈral de certitude dans la rÈalitÈ de notre situation prÈsente. Comme dans la vie rÈelle, nous ne cÈdons pas Þ la pensÈe constante comment nous avons terminÈ un moment prÈsent, mais nous sommes satisfaits du sentiment gÈnÈral de la cohÈrence, sans aucun doute logique, des ÈvÈnements se dÈroulant dans l'instant prÈsent. Dans un rÉve, suivant les circonstances, les ÈvÈnements et l'environnement, nous ne sommes pas gÉnÈs par des manifestations illogiques (du point de vue de notre mÈmoire rÈelle). Les maisons hybrides, les appartements et les villes diverses oÛ nous avons vÈcu se mÈlangent avec les pays et les temps - tout cela ne nous gÉne absolument pas. Nous ne sommes pas dÈrangÈs par la prÈsence des gens qui, par des circonstances connues ne pourraient pas avoir ÈtÈ rÈconciliÈ dans l'espace et le temps. Parfois nos rÉves rassemblent des gens que nous nous avons rencontrÈs Þ des pÈriodes diverses dans notre vie bien qu'ils puissent avoir changÈ en tout ou avoir mÉme cessÈ d'exister. Dans le sommeil nous ne commenÃons pas Þ y penser puisque nous sommes captivÈs par les ÈvÈnements du rÉve. Et au moment oÛ nous revenons Þ la pensÈe, notre conscience essaye de corroborer et de rÈsoudre les conflits du rÉve avec ses pseudo-souvenirs. Quand la futilitÈ de cette tÁche est exposÈe, nous nous rÈveillons. Dans les rÉves, les craintes et les soucis peuvent souvent Étre intenses et Þ l'heure oÛ nous les Èprouvons ils peuvent Étre perÃus comme plus rÈels que ceux que nous Èprouvons dans la vie rÈelle. En vue de la linÈaritÈ de la progression de nos pensÈes, nous sommes absorbÈs par le dÈveloppement d'ÈvÈnements dans un rÉve, et ne sommes pas capables de maintenir un œil toujours critique sur ce qui transpire. Nous pouvons facilement Étre victime de la tromperie de notre propre conscience. Dans des rÉves, le temps ne s'Ècoule pas en arriÕre, il ne s'arrÉte pas non plus ni ne ralentit, car nous serions incapables de l'imaginer. Mais les rÉves nous permettent d'Èprouver des ÈvÈnements comme s'ils Ètaient Þ l'extÈrieur du cadre rÈel, pas tellement en voyageant en arriÕre, au passÈ, ou en avant, dans l'avenir, mais en Èprouvant l'existence dans un certain monde qui marque le temps. Bien que les craintes et des soucis dans des rÉves ressemblent Þ la rÈalitÈ et tous les ÈvÈnements transpirent dans l'alignement avec la flÕche du temps, et les restrictions sont plus flexibles. En regardant notre vie dans des rÉves comme une expÈrience globale interrompue seulement par le rÈveil, nous pouvons fermement affirmer que notre existence se mÈlange tant dans le rÈel que dans une vie imaginÈe, l'un suivant l'autre, avec, entre les deux, une frontiÕre trÕs faiblement dÈlimitÈs.
       Quelle est la valeur de l'expÈrience dans des rÉves ? Si on essaye de mesurer les informations qui dÈcoulent par sa conscience comme nous le faisons avec des ordinateurs, mesurant la mÈmoire en octets, en kilo-octets et en mÈga-octets, on peut dire avec confiance que le fardeau informationnel des rÉves est peut-Étre plus grand que celui de la vie rÈelle. Le fait que nous ne nous rappelions seulement qu'une petite partie de nos rÉves (seulement trÕs vaguement et dans le contexte d'une rÈÈvaluation par notre conscience ÈveillÈe), nous dit que le monde de nos rÉves ne peut pas Étre moins vaste - et probablement plus vaste - que le monde de notre vie rÈelle. Que nous ne nous rappelions seulement que d'une petite fraction de nos rÉves est contrebalancÈ par le fait que dans un rÉve nous nous rappelons seulement d'une petite fraction de notre vie rÈelle. De plus, on peut affirmer que le plus souvent nous nous rappelons des rÉves qui prÈcÕdent directement notre rÈveil. Et en ce qui concerne la structure du rÈcit et de la logique, ces rÉves restent toujours non finis. Juste quand on commence Þ faire des rapports entre le monde rÈel et le pays des rÉves, la conscience ÈveillÈe prend conscience du rÉve et le rÉve est rappelÈ. Ce qui est rappelÈ n'est pas tant le rÉve lui-mÉme que l'Èvaluation du rÉve, plus quelques images visuelles-sensuelles. Le reste du rÉve est complÕtement purifiÈ de notre mÈmoire "rÈelle" et n'apparaÍt du subconscient que sous hypnoses lors d'une psychanalyse.
       Que pouvons-nous dire de la discontinuitÈ de notre vie dans des rÉves ? Il est possible que si nous puissions nous rappeler de tous nos rÉves et comprendre la logique du dÈveloppement intemporel des ÈvÈnements dans les rÉves, nous nous rendrions compte que nous vivons une vie parallÕle dans le sommeil. Car, tandis que nous sÈjournons dans le monde des rÉves, nous percevons notre vie rÈelle comme aussi disjointe et illogique que semblent Étre nos rÉves Þ notre conscience ÈveillÈe. InterprÈtant notre vie non pas comme une chaÍne d'ÈvÈnements consÈcutifs, mais comme un tout unifiÈ ou un dÈpÒt de sentiments et de perceptions, nous ne voyons pratiquement aucune diffÈrence entre des rÉves et la rÈalitÈ. De plus, la relation avec la vie rÈelle, comme celle des rÉves, peut nous donner une libertÈ illimitÈe de plaisir avec d'innombrables variations sur les voies que les ÈvÈnements, des sentiments et des perceptions peuvent dÈvelopper. Il nous libÕre des liens physiques du temps et lÈgitime le sentiment d'ÈternitÈ, avec laquelle beaucoup d'entre-nous ressentent un rapport latent. "Vous vivez tristement en moi, comme une prÈmonition secrÕte d'immortalitÈ." Dans ces mots d'Yuri Vizbor nous cherchons gauchement le sentiment de la profondeur de notre existence comme s'il nous apparaÍt Étre une perspective quotidienne.
       Et alors nous ne trouvons pas de preuve de la rÈgularitÈ du flux du temps dans notre perception et nous ne pouvons sØrement pas sentir sa continuitÈ qui est interrompue par des rÉves diffÈrant de la rÈalitÈ insignifiante. Qu'est-ce qui est fiable dans la perception de l'homme par rapport au temps ? L'avis gÈnÈralement acceptÈ de la perception du temps peut-il Étre la plus rudes des suppositions nÈcessaires pour le sÈquenÃage de certains ÈvÈnements sans importance de notre vie ? Le temps passant qui nous dÈprime n'est probablement rien d'autre que le rÈsultat de notre habitude d'interprÈter le flux de certains ÈvÈnements dans une des variations "rÈelles" du dÈveloppement notre vie, qui n'est pas moins rÈelle que d'autres variations qui existent en parallÕle.
       La mÈmoire humaine enregistre des Èpisodes individuels et efface les intervalles sans importance. Notre perception de la vie arrive toujours par Èpisodes, et non dans un flux consÈcutif, ininterrompu. Les ÈvÈnements insignifiants sont rapidement oubliÈs, formant le souvenir d'une sÈrie d'Èpisodes. Ce n'est pas une coÎncidence qui reflÕte la vie par le prisme de la perception humaine, enregistre aussi des Èpisodes individuels, omettant une routine unissant des ÈvÈnements sans importance. Une image enregistre un ÈvÈnement. Un rÈcit consiste en Èpisodes dÈcoulant en parallÕle et en ordre. Les films sont des Èpisodes individuels, utilisant parfois des dispositifs comme "deux heures plus tard", "le jour suivant", dans "20 ans" et "en mÉme temps Þ un endroit diffÈrent." Et cette approche n'est pas par hasard. Elle reflÕte complÕtement le mÈcanisme de la mÈmoire humaine, la sÈparation une chaÍne d'Èpisodes pour reconnaÍtre et se souvenir d'une quantitÈ Ènorme d'autres Èpisodes de connexion sans importance, qui sont temporairement ou mÉme complÕtement oubliÈs.
       Nous percevons aussi les rÉves comme des Èpisodes avec une perte de connexion des liaisons dont nous ne sommes pas capables de nous souvenir. On considÕre ces liaisons absentes quand elles sont analysÈes par la conscience ÈveillÈe. En dormant, cependant, nous ne percevons pas la nature fragmentaire des Èpisodes que nous Èprouvons, et donc, en rÉvant, nous ne faisons pas abstraction du sentiment de rÈalisme, sans lequel les longues suites de rÉves seraient impossibles. Cela signifie que la mÈmoire des ÈvÈnements rÈels, comme certains Èpisodes visuels-sensuels fragmentaires, diffÕre Þ peine de la mÈmoire des rÉves qui sont caractÈrisÈs par des Èpisodes fragmentaires. Si l'on suppose que nous nous rappelons seulement d'une petite partie des rÉves, on peut affirmer que pendant un rÉve simple, on peut Èprouver une quantitÈ presque infinie d'Èpisodes avec des liaisons oubliÈes ou absentes du systÕme de rÈfÈrence de la conscience dormante. Ces liaisons sont oubliÈes et omises seulement en arriÕre au niveau d'un rÉve. Dans bien des cas, nous sommes rÈveillÈs au milieu de la nuit et nous endormons de nouveau et nous retrouvons la suite du mÉme rÉve ou nous abordons un nouveau rÉve avec une pÈripÈtie diffÈrente. On ne peut pas dire que l'on peut rÉver plusieurs rÉves quasiment en mÉme temps ; cependant, le temps peut-il Étre interprÈtÈ dans le sens habituel des rÉves, comme un certain modÕle de dÈveloppement simultanÈ de vies logiques auxquelles les Èchos se rattachent lors du rÈveil, et seulement en raison d'une transition brusque vers un nouveau courant d'ÈvÈnements, rendant les rÉves inconsÈquents et donc irrÈels ? Parfois nous concevons un rÉve Þ plusieurs couches, quand nous rÉvons que nous rÉvons et rÉvons que nous nous rÈveillons. Et en rÈalitÈ, c'est seulement quand nous nous rÈveillons, que nous nous rendons compte que le rÈveil dans le rÉve Ètait faux. Que rÉvons-nous vraiment quand nous rÉvons que nous nous endormons ? Les intervalles entre les Èpisodes de ce rÉve disparaissent-ils ? N'est-ce pas ce que nous sentons, comme si la vie rÈelle Ètait l'une des possibilitÈs d'un jeu de rÉves existant en parallÕle ? Nos rÉves de vies rÈelles se passent-ils en parallÕle ? Lisez-vous ces lignes dans une de ces vies rÈelles ? Les rÉves ne respectent-ils pas de rÕgle et de considÈrations Ègales commandÈes par la vie rÈelle ? Ou est-ce l'opposÈ ? Sommes-nous justifiÈs dans la dÈtente de notre effort psychologique, Þ l'approche de la vie rÈelle, un peu plus comme nous nous approchons des rÉves, oÛ, du point de vue des ÈvÈnements de la conscience ÈveillÈe, les ÈvÕnements sont-ils rÈversibles et non-dÈcisifs ? AprÕs tout, les ÈvÈnements de notre vie rÈelle ressemblent Þ notre conscience rÉveuse et ne sont pas si dÈcisifs et rÈversibles. D'une maniÕre ou d'une autre, le modÕle proposÈ d'une paritÈ possible entre la rÈalitÈ et les rÉves permet de changer sa perception du flux du temps avec ses limitations imaginaires et de dÈclarer le flux du temps comme illusoire.
      

    Chapitre 9 -
    L'espace et temps dans la structure d'un nouveau modèle de création

       " Ma supposition, c'est que le monde est non seulement plus Ètrange que nous imaginons, mais plus Ètrange que nous pouvons imaginer, " a dit John Scott Haldane. Et il Ètait absolument correct. Les siÕcles rÈcents ont vu naÍtre des concepts d'espace et de temps qui ont ÈtÈ dÈtrÒnÈs. Souvent, des concepts clairs, tangibles, familiers et constants ont ÈtÈ relÈguÈs au royaume des ambigÝitÈs et des indÈfinis. La courbure de l'espace et le ralentissement du temps Þ des vitesses s'approchant de la vitesse de la lumiÕre sont devenus des vÈritÈs banales. Ces vÈritÈs sont cependant comprises par peu de gens. DÕs lors, il n'y a aucun besoin de faire beaucoup d'effort pour prouver que la perception de l'homme face au temps, loin de correspondre Þ une probable rÈalitÈ, tient plus du dÈsaccord avec les concepts gÈnÈralement admis. L'astrophysicien Steven Hawking, dont le gÈnie est comparÈ Þ celui d'Albert Einstein, Ètablit dans son travail scientifique que le temps a quelques propriÈtÈs d'espace et qu'Þ chaque point les lois physiques et les constantes sont uniformes. BasÈ sur ses conclusions, on peut imaginer l'univers comme une sphÕre de temps. Nous pouvons conceptualiser l'espace de l'univers comme une multitude de dÈcoupages infinis dans cette sphÕre, dont tous sont perpendiculaires Þ la flÕche du temps. La flÕche du temps est dirigÈe du pÒle de la sphÕre (le Big Bang Ètant le dÈbut de l'univers) vers son centre. Plus loin, il apparaÍt qu'il y aura un point de basculement, oÛ la flÕche du temps continuera vers l'autre pÒle de la sphÕre (la fin de l'univers). Une thÈorie comme celle-ci rÈsout tant le problÕme de la singularitÈ du Big Bang que le problÕme de prÈserver les constantes physiques au dÈbut de temps. Dans les conditions existantes au moment du Big Bang, il aurait ÈtÈ impossible de prÈserver les constantes physiques qui nous sont connues. De cette faÃon, on explique les phÈnomÕnes de la dilatation de l'univers et la rÈcession des galaxies. Nous sommes capables d'observer le temps seulement quand il est dirigÈ le long de la flÕche thermodynamique. C'est comme si nous Ètions des observateurs localisÈs Þ un angle au-dessous du pÒle de la sphÕre du temps, regardant la rÈcession des galaxies par cet avantage. Il nous semble alors que nous nous dÈplaÃons dans un tunnel s'Ètendant avec des torches le long de ses murs. Si nous y Ètions, nous aurions l'impression qu'une torche voyage loin de nous Þ une vitesse directement proportionnelle Þ la vitesse Þ laquelle nous nous dÈplaÃons dans le tunnel. En ne fouillant pas trop profondÈment dans les lois de l'astrophysique, il devrait Étre indiquÈ que l'on pourrait expliquer le phÈnomÕne de rÈcession galactique, qui est basÈe sur l'Effet Doppler, ou le changement de la dÈrive dans le spectre de la lumiÕre Èmis par des objets reculant, par des propriÈtÈs encore inconnues des grandes Ètendues de l'espace cosmique. La prÈsence des masses de matiÕre invisible dans ces Ètendues pourrait dÈformer le spectre de lumiÕre les traversant. Si la seule Èvidence pour proposer ce phÈnomÕne est basÈe sur l'Effet Doppler, c'est que la rÈcession galactique n'existe pas. Nous n'affirmerons pas que d'autres preuves de la rÈcession mutuelle des galaxies seront Ègalement non dÈfendables, mais on peut supposer que la thÈorie "du Big Bang", qui est fondÈ en partie sur le phÈnomÕne du changement de vitesses de l'effet Doppler dans les spectres des galaxies reculant, peut Étre remise en question quand d'autres faits apparaissent. De tels faits peuvent Étre dus Þ l'homogÈnÈitÈ saisissante des radiations de fond dans toutes les directions. Si le dÈbut de l'univers est vraiment basÈ sur le Big Bang, on s'attendrait Þ ce que cette radiation de fond soit non uniforme. Il est possible que la thÈorie du Big Bang s'effondre comme le modÕle gÈocentrique de l'univers de PtolÈmÈe, quoiqu'Þ ce jour oÛ nous observons le soleil levant, nous disions : "le soleil monte" au lieu de : "nous tournons", en faisant rÈfÈrence au mouvement du soleil en ce qui nous concerne.
       Il y a une certaine absurditÈ dans la thÈorie "du Big Bang". Comme la thÈorie est faite, toute la crÈation est un systÕme instable, avec la matiÕre se rÈpandant dans des directions diffÈrentes Þ la suite d'une explosion gigantesque, ce qui serait arrivÈe aprÕs que toute la matiÕre ait ÈtÈ concentrÈe en un seul point. L'absurditÈ de cette hypothÕse, rÈside dans le fait mÉme que c'est un modÕle de crÈation oÛ l'univers entier tourne autour de nous. L'intuition, cependant, n'a jamais servi de guide fiable dans le monde de la science, particuliÕrement de la science contemporaine. De toute faÃon, nous n'aspirons pas Þ rÈfuter ce modÕle. Nous acceptons le point de vue de StÈphane Hawking, qui prÈsente l'univers comme une sphÕre de temps dans lequel en vertu de notre intellect, nous voyageons dans la mÉme direction que la flÕche du temps. Quel effet ce modÕle peut-il avoir sur le niveau mÈtaphysique de la perception du temps ? Le temps existe simultanÈment de son commencement Þ sa fin, comme beaucoup de commencements et les stations d'extrÈmitÈs d'une ligne de chemin de fer qui coexistent. L'intellectuellement, il est difficile d'admettre que ce systÕme construit sur la perception consÈcutive puisse exister et puisse se reconnaÍtre dans une autre direction en plus de celle se dÈplaÃant avec la flÕche du temps.
       Pour illustrer cette limitation de notre perception du temps, nous pouvons crÈer une intelligence hypothÈtique qui est elle-mÉme plus limitÈ que les humains. Nous crÈons ainsi des conditions dans lesquelles on Èprouve les mÉmes limitations en ce qui concerne l'espace et le temps.
       Si un sujet a passÈ sa vie entiÕre dans un train se dÈplaÃant et qu'il n'avait pas la capacitÈ de communiquer avec les gens quittant le train ni ne pouvait voir des trains Þ l'approche, que ressentirait-il ? Sans aucun doute, le sujet dÈvelopperait une relation Þ l'espace Þ l'extÈrieur via la fenÉtre du train, ce qui ressemblerait Þ notre perception psychologique du temps. En premier lieu tout ce qui est Ètincelant Þ extÈrieur, de la perspective du sujet, disparaÍtrait irrÈparablement et cesserait d'exister. Notre passager percevrait n'importe quelle personne partant du train comme perdue pour toujours et ayant cessÈ d'exister. DeuxiÕmement, l'individu percevrait son dÈpart propre du train comme la mort, avec toutes les tensions psychologiques qui l'accompagnent. MÉme si le sujet est dotÈ d'un intellect normal, son existence dans de telles circonstances rendrait impossible pour lui d'imaginer que les endroits qu'il a passÈs continueraient d'exister et que le dÈpart de ses compagnons de voyage pourrait ne pas Étre du tout un ÈvÈnement fatidique. Nous imaginons que nous sommes sur la mÉme voie. Maintes fois nous sommes trompÈs par nos sens. Nous nous dÈplaÃons dans le temps dans une seule direction, percevant chaque moment passÈ aussi irrÈparablement perdu et chaque moment futur inexistant. L'image rÈelle pourrait Étre diffÈrente. Une section de notre vie pourrait Étre une tranche insignifiante de la sphÕre du temps, une tranche de l'Èpaisseur d'une durÈe de vie dans laquelle tout existe simultanÈment.
       Les Ètoiles influencent des choses quotidiennes comme nos pots de cuisine et les casseroles. Cette influence est presque imperceptible. Donc, mon intÈrÉt intransigeant dans tout ce qui est localisÈ au-delÞ des limites de la gravitÈ terrestre peut paraÍtre excentrique et artificiel. Il reste inexplicable que je puisse lire des articles d'astrophysique les plus sophistiquÈs pendant des heures, et m'inscrire Þ plusieurs reprises Þ des magazines d'astronomie populaires des centaines de fois, absorbant des faits que j'ai assimilÈ il y a longtemps - des faits qui restent nÈanmoins contradictoires. Aucun autre secteur d'Ètude ne rÈveille dans moi un intÈrÉt si tragiquement universel.
       Peut-Étre y a-t-il une certaine explication secrÕte pour cela. Je peux pontifier infiniment sur le fait que les solutions de toutes les questions philosophiques sÈculaires soient accessibles dans le cosmos. Je peux beaucoup parler sur comment dans le monde tout vient des Ètoiles et aboutira aux Ètoiles. Les Ètoiles sont la source de tous les ÈlÈments plus lourds que l'hydrogÕne. L'origine de chaque atome dans chaque molÈcule des doigts qui tapent ces lignes peut Étre tracÈe dans le noyau d'une Ètoile gÈante.
       Il est gÈnÈralement admis que la plupart des ÈlÈments (incluant des gaz inertes) produisent des nuclÈosynthÕses de matiÕre d'Ètoile. La nuclÈosynthÕse arrive dans le centre d'une Ètoile massive quand les rÈactions thermonuclÈaires d'hydrogÕne sont accompagnÈes par des augmentations de la pression et de la tempÈrature. Cela crÈe les conditions nÈcessaires pour synthÈtiser du C12 et du He4. Suite Þ la libÈration de l'Ènergie, le processus de compression cesse, permettant de commencer la synthÕse d'ÈlÈments plus lourds dans la masse des Ètoiles. Aussi Ètrange que cela puisse paraÍtre, les tÉtes pensantes de la population sur Terre n'ont pas assimilÈ cette vÈritÈ simple, bien qu'elle soit promulguÈe au milieu du 20Õme siÕcle. Oui, exactement : Nous sommes tous les enfants d'Ètoiles ! Nous sentons une certaine connexion familiale avec Sirius ou AldÈbaran, montant au-dessus de l'horizon.
       Je n'avais pas eu jusque-lÞ l'occasion d'observer des Ètoiles directement, quand un petit tÈlescope dans un magasin d'une ville voisine m'a semblÈ sympathique. Mais j'ai plutÒt cÈdÈ Þ la tentation de l'achat d'un grand tÈlescope Þ rÈflecteur, romantiquement nommÈ "la GenÕse". La premiÕre nuit j'ai observÈ la lune incontestablement brillante et comme tous les astronomes nÈophytes, j'ai ÈtÈ complÕtement ÈcrasÈ par sa beautÈ majestueuse et rayonnante. J'ai essayÈ de repÈrer l'endroit que je voyais sur un globe de la lune, mais je souffre apparemment du fait d'Étre topographique dÈplacÈ et pas seulement en ce qui concerne la Terre. Dans l'obscuritÈ, le globe de la lune s'est esquivÈ de mes mains et a roulÈ sur le sol rÈcemment gelÈ de la piscine oÛ je scrutais le ciel et il a roulÈ sur les feuilles minces et fragiles de la glace. Maxine est bientÒt arrivÈe Þ mon secours avec une Ècumoire et au septiÕme essai, elle a adroitement repÉchÈ la lune de du bassin, sauvant ainsi ce merveilleux corps cÈleste.
       Les autres objets stellaires n'ont pas fait aussi forte impression sur moi. Mars dans mon tÈlescope n'Ètait rien plus qu'un lÈger disque rouge et ce n'est mÉme pas la peine de mentionner le reste. La joie de rÈchauffer ses membres gelÈs sur une nuit de dÈcembre ne peut pas rivaliser avec le confort intÈrieur offert par un programme informatique d'astronomique, qui permet de voir les images dÈtaillÈes de la surface de la plupart des planÕtes dans le systÕme solaire et leurs satellites. J'ai passÈ plusieurs soirÈes Þ ramper sur l'intÈgralitÈ des parties photographiÈes de notre galaxie et d'autres galaxies. Et ensuite je me suis ennuyÈ. J'ai nommÈ un groupe d'Ètoile ÈloignÈ qui avait une apparence colorÈe "la BoÍte de TrÈsor de Maxine" et elle a ÈtÈ trÕs satisfaite.
       J'ai ÈtÈ stupÈfiÈ de voir combien Ètait insignifiante la partie de notre galaxie qui contient pratiquement toutes les Ètoiles qui forment les constellations familiÕres. La distance de beaucoup d'Ètoiles plutÒt ÈloignÈes a ÈtÈ dÈterminÈe avec une exactitude d'en hausse de 50 pour cent. Donc, leur masse peut aussi Étre dÈterminÈe, quoique inexactement. L'astronomie n'est pas une science exacte si respectable soit-elle, comme elle peut le sembler Étre Þ un observateur extÈrieur.
       Ma nature est remarquablement prÈvisible : sitÒt qu'un dÈsir fort est satisfait, je perds l'intÈrÉt du sujet qui m'a initialement excitÈ. J'ai regardÈ plusieurs fois la collection entiÕre d'images, mais il m'a ressemblÈ qu'il n'y avait rien du tout Þ voir avec le tÈlescope. Jupiter ne se lÕve sur l'horizon qu'en janvier... Il n'y avait rien pour satisfaire mon gigantesque tube dans les profondeurs de ce dÈcembre neigeux.
       Pourquoi n'ai-je pas fait de l'astronomie le travail de ma vie ? Bien, d'abord, Þ l'Ècole j'avais la rÈputation d'Étre un imbÈcile. MÉme aujourd'hui, j'entretiens cette rÈputation Þ un certain degrÈ. Et comme ma maman l'a expliquÈ, vous devez avoir les maths fortes et des compÈtences en physique pour exceller dans l'astronomie. J'Ètais honteusement faible dans les deux sujets. C'est seulement en approchant les 30 ans que j'ai compris que ni des maths ni la physique ne prÈsentaient beaucoup de difficultÈ de maÍtrise, mais hÈlas c'Ètait trop tard pour moi pour retourner Þ l'Ècole. Sur l'accomplissement de l'Áge du Christ me vint un dÈsir inÈluctable d'enseigner. Et l'instruction d'un autre mentor est mal reÃue Þ cet Áge. Bien sØr, je rigole. J'Ètudie constamment, mais je ne pouvais pas imaginer d'aller Þ l'universitÈ Þ nouveau. Et pourquoi y retournerais-je ? étre assis de nouveau dans une salle de classe avec une bande de morveux ? étre alimentÈ Þ la cuillÕre par des professeurs de dinde pompeux et recevoir un doctorat en astronomie seulement Þ 50 ans ? Et aprÕs cet essai, gagner des subventions donc je profiterais pour un tÈlescope plus grand ? C'est une plaisanterie.
       J'ai composÈ avec ma passion intense pour une astronomie beaucoup plus simple. Si vous voulez faire des recherches sur quelque chose, vous ne devez pas obligatoirement Étre un spÈcialiste pour le faire. J'ai embauchÈ deux ou trois scientifiques de premiÕre classe pour m'aider Þ rÈsoudre une question thÈorique d'astrophysique qui m'avait dÈrangÈ. C'Ètait ma tentative d'expliquer paradoxalement la grande vitesse de la rotation d'Ètoiles situÈes sur les pÈriphÈries des galaxies.
       Courbez-vous un sur un graphique qui reflÕte la vitesse de la rotation du disque d'une galaxie comme une fonction de sa distance du centre, comme prÈvu selon les lois de Kepler du mouvement planÈtaire et la mÈcanique Newtonienne. La courbe B reprÈsente ce qui est en rÈalitÈ observÈ. C'est ce phÈnomÕne qui a stimulÈ l'invention de la thÈorie de la mystÈrieuse et invisible "matiÕre sombre" qui compose prÈtendument la plupart de la matiÕre de l'univers. Il est vrai qu'en son temps la thÈorie de matiÕre sombre a ÈtÈ aussi utilisÈe pour expliquer d'autres problÕmes qui ont surgi dans l'astrophysique.
       J'ai essayÈ de prendre en compte l'interaction d'un champ de gravitation sur le flux du temps pour un point dans l'espace lÞ oÛ une source de radiation est localisÈe. De cette faÃon j'avais l'intention de calculer les caractÈristiques diffÈrentes des champs de gravitation directement adjacents au centre d'une galaxie, au point d'observation et sur la pÈriphÈrie d'une galaxie. J'ai formulÈ une hypothÕse que cela pourrait expliquer Þ un certain degrÈ l'effet dÈpeint par la Courbe B. Je n'entrerai pas dans les dÈtails techniques, mais trente pages de correspondance avec un astrophysicien canadien ont dÈfinitivement eu raison de ma question. J'ai ÈtÈ satisfait de savoir que, d'abord ma question Ètait lÈgitime et, deuxiÕmement, qu'il Ètait impossible de rÈpondre Þ ma question Ètant donnÈe l'Ètat actuel de notre technologie d'observation. Pour Ètudier cette question, il faudrait un dispositif Èquivalent en longueur Þ la distance entre la Terre et la Lune.
       Ensuite j'ai ÈtÈ embrasÈ par une nouvelle idÈe. Qu'est-ce donc, vous demandez-vous ? La tÁche n'Ètait ni plus ni moins de tuer la cosmologie. Et s'il vous plaÍt, ne confondez pas cette science avec l'astronomie, l'astrologie, l'astronautique ou la cosmÈtique. Ne soyez pas terne comme la matiÕre sombre primordiale, qui remplit notre univers malheureux, calomniÈ Þ plusieurs reprises par des scientifiques. En quelque sorte, la cosmologie est dÈcrite comme "l'Ètude de l'univers dans son ensemble, son contenu, sa structure et l'Èvolution de l'univers depuis le dÈbut du temps et dans l'avenir." Remarquez que la description elle-mÉme sent le charlatanisme. Vous avez probablement remarquÈ qu'il m'ennuie que les scientifiques crÈent des thÈories aprÕs des thÈories, tandis que l'univers, selon leurs points de vues charlatanesques, migre des piÕces de fond de tortues Þ divers place et d'autres endroits non moins absurdes. Le tenant basique de mon idÈe est qu'il faudrait reconnaÍtre que la cosmologie est une science fausse. Comment peut-on faire confiance en une science qui nous a trompÈs partout dans l'histoire entiÕre de l'humanitÈ ? De nos jours et dans le passÈ, la recherche s'est tournÈe vers des machines de mouvement perpÈtuel et d'alchimie loufoque. Il conviendrait Þ la science de cesser de crÈer des modÕles universels sur la structure de l'univers, car nous Èprouverons toujours un manque d'informations et nous sommes Èternellement vouÈs Þ l'Èchec. MÉme si un jour ou l'autre un astronome regarde intensÈment via son tÈlescope et arrive Þ voir que le bord de l'univers est un mur de brique, il ne lui viendrait pas Þ l'idÈe que c'est la fin de l'univers de maniÕre dÈcisive. Les scientifiques commenceraient immÈdiatement Þ construire des thÈories sur qui a construit le mur, ce qui existe au-delÞ et d'autres spÈculations sans fondement. La physique contemporaine et la cosmologie deviennent de plus en plus des sciences spÈculatives. SpÈcifiquement, les conclusions de ces thÈories sont extrapolÈes au-delÞ des limites du secteur oÛ elles peuvent Étre sØrement appliquÈes. Newton a fait cette erreur quand il a extrapolÈ l'action de sa loi de la composition du dÈplacement Þ des vitesses infinies. Et aujourd'hui, la mÉme erreur est faite de nouveau par les physiciens les plus vÈnÈrables qui vantent "le Big Bang" et oublient qu'Þ de telles grandes profondeurs du temps ces modÕles deviennent moins fiables. Ils oublient qu'au mÉme concept de temps manque une base physique fiable et que le flux du temps varie non seulement dans des Èpoques diffÈrentes, mais aussi Þ des positions diverses dans l'espace. Ainsi, il n'y a pas de sens dans l'extrapolation sur l'Áge de l'univers.
       Cette position dans la cosmologie a peu changÈ lors des derniÕres dÈcennies. Les contradictions sont nombreuses et elles surgissent plus rapidement que les cosmologistes sont capables de les expliquer. Par exemple : dÈsormais les thÈories de multitudes d'univers sont Þ la mode. C'est un non-sens par dÈfinition. Beaucoup d'auteurs autorisÈs Ècrivent : "l'univers est toute la matiÕre", "Il y a qu'un univers", "d'Autres univers, par dÈfinition, ne peuvent pas exister", "l'univers englobe tout ce qui existe. þ l'extÈrieur de l'univers il n'y a rien. De plus, non seulement les galaxies et les autres matiÕres sont absentes, mais on ne note lÞ rien du tout - aucun espace, aucun temps." "L'univers est tout ce qui existe, Þ l'extÈrieur il n'y a rien - pas mÉme le vide." La combinaison de mots "multitude d'univers thÈoriquement possibles" est blasphÈmatoire. Dans la cosmologie contemporaine le mot "univers" est utilisÈ pour signifier ce qui dans le matÈrialisme dialectique est appelÈ : la rÈalitÈ objective ou la matiÕre. Et il n'est pas juste qu'un certain auteur ou mÉme une majoritÈ d'auteurs persiste sur le fait qu'il n'y ait seulement qu'un univers. Il est habituellement admis que quand on crÈe une thÈorie ou le modÕle mathÈmatique d'un objet, il est essentiel de donner les conditions qui englobent cet objet. Ces conditions qui l'enveloppent reflÕtent l'interaction de cet objet avec son environnement. Un modÕle cosmologique unique et simple ne procure pas ces conditions dans l'univers. Dans la cosmologie, l'univers est vu comme un objet qui n'a aucun environnement ou frontiÕres. MÉme les philosophes disent que l'univers est infini.
       Dans la cosmologie on trouve, "fermement Ètabli", non seulement des conclusions comme celles dÈcrites ci-dessus, mais aussi des problÕmes non rÈsolus. Si l'on ne prend pas en compte des problÕmes spÈcifiques, comme l'origine des galaxies, le reste aborde un ou deux types de problÕmes. D'abord, il y a des problÕmes liÈs au "tout dÈbut du commenÃant".
       Qu'est-ce qui a bien pu engendrer la dilatation du dÈbut ? Comment le monde s'est-il Ètendu dans ce mÉme commencement ? Est-ce que la densitÈ de la matiÕre Ètait infinie au dÈbut de la dilatation ? Qu'y avait-il avant la dilatation observable ? Autant fiables que puissent Étres les conclusions sur l'Ètat de la densitÈ Ènorme de toute la matiÕre (comme ils disent - l'Ètat singulier) du dÈbut de la dilatation, cela n'explique pas quels processus ont affectÈ la matiÕre super-dense, et ce qui a causÈ l'expansion de l'univers, et, finalement, ce qu'il y avait avant la dilatation, avant l'instant de cette singularitÈ ??!
       Pour commencer, dans les annÈes 1980, le problÕme de la genÕse de l'univers a ÈtÈ discutÈ dans la structure du prÈtendu "scÈnario de l'univers gonflable." Selon le scÈnario de l'univers gonflable, l'intÈgralitÈ de l'univers visible aujourd'hui est formÈe d'un secteur plus petit qu'une longueur de Planche. Cela permet de penser que l'origine de l'univers (ou sa partie visible) fait suite aux fluctuations quantiques initiales. Un tel univers aurait initialement une petite taille et s'Ètendrait exponentiellement. Dans ce processus d'inflation il aurait atteint sa taille actuelle. Toute la matiÕre contenue dans l'univers observable est entrÈe en existence suite au travail effectuÈ par des forces de gravitation Þ l'intÈrieur d'un secteur qui n'a initialement pas contenu plus de 110-5 grammes de matiÕre.
       Le second type de problÕme qui est souvent analysÈ en cosmologie, concerne la gÈomÈtrie de l'univers.
       Il s'avÕre que la courbure de son espace tridimensionnel peut Étre semblable Þ la courbure d'une sphÕre. Elle peut se refermer sur elle-mÉme, Èvoluant sans bordure rÈelle, mais aboutie dans sa taille, comme une sphÕre. Nous ne savons pas si notre univers est ouvert ou fermÈ.
       Nous notons qu'en son temps, la rÈponse Þ cette question n'Ètait pas une Ènigme pour Albert Einstein. En 1917, dans la section ayant trait aux "ConsidÈrations sur l'Univers dans son ensemble" et dans son travail sur la "RelativitÈ : la ThÈorie ParticuliÕre et GÈnÈrale", il a Ècrit :
       Il suit de ce qui a ÈtÈ dit, que des espaces fermÈs sans limites sont concevables. Parmi ceux-ci, l'espace sphÈrique (et l'elliptique) excelle dans sa simplicitÈ, puisque tous ses points sont Èquivalents. Suite Þ cette discussion, la question la plus intÈressante surgit pour des astronomes et des physiciens : l'univers dans lequel nous vivons est-il infini, ou est-il fini Þ la maniÕre d'un univers sphÈrique ? Notre expÈrience est loin d'Étre suffisante pour nous permettre de rÈpondre Þ cette question. Mais la thÈorie de la relativitÈ gÈnÈrale permet de rÈponse avec un degrÈ modÈrÈ de certitude <...> les rÈsultats des calculs indiquent que si la matiÕre est distribuÈe uniformÈment, l'univers est nÈcessairement sphÈrique (ou elliptique). Puisqu'en rÈalitÈ la distribution dÈtaillÈe de matiÕre n'est pas uniforme, l'univers rÈel dÈvie dans des parties individuelles de la sphÕre, c'est-Þ-dire l'univers est quasiment sphÈrique. Mais il est nÈcessairement fini. En fait la thÈorie nous fournit un rapport simple entre l'Ètendue spatiale de l'univers et la densitÈ moyenne de matiÕre interne.
       Il est probable que mon livre sera ignorÈ et ne causera pas de scandale sÈrieux. Cependant en l'Ècrivant, je peux cocher la partie de mon projet existentiel appelÈ : "l'Essai pour saper une science fausse qui a permis Þ la religion et aux politiciens de tirer une Ètoffe sur des yeux des gens pendant des siÕcles."
      

    Chapitre 10 -
    Les Problèmes avec la Philosophie Céleste

       J'ai dØ dÈcliner la participation Þ la confÈrence de MontrÈal avec laquelle j'avais eu l'intention de conclure ma recherche de la sagesse cÈleste sur Terre. J'ai rencontrÈ des astrophysiciens Þ Harvard, des cosmologistes Þ Cuba et j'avais planifiÈ de rencontrer des savants se spÈcialisant dans la philosophie de la cosmologie Þ MontrÈal. NÈanmoins, il n'y a aucun arrÉt pour une personne assoiffÈe de connaissance. En dÈclinant ma participation concrÕte Þ la confÈrence, j'ai cependant ÈtudiÈ les matiÕres de la confÈrence et j'ai passÈ en revue les mesures. Je me suis aussi familiarisÈ avec une vaste substance de travail sur la philosophie de la cosmologie.
       L'un des travaux que j'ai lus Ètait particuliÕrement intÈressant. Je l'ai trouvÈ sur un site Web appelÈ e-prints, et qui fourni l'accÕs aux publications scientifiques sous forme numÈrique. E-prints permet aux savants de publier leur travail sur Internet, proposant ainsi des articles disponibles Þ la communautÈ scientifique indÈpendamment du dÈsir (ou du non-dÈsir) des journaux scientifiques pour les publier. Cette mÈthode de publication rend la science contemporaine plus dÈmocratique et efficace. Quelqu'un peut soumettre son article, indÈpendamment de son niveau d'enseignement scientifique et de son statut universitaire. Certains sites exigent que des collaborateurs aspirants soient recommandÈs par un auteur qui a dÈjÞ publiÈ dans son domaine. L'auteur de la recommandation n'est cependant pas tenu de vÈrifier la justesse du travail du nouvel auteur. La publication dans des journaux scientifiques sÈrieux reste la maniÕre principale d'informer le monde de son travail ; Cependant, le site d'e-prints vous permet de faire votre article et le rendre disponible aux scientifiques du monde entier et au grand public presque immÈdiatement. Quand vous recherchez un sujet spÈcifique dans le systÕme, vous trouvez inÈvitablement toutes les publications qui lui sont liÈes. L'utilisation du site est habituellement libre tant pour des auteurs que pour des lecteurs. Si vous considÈrez qu'un abonnement Þ un journal comme "le Journal Astrophysique" coØte environ deux mille dollars par an (selon le pays de rÈsidence de l'abonnÈ), il n'est pas dur de voir l'attrait d'un site comme d'e-prints. Souvent des notes ajoutÈes aux articles indiquent les journaux vers lesquels les dÈcouvertes ont ÈtÈ envoyÈes pour considÈration. Ce systÕme a renforcÈ la science une centaine de fois. SØrement, l'avenir de la publication scientifique en sera trÕs influencÈ.
       L'article que j'ai trouvÈ intÈressant a ÈtÈ Ècrit par le savant sud-africain George F. R. Ellis de l'UniversitÈ du Cap. Il a ÈtÈ publiÈ sous le titre "des Questions dans la Philosophie de la Cosmologie". þ ma grande surprise, il contenait non seulement tout ce que j'ai voulu dire sur le sujet, mais beaucoup d'autres choses que je n'avais mÉme pas envisagÈes.
       Qu'est-ce qui rend cet article si merveilleux ? C'est la vue d'ensemble la plus complÕte de la cosmologie contemporaine - ses accomplissements et ses dÈfauts, son potentiel et ses limitations - existant aujourd'hui. La question philosophique est posÈe sous forme de propositions suivies par une discussion dÈtaillÈe de tous les tenants et les aboutissants. L'article dÈpeint l'Ètat actuel de la cosmologie et, plus important encore, l'auteur tire des conclusions qui sont complÕtement conformes aux conclusions que j'ai faites aprÕs la visite de deux confÈrences et l'Ètude des matiÕres d'une troisiÕme.
       Mon avis sur la cosmologie est devenu moins nÈgatif aprÕs la lecture de ce manuscrit. J'ai dÈcouvert que la science de la cosmologie Ètait, en fait, acceptable. Si certaines normes sont observÈes dans sa poursuite, la cosmologie peut rester une science complÕtement respectable. Mon plan d'Ècrire un livre ayant droit "la Fin de la Cosmologie" a ÈtÈ circonvenu. Ce que j'ai vraiment voulu dire devrait probablement Étre appelÈ "la Fin de la Cosmologie Politique", ce qui me dÈrange c'est la spÈculation et quand des concepts cosmologiques sont invoquÈs Þ des fins politiques ou religieuses.
       Dans l'article d'Ellis nous sommes de nouveau confrontÈs avec l'image d'une fourmi essayant de construire un modÕle de la planÕte Terre. La fourmi voit son environnement placÈe sur une colline au milieu du dÈsert du Sahara. Selon la thÈorie de cette fourmi, la Terre est un dÈsert. Les forÉts, des montagnes et des mers inaccessibles Þ la fourmi sont impossibles Þ fusionner dans son systÕme.
       Il y a des limitations dÈfinies Þ notre Ètude et la cosmologie devrait les reconnaÍtre. MÉme si nos mÈthodes d'observation Ètaient plus sophistiquÈes qu'elles ne le sont aujourd'hui et mÉme si nous avions estimÈ que nous avons la connaissance absolue, nous ne serions pas toujours capables de nous convaincre complÕtement de l'exactitude de cette connaissance. Nous ne serions pas capables de prouver que cette connaissance Ètait vraiment absolue. Nous ne pourrions pas prouver qu'il n'y a aucune autre connaissance supplÈmentaire qui influence ce que nous connaissons.
       Les conclusions que fait George F. R. Ellis sont les suivantes. "La Cosmologie considÕre que les questions d'origines dans l'univers existant sont uniquement physiques. Ces questions peuvent Étre Ètendues pour inclure des interrogations suprÉmes si nous le voulons, mais la thÈorie physique ne peut pas les rÈsoudre. þ la fin, il y a une variÈtÈ de mystÕres Ètant Þ la base de l'existence et de la nature de l'univers. L'Ètude scientifique de la cosmologie peut aider Þ illuminer sa nature, mais ne peut pas la rÈsoudre."
       "Aussi bien que soit la cÈlÈbration des accomplissements de la cosmologie, il faudrait prendre en compte les limites et les problÕmes mis en Èvidence dans ce chapitre, et non une revendication pour une cosmologie scientifique au-delÞ de ce qu'elle peut en rÈalitÈ rÈaliser, ou plus certainement ce qu'elle amÕne en fait. De telles revendications saperont Þ long terme le bilan lÈgitime de la cosmologie comme avec les solides projets scientifiques accomplis en son nom. Dans le cas opposÈ la cosmologie perd sa lÈgitimitÈ scientifique."
       Je me permets de reproduire et discuter les affirmations principales du travail d'Ellis dans les paragraphes suivants.
       L'univers ne peut pas Étre l'objet d'expÈriences physiques. Nous ne pouvons pas "reprendre" l'univers avec des conditions initiales diffÈrentes pour observer comment il se serait dÈveloppÈ. Il est impossible d'Ètablir des comparaisons avec d'autres univers basÈs sur les observations de notre propre univers. De plus, nous ne pouvons pas comparer notre univers avec des univers semblables. Nous ne sommes pas capables d'Èvaluer nos hypothÕses du maquillage de notre univers en exÈcutant une analyse statistique des caractÈristiques de classes connues d'univers existants. D'ailleurs, actuellement, il ne semble pas Étre possible de prouver l'existence d'autres univers.
       L'idÈe qu'il existe un jeu universel de lois physiques qui se tiennent seulement en ce qui concerne un objet (notre univers) est hasardeuse. Nous ne pouvons pas dÈterminer scientifiquement un jeu de lois universelles qui touchent Þ une classe entiÕre d'objets pareils puisque nous ne sommes pas capables d'Èvaluer n'importe laquelle de ces lois sur plus d'un objet. Nous pouvons seulement Èvaluer des lois sur notre univers observable.
       Les observations astronomiques sont liÈes au passÈ de la rÈgion de l'univers dans laquelle les observations sont conduites, mÉme si le plus loin se portent nos regards via le tÈlescope, plus faiblement visible est un objet et plus long prend la lumiÕre que nous Ètudions pour nous atteindre. En consÈquence, nous ne pouvons pas observer plus que, disons, l'aspect nuageux prÈsent de la galaxie d'AndromÕde. Ce que nous voyons est une image d'il y a deux millions d'annÈes, parce que c'est le temps qu'a mis la lumiÕre Þ venir sur Terre. Nous pouvons observer efficacement l'univers Þ une Èchelle cosmologique seulement en ce qui concerne un ÈvÈnement arrivant Þ un point donnÈ dans l'espace et le temps. MÉme si nous Ètions capables de continuer nos observations sur la durÈe de dizaines ou de centaines de milliers d'annÈes, ce serait un intervalle de temps trop court pour observer les changements qui Èclaireraient les rÈgularitÈs de l'Èvolution de l'univers.
       Le type d'observation prÈtendu gÈologique nous permet d'Ètudier le passÈ ÈloignÈ d'un objet situÈ prÕs de nous. Au contraire, le type d'observation astrophysique rapporte des informations sur le passÈ profond d'objets trÕs ÈloignÈs.
       La base d'observations cosmologiques repose sur le principe que les informations reÃues en observant l'espace le long d'un cÒne d'espace-temps dÈfini sont suffisantes pour tirer des conclusions gÈnÈrales et crÈer des modÕles cosmologiques. Ce principe dÈclare aussi qu'il est possible de dÈterminer la gÈomÈtrie de l'espace-temps de l'univers. ThÈoriquement, il est possible de le faire sur la base de ces observations, mais seulement s'il est assumÈ que les informations que nous recevons ne sont pas dÈformÈes. En pratique, cependant, l'action d'Èviter des interfÈrences est une tÁche difficile ou mÉme impossible, puisqu'il n'est pas facile de dÈterminer la distance des objets sous surveillance avec un degrÈ de prÈcision suffisant. De plus, il est difficile de dÈterminer avec certitude la nature de ces objets. Et, finalement, Èviter les interfÈrences est difficile parce que nous connaissons les vitesses relatives des objets observÈs avec un degrÈ de prÈcision limitÈ. Plus nous dirigeons nos observations dans le passÈ de l'univers, plus importante est l'incertitude.
       Comment les observations astronomiques devraient-elles Étre faites ? Quand elles sont conduites Þ l'extÈrieur de la structure d'une thÈorie cosmologique - par exemple, en dressant la carte des galaxies - elles peuvent rapporter des rÈsultats inattendus : la dÈcouverte de structures gigantesques de l'ordre super-galactique, des murs de galaxies et "des puits" d'espace qui sont pratiquement exempts de galaxies. NÈanmoins, cette approche n'est pas souvent reprise par l'astrophysique contemporaine et la cosmologie. C'est non seulement Þ cause des difficultÈs d'observation mentionnÈes ci-dessus, mais aussi Þ cause de la faible possibilitÈ que les rÈsultats augmenteront notre comprÈhension de l'univers. Par exemple, les rÈsultats des cartographies galactiques rÈvÕlent la gÈomÈtrie et la distribution de la matiÕre dans l'univers visible, mais ils ne nous informent pas sur la nature de ce que nous observons.
       L'interprÈtation des observations cosmologiques dÈtermine comment elles sont comprises dans un contexte d'astrophysique. L'analyse cosmologique dÈpend de la structure thÈorique dans laquelle le chercheur travaille. Il y a parfois une piÕce dÈdiÈe au chercheur pour aider une thÈorie bancale quand les donnÈes observÈes ne concordent pas avec ce qui est prÈvu. AprÕs chaque sÈrie de nouvelles observations, il est permis de changer lÈgÕrement la thÈorie, refaisant ainsi des vÈrifications de plus en plus difficiles quand de nouveaux rÈsultats sont obtenus dans une sÈrie d'observations supplÈmentaire. Dans la cosmologie il est usuel de regarder derriÕre le livre pour obtenir des rÈponses correctes. Bien sØr, les observations qui contredisent complÕtement une thÈorie sont mises Þ l'Ècart - bien que parfois, pas pour longtemps. Souvent de vieilles thÈories sont rendues Þ la vie et Þ la circulation.
       Dans la thÈorie cosmologique standard, il est essentiel de se borner Þ des essais raisonnables. L'univers ne devrait pas Étre plus jeune que les Ètoiles les plus vieilles qu'il contient, par exemple. Il est d'ailleurs souvent utile de prÈciser comment nous pensons que nous pouvons dÈterminer l'Áge d'une Ètoile.
       MalgrÈ le fait que les astrophysiciens ont rÈalisÈ des rÈsultats remarquables sur la comprÈhension de l'Èvolution des Ètoiles, des inexactitudes dÈterminant l'Áge des Ètoiles constituent un problÕme significatif de la cosmologie moderne. La nÈcessitÈ d'Étre en phase avec les observations fondamentales est une condition prÈalable pour la cosmologie de ne pas Étre considÈrÈ comme une science empirique.
       Les limites des observations astronomiques sont considÈrÈes comme admis sur la base d'une affirmation thÈorique de la cosmologie standard qui dit qu'il y a des objets dans les portÈes ÈloignÈes de l'univers reculant de nous Þ des vitesses plus grandes que la vitesse de la lumiÕre. Cela ne contredit pas l'affirmation d'Einstein qui dit qu'une vitesse plus grande que celle de la lumiÕre est impossible, car nous ne parlons pas du mouvement d'objets matÈriels, mais plutÒt une expansion de l'univers lui-mÉme. La lumiÕre de ces objets ÈloignÈs n'atteindra donc jamais d'observateurs sur la Terre. Ainsi, nous ne sommes pas capables de voir assez loin dans le passÈ pour expliquer la nature de l'Èvolution initiale de l'univers. Si nous ne vivons pas dans "un petit univers" nous pouvons supposer que la plus grande partie de la matiÕre est localisÈe au-delÞ de l'horizon des observations possibles. En consÈquence, la gÈomÈtrie Þ grande Èchelle de l'univers ne peut pas Étre ÈvaluÈe.
       La cosmologie standard affirme que nous avons fait des progrÕs significatifs dans la perfection de nos observations. Puisque nous pouvons observer la plus grande part de l'univers, nous sommes capables de tirer des conclusions bien avisÈes de sa structure, sa nature et son Èvolution. Malheureusement, ce n'est pas aussi simple. Dans toute son existence, la cosmologie a eu la folie des grandeurs (pour ne pas dire plus). Cependant, de nouvelles observations repoussent continuellement les frontiÕres physiques de l'univers de plus en plus loin. Des observations astrophysiques apportent constamment des surprises comme la dÈcouverte des objets qui menacent l'intÈgritÈ des thÈories cosmologiques standards. L'existence de gigantesques galaxies bien formÈes dans les rÈgions les plus ÈloignÈes de l'univers observable est une rÈelle dÈcouverte. Il n'y aurait pourtant pas eu assez de temps pour que ces structures puissent se former dans la thÈorie mentionnÈe ci-dessus.
       Il y a une limite quant aux possibilitÈs d'observations physiques. Pour Èvaluer les conditions de l'Èvolution initiale de l'univers, on exige une Ènergie plus grande que les accÈlÈrateurs de particules sont capables de produire. Il est nÈcessaire pour nous d'extrapoler la physique connue et d'appliquer ses conclusions aux conditions extrÉmes de haute Ènergie, supposant que de cette faÃon nous puissions dÈterminer ce qui arrive vraiment dans le royaume mal compris de la physique Þ haute Ènergie. L'espoir que ces suppositions soient correctes n'est hÈlas pas bien grand.
       Le manque de clartÈ sur l'expansion de l'univers indique que la thÈorie actuelle n'est pas complÕte. La promesse de la thÈorie de l'expansion d'Ètablir un rapport entre la cosmologie et des restes de la physique des particules n'est pas rÈalisÈe.
       La thÈorie que l'univers a commencÈe Þ un point unique de densitÈ infinie appelÈe "la singularitÈ initiale" apparaÍt en mÉme temps plausible et invraisemblable. L'univers pourrait avoir commencÈ Þ un temps spÈcifique dans le passÈ, mais des scÈnarios alternatifs divers existent - un univers Èternel, un univers dans lequel le temps comme nous le comprenons aurait surgi d'une certaine faÃon, est une perception anthropique du temps. Nous ne savons pas ce qui est arrivÈ en rÈalitÈ, mais des idÈes de la gravitation quantique nous permettent d'Èviter une singularitÈ dans laquelle toutes les lois connues de la physique n'existent pas.
       La physique expÈrimentale ne peut pas expliquer l'Ètat initial de l'univers. Par consÈquent, il est impossible d'expliquer sa nature. Nous avons au choix une gamme possible de "dÈbuts de scÈnarios" ; cependant, la question fondamentale est la base qui nous permet de soutenir notre choix. Pourquoi l'univers a-t-il pris sa forme prÈsente et pas une autre selon les lois de la physique ? On ne peut pas expliquer les raisons de choisir entre des possibilitÈs scientifiques diverses. C'est une question de philosophie et de mÈtaphysique.
       La nature de l'univers peut dÈpendre des lois physiques, mais des difficultÈs significatives existent dans la tentative d'Ètablir des diffÈrences entre les lois gÈnÈrales de la physique et des conditions individuelles de frontiÕre dans leur contexte cosmologique observÈes Þ certains espace-temps. Les lois physiques rÈelles peuvent dÈpendre des conditions des frontiÕres. Elles peuvent mÉme varier dans les rÈgions d'espace-temps diffÈrentes du cosmos. Il est possible que cela contredise des principes cosmologiques de base.
       Nous ne pouvons pas accepter les lois connues de la physique aux besoins communiquÈs. Les cosmologistes sont intÈressÈs par les Ètudes de l'univers hypothÈtiques, oÛ les lois de la physique peuvent diffÈrer de celles de notre univers. L'approche de l'Ètude de l'univers aide de cette faÃon les cosmologistes Þ comprendre pourquoi les lois physiques sont ce qu'elles sont dans l'univers rÈel.
       Les critÕres d'une thÈorie satisfaisante ne peuvent pas Étre choisis scientifiquement. Les critÕres de satisfaction, cependant, sont essentiels pour la sÈlection d'une bonne thÈorie cosmologique. Ces critÕres devraient Étre basÈs sur des considÈrations philosophiques. Le critÕre principal de satisfaction d'une thÈorie est sa capacitÈ d'expliquer les phÈnomÕnes particuliers de l'image cosmologique gÈnÈrale dans son ensemble. Une thÈorie couronnÈe de succÕs devrait Étre soutenue par des donnÈes expÈrimentales et des observations astronomiques.
       Les scientifiques sont motivÈs pour crÈer des thÈories compatibles avec la thÈorie de l'inflation Þ cause de la capacitÈ de cette thÈorie d'expliquer la structure observÈe de l'univers et de sa croissance. La thÈorie de l'inflation sur laquelle s'appuie le pouvoir explicatif la rend attirante aux yeux des physiciens malgrÈ le fait que cette physique n'est pas complÕtement comprise et mÉme si les prÈdictions centrales de cette thÈorie ne sont pas vÈrifiables sur une grande Èchelle.
       Une thÈorie cosmologique peut adresser un jeu large ou Ètroit de questions. La thÈorie cosmologique standard essaye de rÈpondre aux questions qui ont une base philosophique. Cela la rend attirante tant parmi des universitaires que parmi des non-universitaires.
       La rÈalitÈ, cependant, n'est pas entiÕrement reflÈtÈe ni dans les observations, ni dans les modÕles thÈoriques. Le problÕme est que les observations et les modÕles thÈoriques atteignent souvent le statut de rÈalitÈ. Les thÈories et les observations sont nos outils essentiels du commerce ; ils nous aident Þ Ètudier le monde environnant. Cependant, en ce qui concerne la rÈalitÈ, ils peuvent nous induire en erreur. Les thÈories ne devraient pas Étre ÈlevÈes au statut de la rÈalitÈ !
       Une nouvelle idÈe peut surgir sur l'univers s'Ètendant suite Þ son Èvolution. Les conditions des frontiÕres permettent Þ l'Èmergence de nouvelles questions sur les systÕmes locaux. La vie peut Étre examinÈe comme l'une des manifestations d'une nouveautÈ physique dans l'Èvolution de l'univers. La vie, sous la forme que nous connaissons, est possible parce que les lois physiques et les conditions des frontiÕres de notre univers ont une nature trÕs spÈcifique. Seules certaines lois et certaines conditions initiales dans l'univers permettent l'existence de vie intelligente. De nouveau, nous notons que nous parlons de la vie intelligente en sa forme connue. Le processus Èvolutionnaire sous forme semblable de vie serait impossible si les lois et les conditions n'Ètaient pas sous leur forme existante.
       Le Principe Anthropique Faible est basÈ sur l'affirmation qu'il n'est pas surprenant que l'univers observable permet l'existence de la vie. Si la vie n'avait pas existÈ, en principe, personne n'aurait ÈtÈ lÞ pour observer l'univers.
       "Le Principe Anthropique Fort" affirme que la vie intelligente existe nÈcessairement dans l'univers parce que la prÈsence de la vie est nÈcessaire pour l'univers dans toute sa magnificence.
       Pour progresser dans notre comprÈhension des principes anthropiques, nous devons dÈcouvrir la cause fondamentale du phÈnomÕne de la vie. Quand nous examinons la chaÍne des causes physiques et les effets qui nous ont apportÈ au prÈsent, nous sommes restons avec une question sans rÈponse : Pourquoi cette chaÍne est constituÈe de cette faÃon et pas d'une autre voie ? Que mÕne au phÈnomÕne de vie ? IndÈpendamment de la rÈponse que nous proposons, nous devons admettre qu'il n'y aura pas de base physique. Dans la recherche des rÈponses Þ de telles questions, nous explorons un domaine mÈtaphysique. Il est aussi possible de simplement ignorer ces questions comme le fait la majoritÈ des universitaires sÈrieux. Continuant le long de ce chemin nous pouvons identifier six approches fondamentales pour expliquer pourquoi notre univers est tel qu'il est, pourquoi il a soutenu l'apparition de la vie et continue Þ soutenir les besoins de la vie. Ces approches sont les suivants : 1) la simple chance, 2) la nÈcessitÈ, 3) la haute probabilitÈ, 4) l'universalitÈ, 5) la sÈlection naturelle cosmologique et, 6) la conception dÈlibÈrÈe.
       La premiÕre approche est basÈe sur une chance alÈatoire. Elle ne clarifie rien. Elle affirme que les conditions initiales de l'univers sont entrÈes en existence au petit bonheur. Cette probabilitÈ ne peut pas Étre calculÈe. Cette approche est logique et possible, cependant elle n'est pas satisfaisant puisqu'elle ne gÈnÕre pas de pouvoir explicatif et ne mÕne pas Þ l'unification des idÈes du dÈveloppement de l'univers et de la vie intelligente. Ce fait, cependant, ne signifie pas nÈcessairement que cette approche est incorrecte.
       La deuxiÕme approche est basÈe sur le principe de la nÈcessitÈ. Les ÈlÈments se doivent Étre tels qu'ils nous apparaissent. Les autres variations possibles ne permettent pas l'existence. Selon cette approche, l'ensemble des lois existantes de la physique est autosuffisant et tous les univers logiquement possibles sont subalternes aux mÉmes principes de la physique. S'il Ètait possible de prouver la justesse d'une telle approche, la science de la cosmologie obtiendrait une base autosuffisante et complÕte. NÈanmoins, nous ne pouvons pas imaginer des univers alternatifs ! Pourquoi devraient-ils Étre exclus de cette considÈration ? Un autre problÕme que nous rencontrons avec cette approche est une connaissance insuffisante de la physique. Ni la physique quantique, ni des concepts mathÈmatiques fondamentaux ne reposent sur une base complÕtement stable. Jusqu'Þ ce que ces problÕmes ne soient rÈsolus, cela n'a aucun sens d'insister sur une approche qui prÈsuppose la nÈcessitÈ de l'existence d'un organisme unique des lois physiques qui Þ ce jour n'est pas complÕtement compris.
       La troisiÕme approche est basÈe sur la haute probabilitÈ. MalgrÈ le fait que la formation des structures dans l'univers semble improbable Þ notre intuition, du point de vue physique ils vont plutÒt probablement arriver. Un argument semblable est partiellement couronnÈ de succÕs, car il est impossible de calculer scientifiquement cette probabilitÈ.
       La quatriÕme approche est basÈe sur l'universalitÈ. Ce qui est possible arrivera. Tous les univers possibles existent et le nÒtre est un d'entre eux. Cette approche satisfait la forme tant forte que faible du principe anthropique.
       La cinquiÕme approche prÈsuppose l'existence d'une sÈlection naturelle cosmologique. Notre univers est le plus persistant et capable de soutenir la vie.
       Et finalement la sixiÕme approche dÈclare que la conception de l'univers a ÈtÈ prÈdÈterminÈe. L'Èquilibre dÈlicat des lois physiques permettant la formation d'atomes et des ÈlÈments lourds, suggÕre une certaines montÈe en puissance projetÈe pour crÈer l'univers. Cette approche satisfait des thÈologiens. þ la diffÈrence des autres approches, celle-ci ajoute un ÈlÈment de signification et la signification spÈciale de la crÈation. HÈlas, il apparaÍt que la science est incapable de prouver cette approche. Et les savants de raison Èvitent de l'examiner. Cela ne la rend pas moins probable ou moins logique que les autres approches. Du point de vue physique, qu'Ètudient des lois physiques, cela ne fait pas de diffÈrence, car cela ne change pas les mÈthodes de recherche, les techniques analytiques ou les rÈsultats. De plus, en chargeant la responsabilitÈ Þ un certain crÈateur, cela Èvite simplement la tÁche d'expliquer la crÈation, car on peut demander qui a crÈÈ le crÈateur - et ainsi de suite, Þ l'infini. Si nous adoptons une version de crÈation qui implique l'autocrÈation du crÈateur, nous trouvons de nouveau nÈcessaire de choisir une des cinq approches restantes pour expliquer comment "l'autocrÈation" est arrivÈe.
       Peu importe comment vous les regardez, les dimensions physiques de l'univers observable sont immenses. Les images que nous recevons d'objets ÈloignÈs sont extrÉmement troublÈes, cependant elles sont pratiquement la seule source d'informations que nous avons. Il est stupÈfiant que malgrÈ cela nous sommes capables de comprendre l'univers aussi bien que nous faisons. Jusqu'Þ ce que la cosmologie ne dÈtermine ses questions les plus fondamentales comme la nature "de la matiÕre sombre", qui comprend la majoritÈ de la matiÕre dans l'univers et la nature "de l'Ènergie sombre", qui compose la majoritÈ de l'Ènergie dans l'univers visible, les thÈories cosmologiques contemporaines continueront d'engendrer le scepticisme.
       Nous ne savons pas si une loi fondamentale de la cosmologie existe en rÈalitÈ, mais nous pouvons revendiquer avec certitude que, selon la formulation de McCrea, il existe "un principe d'incertitude dans la cosmologie". Ainsi, le cosmos encadre deux principes d'incertitude : un Þ petite Èchelle de mÈcanique quantique et un autre sur Þ grande Èchelle de la cosmologie. La recherche scientifique peut nous dire beaucoup sur l'univers, mais il nous dit peu sur sa nature et ses caractÈristiques gÈomÈtriques et physiques fondamentales. Il est possible qu'un peu de cette incertitude puisse Étre rÈsolu, mais la majoritÈ restera non rÈsolue. La science de la cosmologie devrait reconnaÍtre cette incertitude, qui est une partie fondamentale de l'Ètude de notre univers.
       NASA Chief Backs Agency Openness. New York Times. Feb 4, 2006.
       Carroll J. Nixon's madman stragegy. Boston, 2005.
       La thÈorie des cordes est un modÕle de la physique fondamentale, dont les pierres angulaires sont unidimensionnels et Ètendues, objets appelÈs les cordes, plutÒt que le point zÈro-dimensionnel des particules qui forment la base du modÕle standard de la physique des particules.
       Cela peut sembler Ètrange pour un amateur, mais les astronomes trouvent habituellement difficile de convenir mÉme d'un nombre approximatif d'Ètoiles dans notre Galaxie. Les sources inscrites ci-dessous donnent des estimations d'environ de 100 milliards d'Ètoiles. Selon : Vidali, Gianfranco, Marco Falcioni et Eric Gregory, le Module de Classe de travaux dirigÈs d'Astronomie, Syracuse UniversitÈ. "Notre Voie lactÈe propre, une galaxie typique en spirale gÈante, inclut au moins 100 milliards d'Ètoiles dans son diamÕtre." Selon l'EncyclopÈdie Britannica. Astronomie. 2000. "Il y a environ 100 milliards d'Ètoiles dans la Galaxie de la Voie lactÈe". Selon : Boorstein, Daniel J. DÈcouverte du Monde. New York : Maison AlÈatoire, 1983 : 320. "... la Galaxie n'est rien d'autre, mais une masse d'Ètoiles innombrables plantÈes ensemble dans des groupes." Selon : Butterworth, Paul. Les Ètoiles dans Notre Galaxie. Demandez Þ un Astronome de Haute Ènergie. 1998. "Nous pouvons seulement voir quelques mille Ètoiles au maximum de nos yeux sans aide. Ceux-ci sont un mÈlange d'Ètoiles qui sont des Ètoiles voisines et brillantes encore plus loin ; mais ils sont seulement une fraction minuscule des 100 000 000 000 Ètoiles dans notre galaxie propre."
       Un trou noir super-massif a une masse de l'ordre d'ampleur de centaines-de-milliers et des dizaines-de-milliards de masses solaires. Il est actuellement pensÈ que la plupart, si non toutes les galaxies, y compris la Voie LactÈe, contiennent des trous noirs super-massifs en leurs centres.
       Le Sagittaire est une source brillante et trÕs compacte d'Èmission de radio au centre de la Galaxie de la Voie LactÈe, partie d'une plus grande caractÈristique astronomique Þ cet emplacement (le Sagittaire A). Le 16 octobre 2002, une Èquipe internationale menÈe par Rainer Sch Æ Del de l'Institut de Max Planck pour la physique extraterrestre a annoncÈ l'observation du mouvement de l'Ètoile S2 prÕs du Sagittaire A* pour une durÈe de dix ans et a obtenu la preuve que le Sagittaire A* est un objet compact fortement massif. D'un examen de l'orbite KÈplÈrien de S2, ils ont dÈterminÈ que la masse du Sagittaire A* pouvait Étre de 2.6 ? 0.2 millions de masses solaires, limitÈes dans un volume avec un rayon pas plus grand que 17 heures lumiÕre (120 AU). Des observations postÈrieures ont dÈterminÈ la masse de l'objet pouvait avoisiner environ 3.7 millions de masses solaires dans un volume avec le rayon pas plus grand que 6.25 heures lumiÕre (45 AU), ou environ 4.2 milliards de milles. Pour comparaison, l'orbite de Pluton autour de notre Soleil Þ une distance de 5.51 heures lumiÕre ou 3.7 milliards de milles. C'est compatible avec les idÈes Èmises - et une preuve forte dans l'appui de l'hypothÕse que le Sagittaire A* est associÈ Þ un trou noir super-massif.
       "La Galaxie de la Voie LactÈe." La Nouvelle EncyclopÈdie Britannica.15th rÈdacteur. Chicago : EncyclopÈdie Britannica, 1998 : 131. "Le Soleil, qui est localisÈ relativement loin du noyau, bouge Þ une vitesse ÈvaluÈe Þ environ 225 km par seconde (140 milles par seconde) dans une orbite presque circulaire."
       Un quasar (la source de radio quasi-stellaire) est une source de radio qui semble montrer des caractÈristiques semblables aux Ètoiles observÈes de la Terre. Les quasars sont une classe d'objets extragalactiques, distinguÈs par une haute luminositÈ et un trÕs petit diamÕtre angulaire. MÉme quelques annÈes aprÕs leur dÈcouverte, il n'Ètait pas possible de les diffÈrencier des sources des Ètoiles. Quand on a dÈcouvert des quasars en 1960 on croyait qu'ils Ètaient des sources radio correspondant dans le spectre visible aux objets en forme d'Ètoile faibles. En 1963 Maarten Schmidt (ètats-Unis) a prouvÈ que les lignes spectrales de quasars Ètaient des dÈrives infrarouges. Ayant fait la supposition que les dÈrives infrarouges Ètaient causÈes par l'Effet Doppler suite Þ la rÈcession des quasars, leur distance a ÈtÈ calculÈ en utilisant la loi Hubble. On a dÈcouvert plus de 5 000 quasars. Le quasar le plus brillant et le plus proche (3C 273) a une ampleur apparente d'environ 13 et une valeur z de 0.158, qui indique que sa distance est plus de 2 milliards d'annÈes lumiÕre de la Terre. En raison de leur luminositÈ immense, qui excÕde celui de galaxies ordinaires en centuple, les quasars les plus ÈloignÈs sont visibles Þ une distance de plus de 10 milliards d'annÈes lumiÕre. La variabilitÈ irrÈguliÕre de la luminositÈ des quasars montre qu'ils Èmettent les radiations d'un secteur d'espace comparable Þ la taille au systÕme solaire. Les derniÕres observations montrent que la plupart des quasars sont localisÈs prÕs des centres de galaxies elliptiques Ènormes. C'est vrai mÉme de quasars pour lesquels des galaxies jumelles n'ont pas ÈtÈ trouvÈes. On pense que les quasars sont des trous noirs super-massifs dans lesquels tombent la matiÕre et les radiations.
       La loi Hubble Ètablit la relation entre la distance de la galaxie D et sa vitesse radiale R, avec l'aide de l'Effet Doppler : D = Vr / H, oÛ H est une constante Hubble. On connaÍt seulement approximativement la proportionnalitÈ de la constante Hubble. On pense qu'elle est comprise entre 60-80 km/s/Mpc. On a dÈcouvert empiriquement la loi Hubble par l'astronome amÈricain Edwin Hubble en 1929. Elle manifeste la maniÕre dont l'univers s'Ètend actuellement. La loi Þ permet de calculer la distance des galaxies ou leurs systÕmes en mesurant la valeur du dÈcalage infrarouge, ou la vitesse radiale.
       L'effet de Compton est l'augmentation de la longueur d'ondes comme les radios agissent rÈciproquement avec la matiÕre. La longueur d'ondes d'un photon dispersÈ augmente toujours, ce qui explique partiellement la dÈrive infrarouge dans les spectres des galaxies ÈloignÈes.
       La gravitation est une des quatre interactions fondamentales dans la nature ; les trois autres Ètant la force ÈlectromagnÈtique, la force nuclÈaire faible et la force nuclÈaire forte. La gravitation est le maillon le plus faible de ces interactions, mais elle agit sur de grandes distances et elle est toujours attractive. La Loi de Newton sur la gravitation Ènonce que chaque particule dans l'univers attire chaque autre particule avec une force qui est directement proportionnelle au produit de leurs masses et inversement proportionnelle au carrÈ de la distance qui les sÈpare.
       En physique, 'Modified Newtonian Dynamics' (MOND) est une thÈorie qui explique le problÕme de la rotation de la galaxie sans prÈsumer de l'existence de la matiÕre noire. MOND a ÈtÈ proposÈ par Mordehai Milgrom en 1981 pour observer le modÕle uniforme de la vitesse des donnÈes sans hypothÕse de la matiÕre noire. Le plus grand succÕs de la version MOND relativiste, qui a ÈtÈ proposÈe en 2004, est connu sous le nom de "TeVeS" pour Tensor-Vector-scalaire. Bekenstein, Jacob D.: Modified Gravity vs Dark Matter: Relativistc theory for MOND, JHEP Conference Proceedings, 2005
       Lambda MDP reprÈsente le modÕle actuel du Big Bang et qui vise Þ expliquer les observations des micro-ondes cosmiques, ainsi que la structure Þ grande Èchelle des supernovas et de l'accÈlÈration de l'expansion de l'univers.
       La constante cosmologique est un paramÕtre ajoutÈ par Einstein en fÈvrier 1917 Þ ses Èquations de la relativitÈ gÈnÈrale (1915), dans le but de rendre sa thÈorie compatible avec l'idÈe qu'il y avait alors d'un Univers statique. AprÕs la dÈcouverte en 1929 du dÈcalage vers le rouge par Edwin Hubble impliquant un Univers en expansion, Albert Einstein revient sur l'introduction de la constante cosmologique, la qualifiant de " plus grande bÉtise de sa vie. " NÈanmoins des dÈcouvertes rÈcentes durant les annÈes 1990, traitant des problÕmes tels que l'Ènergie du vide, la thÈorie quantique des champs ou l'accÈlÈration de l'expansion de l'Univers ont provoquÈ un regain d'intÈrÉt pour ce paramÕtre, qui est par ailleurs compatible avec l'ensemble de la thÈorie de la relativitÈ gÈnÈrale.
       En cosmologie, la quintessence est le nom donnÈ Þ une forme hypothÈtique d'Ènergie sombre, proposÈe comme explication aux observations de l'accÈlÈration de l'expansion de l'univers.
       La fusion thermonuclÈaire est le processus qui se dÈroule Þ l'intÈrieur des Ètoiles tout au long de leur vie puis quand elles explosent en supernova. La gravitÈ produit des nuages de gaz qui participent Þ l'effondrement des Ètoiles. Dans le noyau de l'Ètoile, la trÕs haute pression et la tempÈrature entament la rÈaction thermonuclÈaire. GrÁce Þ ce processus, plusieurs noyaux s'unissent pour former un noyau plus lourd. Ce dernier est responsable de la diversitÈ des ÈlÈments dans l'univers et il travaille Þ complÈter le tableau pÈriodique des ÈlÈments. La formidable Ènergie libÈrÈe par ce processus rend les Ètoiles brillantes et nous permet de profiter de la lumiÕre du soleil.
       Cela signifie que nous ne pouvons pas voir ce qui se passe dans la galaxie d'AndromÕde Þ l'instant prÈsent, nous pouvons observer l'espace-temps des ÈvÈnements attribuÈs Þ cette rÈgion de l'espace tels qu'ils apparaissent aux observateurs locaux il y environ deux millions d'annÈes.
       Selon la thÈorie d'Albert Einstein qui s'est jusqu'ici rÈvÈlÈe exacte, rien ne peut voyager plus rapidement que la vitesse de la lumiÕre.
       Le dÈcalage infrarouge se produit lorsque la lumiÕre visible Þ partir d'un objet est dÈplacÈe vers l'extrÈmitÈ rouge du spectre. (Le spectre est la gamme des couleurs observÈes lorsque la lumiÕre blanche est dispersÈe Þ travers un prisme. Le spectre est renvoyÈ Þ une parcelle de l'intensitÈ lumineuse en fonction de la frÈquence ou la longueur d'onde.) Plus gÈnÈralement, le dÈplacement rouge est dÈfini comme une augmentation de la longueur d'onde des radiations ÈlectromagnÈtique (dans ce cas la lumiÕre) reÃu par un dÈtecteur par rapport Þ la longueur d'onde Èmise par la source. Cette augmentation de la longueur d'onde correspond Þ une diminution de la frÈquence du rayonnement ÈlectromagnÈtique. þ l'inverse, une diminution de la longueur d'onde est appelÈ quart bleu. Donc, l'expansion de l'univers est principalement expliquÈe en science par l'effet Doppler, le changement apparent de frÈquence et de longueur d'onde d'une onde qui est perÃu par un observateur lorsque la source des vagues se dÈplace par rapport Þ lui.
       La nuclÈosynthÕse est le processus de crÈation de nouveaux noyaux atomiques prÈexistants de nuclÈons (protons et neutrons). La prÈexistence est primordiale quand des nuclÈons se sont formÈs Þ partir du plasma quark-gluon du Big Bang car il refroidit en-dessous de dix million de degrÈs. Ce premier processus peut Étre appelÈ nuclÈogenÕse, ou la genÕse des nuclÈons dans l'univers. Par la suite, les ÈlÈments de la nuclÈosynthÕse (y compris tous les carbone, tout l'oxygÕne, etc) se produit principalement dans les Ètoiles par fusion nuclÈaire. Avec l'utilisation du modÕle du Big Bang, il est possible de calculer la concentration de l'hÈlium-4, l'hÈlium-3, le deutÈrium et du lithium-7 dans l'univers comme des ratios de la quantitÈ de l'hydrogÕne ordinaire, H.
       L'abondance des mesures met tout le monde d'accord avec les prÈdictions. L'entente est cependant relativement pauvre pour le 7Li et le 4He, car les incertitudes sont systÈmatiquement moins bien comprises. Cela est considÈrÈ comme des preuves solides pour le Big Bang, et c'est actuellement la seule thÈorie disponible pour expliquer la relative abondance des ÈlÈments lÈgers.
       En cosmologie physique, le terme de la structure Þ grande Èchelle se rÈfÕre Þ la caractÈrisation des diffusions observables de la matiÕre et de lumiÕre sur la plus grande Èchelle (typiquement de l'ordre de milliards d'annÈes-lumiÕre). Sky enquÉte et cartographie les diffÈrentes bandes de longueur d'onde du rayonnement ÈlectromagnÈtique qui permet d'obtenir beaucoup d'informations sur le contenu et la nature de la structure de l'univers. L'organisation de la structure apparaÍt comme un modÕle hiÈrarchique de l'organisation Þ la hauteur des super-amas et des filaments. "Le Grand Mur" est une feuille de galaxies de plus de 500 million d'annÈes-lumiÕre de long et de 200 million de large, mais seulement 15 million d'annÈes-lumiÕre d'Èpaisseur. Cette structure semble exister depuis trÕs longtemps, car nous constatons une position dÈterminante des galaxies dans les trois dimensions, grÁce Þ un regroupement des informations sur l'emplacement des galaxies.
       Le rayonnement de fond cosmologique, aussi appelÈ rayonnement relique, est une forme de rayonnement ÈlectromagnÈtique dÈcouvert en 1965 et qui remplit l'univers tout entier. La plupart des cosmologistes qui ont examinÈ cette radiation disent que c'est la meilleure preuve du modÕle du Big Bang de l'univers.
       Isotrope - corps qui a les mÉmes propriÈtÈs physiques dans toutes les directions.
       En physique, la lumiÕre perd de l'Ènergie quand elle s'Èloigne d'un corps massif tel qu'une Ètoile ou un trou noir, cet effet se rÈvÕle Étre un rouge dans la frÈquence de la lumiÕre, et cet effet gravitationnel est observable comme un dÈplacement des raies spectrales vers le rouge, Þ l'extrÈmitÈ du spectre.
       Le ADM Formalisme dÈveloppÈ par Arnowitt, Deser et Misner est une formulation Hamiltonienne de la relativitÈ gÈnÈrale. Le formalisme suppose que l'espace-temps est couvert de feuillage dans une famille de surfaces spacelike. Utilisation de la formulation des ADM, il est possible de tenter de construire une thÈorie quantique de la gravitÈ, de la mÉme maniÕre que l'on construit l'Èquation de SchrÆdinger correspondant Þ une certaine forme Hamiltonienne en mÈcanique quantique.
       Ellis George F R. Publications dans la Philosophie de la Cosmologie // DÈpartement de MathÈmatiques et MathÈmatiques AppliquÈes. UniversitÈ de Cape Town, e-empreinte. 2006. Le 15 mai.
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       Isham C. J. Cours sur ThÈorie Quantique : Bases MathÈmatiques et Structurelles. Londres ; Singapour, 1997.
      
      
      
      
      
      
      
      
      

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